Une nouvelle vague de manifestations a déferlé samedi sur les grandes capitales et villes européennes (Berlin, Paris, Rome, Lisbonne), exprimant un mécontentement face à divers problèmes allant de la dégradation des conditions de vie à la chute du pouvoir d’achat, en passant par la hausse des prix (dont ceux de l’énergie), les pertes d’emplois et le chômage.
Parallèlement, les appels à manifester sur les réseaux sociaux ont incité les forces de l’ordre à renforcer la sécurité dans plusieurs villes. Les services publics, le coût de la vie et l’accessibilité au logement sont restés des préoccupations majeures lors de nombreuses manifestations, dont celles du mouvement lycéen et des étudiants en France. En l’absence de réponses concrètes aux revendications des différents syndicats, des gilets jaunes et de la jeunesse, et avec la mobilisation et la convergence des luttes sociales, environ 300 000 personnes ont participé à une nouvelle vague de manifestations samedi, dont près de 70 000 à Paris, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Les organisateurs ont estimé la participation nationale à près de 500 000 personnes, dont 200 000 dans la capitale française, marquant ainsi l’Acte III de la mobilisation. Ils appellent à de nouvelles manifestations ce mardi et jeudi, en l’absence d’annonces satisfaisantes du président Macron et de son exécutif face aux revendications, dont celles de la jeunesse des lycées et universités, dont tout le monde s’accorde à reconnaître la légitimité. Environ 70 000 policiers et gendarmes ont été déployés dans tout le pays.
bLe ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a indiqué à la presse que, selon un bilan préliminaire, 422 personnes avaient été arrêtées en France. En Allemagne, des manifestations ont eu lieu samedi dans plus de 30 villes. Les manifestants réclamaient un investissement accru dans les services publics, des mesures pour lutter contre la hausse du coût de la vie et s’opposaient au service militaire obligatoire. En fin d’après-midi, les organisateurs ont annoncé avoir rassemblé plus de 68 000 participants, selon les chiffres de 12 villes. Comme en France, les manifestations en Allemagne se sont déroulées dans le calme, mais des affrontements ont éclaté dans plusieurs villes en soirée. L’agence de presse allemande dpa a rapporté que des policiers ont été blessés à Francfort, que des barricades ont été incendiées à Hambourg et que des forces de l’ordre ont été prises à partie à Brême. En Italie, des manifestants campaient toujours près du Colisée à Rome samedi, à la suite des manifestations nationales contre la hausse du coût de la vie et la dégradation des services publics. Vendredi, des travailleurs et d’autres groupes ont participé à des rassemblements dans plus de 60 villes lors d’une grève générale lancée par l’Unione Sindacale di Base (USB), a rapporté l’agence de presse italienne ANSA. Le syndicat a estimé la participation à 1,5 million de personnes, tandis que le ministère de l’Intérieur l’a chiffrée à environ 255 000.
Des manifestations et rassemblements au Portugal, aux Pays-Bas, en Albanie, en Pologne…
Au Portugal, des manifestations pour le logement ont rassemblé plus de 1 000 personnes à Lisbonne et à Porto samedi. À Lisbonne, les manifestants ont marché vers la place Rossio, où ils prévoyaient de camper pour la nuit. La police avait dispersé les campements de manifestants dans les deux villes le 25 octobre. Les revendications politiques ont également dominé les manifestations dans plusieurs pays. En Albanie, les manifestations réclamant une meilleure éducation, de meilleures conditions de vie et la démission du Premier ministre Edi Rama se sont poursuivies pour le 19e jour consécutif à Tirana, samedi, selon l’Agence télégraphique albanaise. Certains manifestants ont lancé des pierres et des cocktails Molotov sur la police, qui a riposté avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Le Parti démocrate, principal parti d’opposition, a apporté son soutien au mouvement. En Pologne, l’escalade des tensions autour de la composition et de la direction du Tribunal constitutionnel a provoqué des manifestations dans les rues de Varsovie. Des protestataires se sont rassemblés devant le Tribunal constitutionnel de Varsovie de vendredi soir à samedi. La police a fait état de quatre arrestations lors d’opérations menées pendant la nuit aux abords du bâtiment, selon les médias locaux. Le président polonais, Karol Nawrocki, est rentré plus tôt que prévu d’un voyage à l’étranger et a annoncé des consultations politiques urgentes. Ailleurs, des appels aux rassemblements sur les réseaux sociaux ont entraîné un renforcement des mesures de sécurité. Aux Pays-Bas, la police a dispersé une foule près de la gare centrale de La Haye samedi après-midi et a exhorté le public à éviter le centre-ville. La police locale a fait état de 34 arrestations au cours de la journée. Ce rassemblement faisait suite à des appels à manifester lancés en ligne dans plusieurs villes néerlandaises, appels qui ont parfois incité au pillage et au vandalisme. Certains commerces avaient barricadé leurs vitrines avant les rassemblements prévus. En Espagne, la police a renforcé la sécurité samedi dans plusieurs villes, dont Madrid, Barcelone et Valence, à la suite d’appels à rassemblements lancés en ligne, ont rapporté les médias locaux. Ces déploiements visaient à éviter que les troubles du week-end précédent à Barcelone ne se reproduisent ; 15 policiers avaient été blessés et 128 personnes avaient été arrêtées. L’agence de presse espagnole EFE a rapporté vendredi que la police avait arrêté 10 personnes dans tout le pays, soupçonnées d’incitation aux troubles et à la violence via les réseaux sociaux.
R. I.














