Il est rare qu’un même sujet soit inscrit à deux Conseils des ministres dans un intervalle très court. Le Conseil du 21 juin dernier, avait décidé « la création d’une Agence nationale d’archéologie sous la tutelle directe de la Présidence de la République… (l’Agence ) est dotée d’une autonomie vis-à-vis de toute hiérarchie administrative ». Une création qui sonne comme une réhabilitation. En effet, en janvier 1987 une « Agence nationale d’archéologie et de protection des sites et monuments historiques » avait été créée. Un décret exécutif datant de décembre 2005 a porté sur la « transformation de sa nature juridique et sur le changement de sa dénomination ». Plus clairement, l’Agence nationale d’archéologie a été transformée en « Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés ». Ce qui change du tout au tout. Pourquoi cette transformation ? Une chose est sûre ce décret de 2005 a mis l’archéologie « dans un placard » fermé à double tour. Mieux, le Conseil d’administration de cet « Office » était composé d’un représentant de tous les ministères du Gouvernement. Cette précision est utile pour une meilleure compréhension de la suite. Le 21 juin dernier, le Conseil des ministres, présidé par le Chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, décide la création de l’Agence nationale d’archéologie qui avait été enterrée en 2005. Voici l’exposé des motifs : « redynamiser la recherche et les activités d’exploration au profit des scientifiques et des chercheurs algériens en archéologie, en leur garantissant une plus grande liberté scientifique, afin de sortir définitivement de la phase de l’exploitation des vestiges déjà découverts et de poursuivre les fouilles en vue de découvrir d’autres vestiges relevant des différentes périodes de l’histoire de l’humanité en Algérie ». On ne peut être plus clair. Il s’agit de reprendre les fouilles et sortir du faire semblant d’exploiter des vestiges déjà découverts. En outre « le président de la République a ordonné que cette Agence soit dotée d’une police chargée de la protection et de la surveillance de tout ce qui relève de l’archéologie, sous toutes ses formes… ». Police spécifique qui n’existait pas. En annexe du décret était joint un cahier des charges où l’archéologie disparaissait pour laisser place à une structure purement administrative. Dès lors, le pourquoi du changement n’a plus besoin de dessin. Et si le président Tebboune est revenu sur le sujet lors du dernier Conseil du 6 septembre dernier c’est pour mieux insister sur « une révolution scientifique dans le domaine archéologique, les fouilles en particulier ». Et à promouvoir le patrimoine algérien et son impact sur la civilisation « s’étendant sur 3000 ans… depuis le Royaume de Numidie à ce jour ». Une vraie archéologie. De vraies fouilles. Pour une histoire vraie. Avec comme affirmations documentées des vestiges découverts par des fouilles algériennes pour contrer les propagandes des officines étrangères. Il s’agit d’une importante stratégie. D’où deux Conseils pour « une révolution scientifique » !
Zouhir Mebarki







































