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EURO-MED ACCUSE : L’entité sioniste cherche à effacer les traces de ses crimes à Ghaza

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L’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l’Homme (Euro-Med Monitor) a mis en garde contre une vaste opération menée par les forces de l’occupation visant à concasser, déplacer et évacuer les décombres des quartiers et infrastructures détruits dans la bande de Ghaza, sans inventaire officiel des quantités retirées ni supervision indépendante.
Selon l’organisation, ces opérations sont effectuées avant que les commissions d’enquête nationales et internationales ne puissent inspecter les sites, examiner les preuves et documenter les crimes, ce qui risque d’effacer des éléments matériels liés au génocide et de détruire les restes de victimes toujours portées disparues sous les gravats. Dans un communiqué, l’Observatoire précise que cette opération est menée avec la participation d’entreprises civiles israéliennes et ne s’inscrit pas dans un cadre humanitaire destiné au sauvetage des disparus, à l’ouverture des routes ou à la préparation de la reconstruction. Elle est réalisée unilatéralement par l’occupation dans des zones fermées placées sous contrôle militaire, avant toute intervention des équipes médico-légales, des experts en criminalistique et des spécialistes des munitions non explosées chargés de préserver les preuves et les restes humains. L’organisation rappelle que l’évaluation préliminaire conjointe des dommages et des besoins, publiée par la Banque mondiale, les Nations unies et l’Union européenne, estimait à près de 68 millions de tonnes le volume de décombres dans la bande de Ghaza, sur la base des destructions recensées jusqu’en octobre 2025. D’après ses propres données de terrain, au moins 10 millions de tonnes de gravats auraient déjà été retirées, broyées ou déplacées de leurs emplacements d’origine dans les zones sous contrôle militaire israélien. Euro-Med Monitor affirme également qu’environ 400 engins de terrassement, de démolition, de concassage et de transport opèrent dans plusieurs secteurs de l’est et du sud de la bande de Ghaza. Ces machines détruisent les bâtiments encore debout, réduisent en fragments les décombres des quartiers ravagés puis les chargent sur des camions pour les transporter hors de leurs sites d’origine.
L’organisation indique avoir observé, ces dernières semaines, le passage quotidien d’une centaine de camions israéliens. Selon l’Observatoire, l’enlèvement des décombres à ce rythme et selon cette méthode systématique contribue à faire disparaître les traces de « crimes atroces commis par Israël dans le cadre du génocide », notamment les exécutions sommaires et les homicides visant des civils sans défense. Il souligne que ces sites devraient faire l’objet d’inspections de terrain et d’enquêtes criminelles approfondies avant toute modification susceptible d’en altérer les caractéristiques. L’organisation attire également l’attention sur le risque pesant sur les restes de milliers de personnes disparues, qui seraient encore ensevelies sous les décombres. Selon les estimations de la Défense civile de Ghaza, quelque 8 500 personnes étaient toujours portées disparues sous les gravats en juillet 2026. Euro-Med Monitor estime que ces pratiques portent atteinte au droit des familles de connaître le sort de leurs proches, de récupérer leurs dépouilles et de leur offrir une sépulture digne, en violation des normes du droit international. Il rappelle en outre que ces opérations s’inscrivent dans une politique plus large ayant déjà inclus le nivellement de sites soupçonnés d’abriter des fosses communes.
Enfin, l’Observatoire avertit que cette politique d’effacement systématique des preuves intervient alors que la Cour pénale internationale poursuit une enquête ouverte sur les crimes commis en Palestine, tandis que d’autres procédures sont en cours ou susceptibles d’être engagées devant des juridictions nationales. Il souligne que la disparition des preuves matérielles avant l’achèvement des investigations compromet directement les perspectives de poursuites judiciaires et complique le travail des enquêteurs internationaux.
L’organisation conclut que la transformation de villes et de quartiers palestiniens vidés de leurs habitants en espaces ouverts placés sous contrôle israélien constitue une étape concrète dans un processus de déplacement forcé et de nettoyage ethnique, qu’elle considère indissociable du projet colonial de colonisation. Elle affirme enfin qu’un cessez-le-feu ou un éventuel accord politique ne saurait effacer les crimes commis ni justifier la disparition de leurs preuves.
M. Seghilani

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