19e Festival européen : Le groupe «Tryo» enchante le public

Le groupe français de musique reggae «Tryo» a exalté jeudi dernier le nombreux public algérois dans un concert électrique, marquant le dernier soir à Alger, du volet «musique», programmé dans le cadre du 19e Festival culturel européen, ouvert le 26 avril dernier. Pas une place de libre à la salle Ibn Zeydoun de l’Office Riad El Feth (Oref), où les allées réservées aux déplacements étaient pleines de fans du groupe «Tryo», à la vocation citoyenne, qui a déployé une vingtaine de chansons, à l’esprit festif et aux contenus engagés, dédiées à l’amour, la tolérance, la paix et le vivre ensemble. Christophe Mali, Manu Evno, Guizmo, aux guitares, et le batteur-percussionniste, Danielito Bravo ont, dès les premiers instants du concert, enflammé la salle dans une prestation époustouflante, livrée devant un public debout qui a très vite cédé au relâchement, reprenant en chúurs, avec le groupe, les refrains des chansons. Parmi les pièces qui célèbrent l’Homme dans son rapport à l’autre et à son environnement, «Ce que l’on s’aime», «La demoiselle», «Toi et moi», «Sauvage», «Souffler», «L’Hymne de nos campagnes», «Sortez-les», «Désolé pour hier-soir» et «Apocalypticodramatique». Célébrant le vivre ensemble, les artistes ont également rendu la pièce, «Rassurer Finkielkraut», (Zemmour et les autres), une antithèse à l’endroit des voix qui s’élèvent pour stigmatiser injustement la communauté des émigrés, l’accusant d’être à l’origine des problèmes socio-économiques en France. Dans la pièce, «Watson», Tryo rend hommage à Paul Watson, militant canadien depuis 40 ans pour la protection des océans, alors que dans «Greenwashing», le groupe dénonce l’éco- blanchiment (procédé marketing utilisant l’argument écologique à des fins commerciales, pour donner à une entreprise une image éco-responsable). Dans une totale communion avec le public, les artistes, agréablement surpris de l’accueil qui leur a été réservé et tout l’enthousiasme constaté dans la salle, ont beaucoup échangé avec les spectateurs, testant «leurs connaissances de la chanson française», avant de reprendre quelques extraits de chansons, à la demande du public, de Georges Brassens, Johnny Halliday, Serges Gainsbourg et Renaud. Dans le même élan interactif, Christophe Mali, animateur principal du groupe, a repéré parmi les spectateurs, un jeune chanteur-guitariste, Amine Merahba, au look décontracté, invité à rejoindre la scène pour interpréter avec une voix juste et étoffée, «La misère d’en face», tirée de «Mamagubida», premier album du groupe sorti en 1997. Les musiciens, applaudissant longtemps, avec le public, le jeune Amine, ont brillé de maîtrise et de technique, manifestant leur joie de se produire à Alger, dans une prestation de haute facture où Manu Evno et Danielito Bravo se sont distingués par leur virtuosité.