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GHAZA : Les violations du cessez-le-feu se banalisent

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La bande de Ghaza continue d’être le théâtre d’une détérioration sécuritaire et humanitaire majeure, malgré l’entrée en vigueur d’un accord de cessez-le-feu. Hier, un jeune palestinien a été martyrisé par des tirs des forces israéliennes dans le nord du territoire, tandis que plusieurs autres civils ont été blessés. Des opérations militaires et des frappes ont été signalées dans plusieurs zones de l’enclave, illustrant la poursuite des violations de l’accord censé mettre fin aux hostilités. Selon des sources locales, la victime a été identifiée comme Khalil Nasser. Il a été abattu dans le camp de Halawa, situé à Jabalia al-Balad, au nord de la bande de Ghaza. Dans ce même secteur, deux autres citoyens ont été touchés par des tirs sionistes et ont été blessés. Ces incidents s’ajoutent à une série d’événements similaires survenus au cours des derniers jours dans différentes zones du territoire palestinien. Parallèlement, des sources médiatiques ont rapporté que des vedettes militaires israéliennes ont ouvert le feu samedi dans les eaux de Khan Younès, dans le sud de Ghaza. Des tirs ont également été effectués par des véhicules militaires israéliens à l’est de Khan Younès et dans la zone centrale de la bande de Ghaza. Des hélicoptères militaires auraient, eux aussi, ouvert le feu dans la région centrale, accentuant les tensions sur le terrain. Ces actions s’inscrivent dans un contexte de violations répétées du cessez-le-feu, à travers des bombardements aériens et des tirs d’artillerie visant notamment des zones où se trouvent des déplacés palestiniens. Selon plusieurs sources locales, ces attaques s’accompagnent également d’opérations de destruction de bâtiments dans ce que l’armée israélienne désigne comme la « ligne jaune ». À cela s’ajoutent des restrictions persistantes sur l’entrée des biens essentiels, de l’aide humanitaire ainsi que sur la circulation des personnes et des patients. Le ministère palestinien de la Santé à Ghaza a indiqué que le nombre de victimes continue d’augmenter malgré la trêve annoncée. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre, le bilan s’élève à 776 martyrs et 2 171 blessés. Les autorités sanitaires ont également signalé la récupération de 761 corps sous les décombres, dans des opérations souvent complexes et ralenties par le manque de moyens techniques et humains. Plus largement, les chiffres fournis par les autorités sanitaires palestiniennes dressent un tableau encore plus lourd de la situation depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023. Le bilan global dépasse désormais les 72 500 martyrs et les 172 000 blessés, selon les données communiquées, illustrant l’ampleur de la crise humanitaire et les conséquences dramatiques des hostilités prolongées sur la population civile. Les mêmes sources précisent que des corps continuent d’être extraits des décombres, parfois plusieurs jours ou semaines après les frappes. Toutefois, de nombreuses victimes restent encore ensevelies ou abandonnées dans des zones difficilement accessibles, les équipes de secours étant confrontées à de graves contraintes opérationnelles et sécuritaires. Dans ce contexte déjà critique, la situation humanitaire est aggravée par l’effondrement des infrastructures sanitaires et la pénurie de ressources médicales. Les hôpitaux de la bande de Ghaza, fortement endommagés et débordés, peinent à faire face à l’afflux constant de blessés, tandis que le manque de médicaments et d’équipements essentiels limite considérablement les capacités de soins.

18 000 patients et blessés dans la salle d’attente
Sur le plan humanitaire, le Croissant-Rouge palestinien a tiré la sonnette d’alarme concernant la situation des patients nécessitant une évacuation médicale à l’étranger. L’organisation a indiqué que seulement environ 700 patients ont pu quitter la bande de Ghaza pour recevoir des soins hors du territoire depuis la réouverture partielle du passage de Rafah, intervenue en février dernier. Cependant, cette avancée reste très insuffisante face à l’ampleur des besoins. Selon les mêmes sources, plus de 18 000 patients et blessés attendent toujours une évacuation médicale. Le porte-parole du Croissant-Rouge, Rédouane Al-Nams, a souligné que le rythme actuel des évacuations est extrêmement lent et ne correspond pas à la gravité de la situation sanitaire sur le terrain. Il a averti que de nombreux patients se trouvent dans un état critique, certains ayant déjà perdu la vie en attendant leur transfert vers des structures médicales capables de leur fournir les soins nécessaires. Les délais liés aux procédures administratives et aux autorisations de passage aggravent encore la détérioration de leur état de santé. Les critères de sélection des patients, basés sur la gravité des cas, permettent certes de prioriser les situations les plus urgentes, mais restent insuffisants face à l’ampleur des besoins. Le Croissant-Rouge appelle ainsi à une accélération des évacuations médicales et à la mise en place de mécanismes plus rapides et plus efficaces. La situation est également compliquée par le contrôle strict exercé sur les points de passage de la bande de Ghaza, notamment le passage de Rafah, contrôlé du côté palestinien par l’occupant sioniste. Ce contrôle limite fortement la circulation des malades et des blessés, mais aussi l’entrée de l’aide humanitaire et des fournitures médicales indispensables. Dans le même temps, les autorités sionistes continuent de maintenir une occupation partielle de plus de 50 % du territoire de la bande de Ghaza, selon plusieurs sources palestiniennes. Cette situation contribue à renforcer les restrictions sur les déplacements et à aggraver l’isolement de la population. Les organisations humanitaires et médicales locales appellent la communauté internationale à intervenir de manière urgente afin de garantir l’ouverture permanente des passages frontaliers et la neutralisation des obstacles empêchant l’accès aux soins.
Elles insistent également sur la nécessité de protéger les civils et de permettre l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire. Alors que le cessez-le-feu est officiellement en vigueur depuis plusieurs mois, les autorités palestiniennes dénoncent une poursuite des violences et des frappes, ainsi qu’un blocus qui continue de peser lourdement sur les 2,4 millions d’habitants de Ghaza, dont une grande partie est déplacée. Dans un territoire déjà marqué par des destructions massives d’infrastructures civiles, la population fait face à une crise multidimensionnelle mêlant insécurité, pénurie de soins, manque de nourriture et déplacements forcés. Les perspectives d’amélioration restent limitées tant que les conditions sur le terrain et les restrictions en vigueur ne sont pas levées.
M. S.

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