Marche

À ALGER, LA VENTE DU DRAPEAU NATIONAL A DÉCOLLÉ : Le 7e vendredi de marche s’annonce mobilisateur

On en parle partout à travers le pays d’un 7e vendredi, marche populaire citoyenne. Une journée qui porte en elle une histoire qui est en train de dessiner l’avenir du pays. Il s’agit, depuis les premières marches citoyennes du 22 février, un d’rendez-vous pour les Algériennes et Algériens de se rassembler, munis de drapeaux et autres bandeaux frappés des couleurs nationales.

Et l’Algérie dans le cœur se voit sur tous les visages ! C’est un 7e vendredi qui s’annonce donc exceptionnel et décisif pour les millions de citoyens algériens et l’avenir de leur pays de demain. Aujourd’hui, ils veulent le forger à leur façon, leurs idées, réflexions et le porter par des moyens adéquats pour la mise en place d’un État de droit.
Après six vendredis consécutifs pleins de  suspense, le 7e s’annonce plein d’espoir, notamment après la démission du président Bouteflika, intervenue mardi soir. On parle davantage de mobilisation dans la capitale Alger, à la lumière de la forte demande des écharpes, drapeaux de différentes dimensions, des casquettes flanquées des couleurs nationales, qui sont proposés aux passants par des marchands ambulants installés sur le parvis de la Grande-poste.
Hier, au niveau de la place Maurice Audin, les rues grouillent de monde, au lendemain de la démission du président Bouteflika. Le lieu même où avaient commencé le 22 février les manifestations contre la candidature du désormais ex-Président pour un 5e mandat présidentiel. Des centaines de personnes ont défilé dans une ambiance de joie, entre groupe d’amis, où en circulant en voitures pour une tournée à travers le centre-ville jusqu’à une heure tardive de la nuit. Il s’agissait de fêter l’événement du départ du chef de l’État du pouvoir après 20 ans de règne à la tête de l’État.

Les ventes font florès
Pour Sofiane, père de famille, guichetier dans une agence bancaire, accompagné de sa femme et de ses trois enfants, « il fallait encore en acheter des drapeaux et une écharpe, une casquette tricolore, pour chacun de nous » car, témoigne notre interlocuteur, ces articles ont été repérées par son épouse la « cheftaine », la prénomme-t-elle, qui « a dicté sa loi», poursuit-il sous l’œil bienveillant de sa femme!
À quel prix ? Alors la cheftaine a choisi le drapeau le plus large, mesurant deux mètres de longueur et plus de 1,5 mètre de largeur, à 1000 da ! Plus les trois des petits à 500 chacun, 3 écharpes et 3 bandanas à 250 da chacune, sans oublier les casquettes à 500 DA chacune.»  tout en poursuivant, Sofiane nous indique « je suis obligé d’acheter à n’importe quel prix, afin de satisfaire mes enfants et conserver la tradition de la marche qui s’annonce décisive.»
Et c’est à Amina, la femme de Sofiane, de prendre la parole, et indiquer que  « Nous sommes ici pour les enfants, c’est toujours amusant pour eux, notamment qu’on s’apprête à sortir encore une fois, vendredi.»
Durant ce temps, des passants marquent une pause devant l’étal pour demander les prix,  dont certains ont fini par en acheter, comme Sofiane, tandis que d’autres citoyens probablement aux modestes revenus sont vite refroidis par les prix proposés qu’ils ont jugés «trop élevés», s’est lamenté Tarek, avant de revenir bredouille chez lui.
Pour El hadja Fatima, octogénaire, accompagnée de ses trois petits-fils, les prix proposés ne posent pas problème, puisque « les couleurs de l’emblème national sont d’une valeur inestimable », dira-t-elle, avant que cette dame qui a vécu les différentes étapes qu’a connues le pays, à ce jour, nous précise que « la marche imposante du vendredi dernier, m’a rappelé les manifestations populaires au lendemain de l’indépendance.»
Pour Hakim, jeune chômeur, qui a lui aussi acheté un drapeau, « l’emblème national concentre l’amour de notre patrie. C’est les trois couleurs qui nous ont unis depuis l’historique journée du 22 février, le jour de la mort politique du Président sortant après 20 ans de règne. »
Poursuivant il nous dira que «J’étais ravi par l’annonce que le président Abdelaziz Bouteflika a démissionné. C’est une victoire historique de la mobilisation pacifique et ça nous donne encore de l’espoir  pour revenir à la charge demain avec la ferme intention de mettre fin aux dernières résistances du pouvoir. Nous sommes conscients que Rome ne s’est pas faite en un jour.»
Pour Hakim, qui s’apprête lui aussi à participer demain à la marche, la décision de Bouteflika de quitter le pouvoir est la seule bonne chose qu’il a faite depuis 20ans . Car, son obsession pour le pouvoir menaçit l’unité de la Nation. Que Dieu préserve notre pays.»
Cela avant de conclure que « Le peuple ne veut pas un changement partiel. Je pense que nous devrons rester mobilisés et surtout continuer la lutte pacifique jusqu’à la satisfaction de nos revendications soulevées depuis le 22 février dernier. Et je pense qu’il faut respecter la volonté du peuple d’aller vers des élections véritables et une vraie démocratie.»
Mohamed Amrouni