Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a ordonné hier, l’ouverture d’une « enquête urgente » sur les violences commises par les Forces de soutien rapide (FSR) à l’encontre des habitants de la ville d’El-Obeid, dans la région du Kordofan du Nord, au centre du Soudan.
Dans une résolution adoptée par consensus hier lundi, par ses 47 membres après un débat d’urgence tenu vendredi sur requête du Royaume-Uni, le Conseil des droits de l’homme a manifesté « sa profonde préoccupation face au risque imminent d’atrocités de grande ampleur commises par les FSR, notamment de violences sexuelles liées au conflit, auxquelles sont exposés des centaines de milliers de civils (…) à El-Obeid et dans ses environs ». Il a donc ordonné à la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur le Soudan, mise en place par le Conseil au début du conflit, de mener « une enquête urgente » sur « les violations du droit international humanitaire et les crimes internationaux connexes qui auraient été commis » sur place. Le Conseil a souligné « qu’il n’existe pas de solution militaire à la crise au Soudan », réitérant son appel à « un cessez-le-feu immédiat et total, sans conditions préalables », et à la mise en place « d’un processus crédible et inclusif de transition politique devant conduire à un gouvernement national démocratiquement élu après une période de transition dirigée par des civils ». Dans sa résolution, le Conseil a condamné également « les frappes aériennes contre les civils et le ciblage illégal d’infrastructures civiles », notamment les « dizaines de frappes de drones contre El-Obeid au cours des deux dernières semaines, y compris contre des hôpitaux et d’autres établissements de santé, ayant causé des pertes civiles et perturbé l’accès aux services essentiels ».
Au moins 330 enfants tués ou blessés dans le conflit
Par ailleurs, au moins 330 enfants ont été tués ou blessés depuis le début de l’année dans le conflit qui sévit au Soudan, a alerté hier l’Unicef, appelant toutes les parties au conflit à protéger les civils et les infrastructures civiles. Les enfants « sont tués et blessés chez eux, sur les routes, sur les marchés et alors qu’ils tentent d’accéder à des services essentiels comme l’éducation et les soins de santé », a déploré dans un communiqué Sheldon Yett, le directeur de l’agence onusienne pour les enfants au Soudan, où le conflit a éclaté en avril 2023. « Les enfants sont pris au piège dans un cycle sans fin de violence, de déplacements et de privations », a ajouté le représentant de l’UNICEF au Soudan. « Pour beaucoup d’entre eux, il n’y a plus aucun endroit sûr. Les enfants ne doivent jamais être pris pour cible. Leurs vies, leurs droits et leur avenir doivent être protégés ». La menace persistante d’attaques a également exacerbé la peur, l’angoisse et les traumatismes chez les enfants, en particulier au sein des communautés qui ont subi des bombardements répétés et des déplacements forcés. Les enfants ne sont pas seulement confrontés à un risque immédiat de mort ou de blessures. Le conflit continue de les exposer à de graves violations, notamment le recrutement et l’utilisation d’enfants dans les groupes armés, les enlèvements et les attaques contre les écoles et les hôpitaux. L’Unicef a appelé toutes les parties au conflit à protéger les civils et les infrastructures civiles, à autoriser et faciliter un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave, et à prendre toutes les mesures possibles pour protéger les enfants contre toute forme de violence. Le Soudan est le théâtre, depuis avril 2023, d’un conflit opposant l’armée aux FSR, ayant causé la mort de dizaines de milliers de personnes et le déplacement de millions d’autres, selon des estimations d’organisations internationales.
R. I.
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