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Tizi-Ouzou : Les plantes aromatiques, entre usages traditionnels et nécessité de préservation

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La wilaya de Tizi-Ouzou renoue, ces derniers temps, avec la cueillette des plantes aromatiques, une activité nécessitant une régulation pour préserver ce patrimoine phyto-génétique, selon des responsables du Parc national du Djurdjura (PND). De l’ail triquètre à la menthe-pouliot en passant par le thym sauvage, la lavande papillon, l’asperge verte ou l’Origan, la cueillette bat son plein en cette période et se poursuit jusqu’à la fin du printemps. Une organisation de la récolte est donc nécessaire afin de préserver ces espèces, insistent les mêmes responsables. Jadis, la cueillette était régie par des règles de respect de la nature et réservée à l’autoconsommation. Toutefois, ces ressources font désormais l’objet d’un commerce florissant dans la wilaya, ce qui nécessite une organisation de la filière afin de garantir la pérennité de ces espèces, a-t-on indiqué. Pour préserver ce patrimoine végétal et garantir la régénération naturelle des espèces, Aldjia, retraitée, et Ouiza, blogueuse culinaire spécialisée dans les recettes traditionnelles, préconisent le respect du savoir-faire ancestral reposant sur des méthodes de récolte préservant la nature. Il s’agit, entre autres, de couper les tiges avec parcimonie sans déraciner, secouer les plantes à bulbes pour faire tomber les bulbilles qui vont repousser et ne jamais cueillir la totalité des fleurs afin de permettre la montée en graine. L’utilisation de ces plantes est bien ancrée dans la cuisine traditionnelle à Tizi-Ouzou où dans chaque foyer, l’origan et le thym ne sont pas de simples condiments, mais aussi des remèdes contre les maux respiratoires, tandis que la menthe pouliot (fliyou) parfume la galette aux herbes, tout en servant d’infusion digestive. Ainsi, le chef d’antenne du secteur de Tala Guilef du PND et conservateur général des forêts, Aziz Mehdi, a relevé, pour sa part, que l’exploitation des ressources forestières ne doit pas se faire au détriment de la biodiversité. « De nombreuses plantes protégées et endémiques sont actuellement victimes d’une exploitation anarchique et d’une commercialisation illicite menaçant ce patrimoine fragile », a-t-il observé, appelant à protéger des espèces comme l’origan, la paronyque argentée, le laurier noble sauvage, la globulaire, la lavande officinale ou les trois espèces de thym. Il a également insisté sur l’implication de tous les acteurs de la société pour que cette richesse naturelle devienne un levier de développement durable sans pour autant épuiser la ressource.

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