Au moins cinq Palestiniens ont été martyrisés et plusieurs dizaines d’autres blessés hier dans de nouvelles frappes sionistes menées dans la bande de Ghaza, alors que les violations du cessez-le-feu se poursuivent, selon des sources locales et le ministère de la Santé de Ghaza. Dans le même temps, le Centre de Ghaza pour les droits de l’Homme accuse Israël d’avoir transformé près de 70 % de l’enclave en une vaste « zone de mort » où les civils sont quotidiennement pris pour cible.
Selon des sources locales, deux Palestiniens, Ziad Zakaria Mohammed Al-Lahham et Achraf Zouheir Rajab Al-Amassi, ont été tués dans la matinée lorsqu’un drone israélien a frappé les abords de la rue Roni, au sud de la zone d’Al-Mawassi, à l’ouest de Khan Younès.
Plusieurs autres personnes ont été blessées. Quelques heures plus tôt, Hamouda Ezzat Ali Abou Daqqa avait perdu la vie et quinze autres civils avaient été blessés dans une frappe aérienne visant un véhicule circulant sur la route Al-Rashid, dans le secteur d’Al-Mawassi, une zone fortement peuplée de déplacés. Un autre bombardement a visé un véhicule près des Moulins palestiniens, au nord de Khan Younès, sans faire de victimes, selon les premières informations.
Deux morts dans un bombardement d’un appartement
Dans la ville de Ghaza, une frappe sioniste contre un appartement situé à proximité de l’hôpital jordanien, dans le quartier de Tal Al-Hawa, a coûté la vie à Fadi Fallah Daghmash et à son épouse Riham Rachid, tandis que plusieurs autres civils ont été blessés. Par ailleurs, Nasser Al-Awawda est décédé des suites de blessures provoquées par des éclats d’un obus d’artillerie sioniste qui l’avait atteint à l’est du village d’Al-Masdar, dans le centre de la bande de Ghaza.
Les bombardements d’artillerie se sont poursuivis sur les secteurs orientaux de Khan Younès, tandis que les véhicules militaires israéliens ont ouvert un feu nourri en direction des quartiers sud et est de la ville.
Le service de la Défense civile a indiqué avoir secouru quatre membres de la famille Abed, retrouvés sains et saufs dans la tour Al-Nil, à Ghaza-ville, après un effondrement partiel de l’immeuble.
Le cessez-le-feu toujours violé
Les autorités locales affirment que l’armée israélienne continue de violer le cessez-le-feu en multipliant les frappes aériennes et les tirs d’artillerie contre des zones où sont installés des déplacés, tout en poursuivant les destructions dans la zone dite de la « ligne jaune » et en maintenant les restrictions sur l’entrée des marchandises, de l’aide humanitaire et les déplacements. Le ministère de la Santé de Ghaza a annoncé que les hôpitaux de l’enclave avaient enregistré, au cours des dernières 24 heures, cinq martyrs, dont trois nouvelles victimes et deux corps extraits des décombres, ainsi que sept blessés. Selon le ministère, plusieurs victimes demeurent encore ensevelies sous les gravats ou abandonnées dans les rues, les équipes de secours et de la Défense civile étant dans l’incapacité d’y accéder en raison des conditions sécuritaires.
Une « politique de meurtre systématique »
Les autorités sanitaires de Ghaza indiquent que le nombre total de personnes tuées depuis le début de l’offensive israélienne, le 7 octobre 2023, s’élève désormais à 73 098 morts, tandis que 173 571 personnes ont été blessées. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre dernier, le bilan fait état de 1 072 morts, 3 463 blessés et 799 corps récupérés. Le Centre de Ghaza pour les droits de l’Homme estime que le contrôle par Israël d’environ 70 % du territoire de la bande de Ghaza, combiné à la poursuite des frappes contre les civils, démontre que les forces israéliennes ont transformé l’enclave en une vaste « zone de mort », où les habitants sont exposés au risque d’être tués dans les quartiers résidentiels, les centres d’hébergement, les zones de déplacement ou à proximité des positions militaires israéliennes connues sous le nom de « ligne jaune ». Dans un communiqué, l’organisation affirme que ses équipes ont documenté ces derniers jours de nombreuses frappes aériennes, tirs d’artillerie, tirs directs et actions de snipers visant des civils, qu’elle considère comme des violations des principes de distinction, de proportionnalité et des obligations de protection prévues par le droit international humanitaire. Le Centre souligne que l’absence de délimitation claire des zones contrôlées par les forces sionistes transforme ces secteurs en « pièges mortels » pour la population civile. S’appuyant sur des données des Nations unies, l’organisation rappelle qu’entre le 10 octobre 2025 et avril 2026, 196 Palestiniens, dont 18 femmes et 43 enfants, ont été tués à proximité de positions militaires israéliennes situées dans des zones insuffisamment délimitées, un phénomène qui, selon elle, s’est poursuivi au cours des mois suivants. Le Centre de Ghaza pour les droits de l’Homme estime que ces attaques répétées traduisent une politique systématique de ciblage des civils et affirme que la réduction continue des espaces habitables contraint plus de deux millions de Palestiniens à vivre dans des zones extrêmement surpeuplées, dépourvues des conditions minimales de survie. L’organisation appelle la communauté internationale à intervenir de toute urgence afin d’assurer la protection des civils, de mettre fin aux violences en cours et de traduire les responsables devant les mécanismes de justice internationale, estimant que l’impunité favorise la poursuite des violations graves du droit international.
M. S.













































