Marche à Alger

9e VENDREDI DE MARCHE PACIFIQUE : Les syndicats prévoient une mobilisation importante

Alors que la scène politique a connu cette semaine de nouveaux basculements avec la démission de Tayeb Belaïz de la tête du Conseil constitutionnel, et son remplacement par Kamel Fenniche, la société civile prévoit une poursuite de la mobilisation populaire à l’occasion du 9e vendredi de marche pacifique à travers le pays.

En effet, pour les différents syndicats autonomes, la mobilisation sera «intacte» puisque le départ de Tayeb Belaïz ne satisfait en rien les revendications des Algériens. «La mobilisation n’a pas fléchi tout au long de la semaine. Les étudiants et les avocats ont manifesté, hier et avant-hier, ce qui prouve que la tension est toujours importante », a déclaré Boualem Amoura, secrétaire général du Satef. Même si le syndicaliste a affirmé que «le départ des 4B ne va pas convaincre les Algériens à rentrer chez eux», il dira que le «peuple veut une période de transition qui soit menée par des gens n’ayant aucun lien avec ce système». «De toute façon, il y a d’autres lettres de l’alphabet qui sont au centre du collimateur» a-t-il ironisé. S’étalant davantage sur la nomination de Kamel Fenniche à la tête du Conseil constitutionnel, Boualem Amoura a estimé que cette nouvelle nomination «n’arrange en rien les choses puisque ce dernier est un homme du système». «La démission n’a rien apporté de nouveau. Il a été remplacé par un homme de son entourage», a-t-il dit, attestant que ceci témoigne de la «continuité du système», or que «le peuple veut de nouvelles figures».
Prévoyant que «la mobilisation sera intacte» pour le neuvième vendredi du Hirak, le syndicaliste a appelé le chef de l’Armée à tenir ses engagements en protégeant les manifestants». «On espère que le scénario du Tunnel des Facultés ne se reproduise pas encore ce vendredi», a déclaré Amoura en signalant que les «manifestants ont toujours été pacifiques». Interrogé, justement, sur d’éventuels dérapages qui pourraient survenir demain, Boualem Amoura a exclu un tel scénario en se référant au discours du général de Corps d’armée, Chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), Ahmed Gaïd Salah, dans lequel il se tient garant de la sécurité des citoyens et qu’il veille à ce qu’ «aucune goutte de sang algérien ne soit versée».
Interrogé, sur un autre sillage, au sujet de la feuille de route de contestation des syndicats autonomes, le Sg du Satef a assuré qu’une réunion de la confédération est prévue la semaine prochaine. «La réunion a non seulement pour but d’accompagner le mouvement mais aussi de prévoir des actions de contestations communes», a-t-il fait savoir.

Snapest : « le changement n’a toujours pas eu lieu»
Pour sa part, le coordinateur national du Snapest, Meziane Meriane est sur la même longueur d’ondes, en prévoyant une mobilisation importante demain. «La contestation va continuer et sera toujours aussi importante», nous a déclaré Meziane Meriane en précisant : «le changement à la tête du Conseil constitutionnel n’est pas le changement espéré par le peuple». «Tayeb Belaïz a été remplacé par un proche collaborateur, ce n’est pas ce que le peuple espérait», a déclaré notre interlocuteur, estimant que le système ne fait toujours pas de concessions. Autrement, «le changement n’a toujours pas eu lieu», selon ses dires. Par ailleurs, Meziane Meriane est revenu sur ce qui s’est passé au tunnel des Facultés en appelant à «ouvrir une enquête pour déterminer qui a donné l’ordre d’user de bombe lacrymogène». Dans tous les cas de figures, il a précisé que «cet incident ne va en aucun cas dissuader les Algériens à sortir».

Le Cnes : «le chemin est encore long »
De son côté, Abdelhafid Milat, coordinateur national du Cnes a considéré que le «Hirak a réalisé quelques objectifs après le départ de Belaïz et Bouteflika», tandis que «l’Armée ne cesse de donner des garanties, ce qui peut calmer les esprits actuellement». Interrogé sur le départ de Belaïz et son impact sur la mobilisation, le syndicaliste a considéré que la «problématique de fond ne concerne pas la démission des hommes du système, mais ceux qui les remplaceront».
En effet, il dira que «la nomination de Kamel Fenniche a surpris le peuple».
«On s’attendait à nommer une personnalité nationale et consensuelle à la tête du Conseil constitutionnel mais hélas ça n’a pas été le cas», a déclaré Milat considérant, ainsi, que le chemin reste encore long pour atteindre l’ensemble des objectifs. Pour ce qui est de la situation dans les universités, le syndicaliste a appelé à la sagesse indiquant que «certaines parties veulent utiliser l’Université pour dévier le Hirak de ses objectifs».
Lamia Boufassa