Un rapport publié hier par le Bureau de communication des prisonniers, relayé par plusieurs médias, met en cause les conditions de détention des femmes palestiniennes incarcérées dans la prison sioniste de Daamon.
Le document fait état de traitements jugés sévères, d’un régime d’isolement strict et de diverses violations présumées des droits fondamentaux. Selon ce rapport, les détenues seraient confrontées à des restrictions importantes de leur vie quotidienne, notamment des limitations affectant la pratique religieuse. Certaines prisonnières indiqueraient ne pas être en mesure de connaître précisément les horaires des prières en raison des conditions imposées à l’intérieur de l’établissement. Le Bureau estime que ces contraintes constituent une atteinte à leurs droits religieux et contribuent à aggraver leurs conditions de détention. Le document évoque également un isolement prolongé, l’absence de visites familiales régulières ainsi que des problèmes persistants d’accès aux soins médicaux. Le Bureau de communication des prisonniers appelle les organisations internationales de défense des droits humains à intervenir « de manière urgente » afin de garantir la protection des détenues et le respect de leurs droits fondamentaux. Le rapport revient aussi sur un incident survenu le 13 mai dernier, qu’il décrit comme une opération de répression particulièrement dure menée au sein de la prison. Selon ces allégations, des détenues auraient été contraintes de rester dans des positions de contrainte prolongées et auraient subi des violences physiques ainsi que des humiliations durant l’intervention de forces pénitentiaires. Ces accusations, qui n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante à ce stade, décrivent un climat de forte tension au sein de l’établissement. Les autorités israéliennes n’ont pas, dans l’immédiat, répondu publiquement à ces allégations spécifiques.
Révélations et témoignages publics
Dans un contexte plus large, la chaîne Al Jazeera a diffusé un documentaire intitulé Corps témoins, consacré aux accusations de violences commises dans les lieux de détention à l’encontre de prisonniers palestiniens entre 2023 et 2025. Le film repose sur des témoignages de personnes ayant été détenues ainsi que sur des analyses juridiques et des interviews d’experts. Parmi les éléments présentés, certains témoignages font état de violences graves et d’humiliations subies en détention. Le documentaire évoque également des pratiques dénoncées comme dégradantes lors de fouilles ou d’interrogatoires. Là encore, ces récits reposent sur des déclarations de survivants et n’ont pas été confirmés de manière indépendante dans leur intégralité. La rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, interrogée dans le documentaire, affirme que les violences rapportées s’inscriraient dans un contexte de durcissement général des conditions de détention depuis octobre 2023. Elle souligne que les témoignages concernent principalement des civils et non des combattants.
Débat sur les responsabilités et l’impunité
Le documentaire et le rapport évoquent également la question de la responsabilité juridique, affirmant que certaines accusations n’ont pas donné lieu à des poursuites judiciaires effectives. Des cas cités dans le film montrent que des procédures engagées contre des militaires auraient été abandonnées, alimentant les critiques d’organisations de défense des droits humains sur un possible manque de redevabilité. Des experts juridiques interrogés dans le cadre du reportage estiment que certaines formes de violence décrites pourraient relever, selon eux, de violations graves du droit international humanitaire. Ces affirmations restent toutefois sujettes à débat entre organisations, autorités concernées et observateurs indépendants. Face à ces accusations, plusieurs acteurs cités dans le rapport appellent à l’ouverture d’enquêtes indépendantes afin de clarifier les conditions de détention dans la prison de Daamon et, plus largement, dans les établissements pénitentiaires concernés. Les auteurs du rapport estiment que ces investigations devraient permettre d’établir les responsabilités et de garantir le respect des normes internationales relatives au traitement des détenus. À ce stade, aucune confirmation indépendante exhaustive n’a permis de vérifier l’ensemble des éléments rapportés, tandis que les autorités sionistes n’ont pas encore réagi en détail aux accusations spécifiques contenues dans ce nouveau document.
M.Seghilani














































