Accueil LA CHRONIQUE DU JEUDI Un reporter dans la foule : Un film sur Didouche Mourad !

Un reporter dans la foule : Un film sur Didouche Mourad !

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Hier, mercredi 18 février 2026, c’était la Journée nationale du Chahid. Comme chaque année, cela donnait lieu à une commémoration et au recueillement à la mémoire de ceux qui ont donné leurs vies pour nous. Ils ont sacrifié leurs propres existences pour offrir, à l’ensemble des Algériens une existence digne et prospère. Ils ont donné ce qu’ils avaient de plus cher, leur sang, pour que nous puissions, aujourd’hui, être journalistes, médecins, ingénieurs, ministres,… etc. Sans leur don suprême, nous serions, encore aujourd’hui, sous le joug de la colonisation. Analphabètes, dominés, miséreux, affamés, malades, vivant avec nos bêtes dans les terres ingrates de l’arrière-pays. Bref, réduits à l’état de loques humaines par des barbares venus, disaient-ils, d’un pays civilisé. Les chouhada qui nous ont sortis de cet enfer, méritent une reconnaissance éternelle de toutes les générations du pays, passées, présentes et à venir. Force est de constater que cette reconnaissance n’a pas l’amplitude du sacrifice. Certes, le Chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, adresse, chaque année, un message à cette occasion. Message suivi par des mots de circonstance d’un petit cercle d’hommes politiques et…une conférence au forum du quotidien « El-Moudjahid ». Un don de soi qui mérite plus de manifestations, de gratitudes des grands et des petits, pour que la flamme de l’amour de la patrie ne faiblisse jamais. Pour ma part, j’utilise cette fois, exceptionnellement, la première personne du singulier que je me suis toujours refusé tout au long de ma très longue carrière de journaliste. J’utilise le « je » pour témoigner de ce geste sublime qu’ont eu pour nous des hommes et des femmes au courage hors normes. J’ai vu et j’ai côtoyé particulièrement l’un d’entre eux. Mes souvenirs remontent à l’âge de neuf ans. J’ai eu ce privilège, à certains moments, d’avoir approché le Chahid Didouche Mourad. Nous sommes natifs du même quartier : la Redoute à l’époque (aujourd’hui El-Mouradia). Avec dix huit ans d’écart, nous avons fréquenté la même école primaire de « la placette ». Et contrairement à ce qui est affirmé sur le site Wikipédia, il n’y avait pas de cycle moyen à la Redoute. Didouche mourad ne pouvait qu’avoir rejoint, à la fin de l’école primaire, directement le lycée technique du Ruisseau. Sa vie était ponctuée « d’éclipses » et de retours. Nous étions une nuée de gamins à attendre ses réapparitions. Nous savions qu’il combattait la France mais pas encore matures pour comprendre toute la profondeur de son combat. Didouche Mourad était jeune et très élégant. Il ne vivait pas, comme nous, dans la misère. Son père possédait une boulangerie attenante à la maison familiale située à la rue des Mimosas. La nouvelle de ses retours se propageait comme une trainée de poudre parmi les bambins déguenillés que nous étions. Pourquoi ? Parce qu’à chaque fois Didouche Mourad distribuait du pain gratuitement aux enfants du quartier dont il connaissait la précarité et le nombre de personnes de chacune de leur famille. Le nombre de pains était fonction de ce nombre. Du haut de mes neuf ans, je regardais plus qu’admiratif cet élégant jeune homme qui distribuait du pain à ses voisins. Via leurs enfants, probablement pour ne pas toucher à la dignité de leurs parents. À mes yeux d’enfant, il avait l’allure d’un Saint avec « l’auréole », que j’imaginais, au-dessus de sa tête. Le RAMA c’est lui. Le scoutisme dans le quartier c’était lui. Une fois adulte j’ai appris que la réunion des 22 c’était lui. En face de la boulangerie, se trouvait un salon de coiffure. Devant la porte, assis sur une chaise, Si Hadj Zoubir, le propriétaire, semblait prendre l’air pendant que son fils taillait les cheveux des clients à l’intérieur du magasin. En réalité et je l’ai su plus tard, c’était un proche de Didouche Mourad. Il surveillait, tout mouvement suspect, sur la longue rue des mimosas pour éventuellement donner l’alerte et permettre à Didouche qui était recherché par la police coloniale, de s’exfiltrer. Bref, le chahid Didouche Mourad était le plus jeune des six chefs de la révolution du 1er Novembre 1954. C’est le premier d’entre eux a être tombé les armes à la main, moins de trois mois après le déclenchement armé. Il aurait dû être le premier à faire l’objet d’un film pour immortaliser son engagement et entretenir le patriotisme. Rien jusqu’à présent. Pourquoi ?
Zouhir Mebarki
zoume600@gmail.com

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