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Mondial-2027 : Les Lions de l’Atlas ont oublié de sortir les griffes

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Annoncé comme un prétendant crédible après son épopée de 2022, le Maroc a surtout rappelé, face à la France, qu’une réputation ne gagne pas un match. Pendant quatre-vingt-dix minutes, les Lions de l’Atlas ont donné l’impression d’être venus assister au quart de finale plutôt que le disputer.
Le rendez-vous promettait une revanche de la demi-finale du Mondial 2022. Il s’est transformé en une longue séance d’entraînement pour l’équipe de France. Les Bleus se sont imposés 2-0 sans jamais avoir à puiser dans leurs réserves, tant leur adversaire a semblé inoffensif. Le score paraît même flatteur pour le Maroc, tant l’écart sur le terrain fut supérieur à celui du tableau d’affichage. Sans un Yassine Bounou inspiré sur plusieurs interventions, l’addition aurait pu être bien plus lourde. Dès les premières minutes, le décor était planté. Les Français monopolisaient le ballon pendant que les Marocains couraient derrière sans jamais le récupérer durablement. Le penalty arrêté par Bounou face à Mbappé aurait pu servir de déclic. Il n’a été qu’une simple parenthèse. Au lieu de profiter de ce coup du sort pour reprendre confiance, les Lions de l’Atlas sont immédiatement retournés dans leur moitié de terrain, comme si leur unique objectif était de retarder l’inévitable.

Une équipe venue pour défendre… et encore
On attendait une équipe revancharde. On a découvert une formation tétanisée. Le Maroc a passé l’essentiel de la rencontre à défendre… et parfois même à mal défendre. Les sorties de balle étaient approximatives, les transitions inexistantes et les rares offensives se terminaient avant même d’avoir commencé. Pendant de longues séquences, les Français donnaient l’impression d’affronter des plots d’entraînement plutôt qu’un quart de finaliste de Coupe du monde. La seconde période a confirmé ce sentiment. Mbappé a fini par ouvrir le score d’une frappe imparable avant d’offrir le deuxième but à Dembélé. Entre ces deux actions, aucune réaction marocaine.
Ni révolte, ni pressing, ni changement de rythme. Les Lions de l’Atlas ont encaissé les coups avec une résignation presque déconcertante. À croire que certains avaient déjà la tête au vol retour plutôt qu’à une qualification historique.
Le plus surprenant reste le contraste entre les ambitions affichées ces dernières années et la réalité du terrain. Le Maroc aime rappeler les investissements réalisés dans ses infrastructures, son académie de formation et sa politique de recrutement des binationaux. Tout cela est réel. Mais jeudi soir, impossible d’en apercevoir le moindre bénéfice. Une équipe peut perdre contre plus fort. En revanche, afficher aussi peu de caractère dans un quart de finale mondial est beaucoup plus difficile à justifier.
Les propos d’Adrien Rabiot après la rencontre résument parfaitement le fossé observé sur le terrain. Le milieu français a reconnu que les Bleus avaient rapidement compris qu’ils avaient « peu à craindre » du Maroc. Une déclaration qui peut sembler arrogante, mais qui reflète fidèlement le déroulement du match. Les Français n’ont jamais été mis sous pression. Ils ont joué à leur rythme, contrôlé chaque instant et donné l’impression de pouvoir accélérer quand ils le souhaitaient.
L’épopée de 2022 appartient désormais aux archives. Cette sélection marocaine avait alors impressionné par son courage, sa solidarité et sa discipline tactique. Face à la France, il ne restait presque rien de cette identité. Les Lions de l’Atlas ont ressemblé à une équipe sans griffes, sans crocs et surtout sans la moindre envie de mordre. Pendant que les Bleus validaient tranquillement leur troisième demi-finale mondiale consécutive, le Maroc quittait la compétition avec l’image d’une équipe fantôme, présente sur la feuille de match, mais pratiquement absente sur le terrain.
Les grandes équipes savent perdre en donnant tout. Le Maroc, lui, a surtout donné l’impression de ne jamais être entré dans son quart de finale.
Mohamed Amine Toumiat

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