RYANAIR, SIEMENS, BOOKING.COM … : Des multinationales mises en cause dans le pillage des ressources sahraouies

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La plateforme indépendante britannique de recherche et de plaidoyer « Ethical Consumer » a publié un rapport d’enquête mettant en cause plusieurs grandes entreprises internationales pour leur participation à l’exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental occupé, en coopération avec les autorités d’occupation marocaines et sans le consentement du peuple sahraoui.

Le document met en lumière les pratiques de multinationales opérant dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment les énergies renouvelables, la pêche, l’extraction de phosphates, l’agriculture, le commerce, le tourisme et les transports. Il rappelle que le Sahara occidental figure depuis 1963 sur la liste des territoires non autonomes des Nations unies et demeure sous occupation militaire marocaine depuis plus de cinq décennies, tandis que ses richesses continuent de faire l’objet d’une exploitation systématique. Dans le secteur des transports et du tourisme, le rapport pointe notamment les pratiques de compagnies aériennes à bas coût, à l’image de Ryanair, ainsi que de plateformes internationales de réservation, dont Booking.com et Expedia. Ces entreprises sont accusées de présenter des liaisons aériennes et des infrastructures touristiques situées dans la ville occupée de Dakhla comme relevant du territoire marocain, occultant ainsi le statut juridique distinct du Sahara occidental. Face à ces pratiques, des organisations de défense des droits humains, notamment la Campagne pour le Sahara occidental au Royaume-Uni (WSCUK), appellent les consommateurs à saisir les autorités de régulation de la publicité afin de dénoncer les informations jugées trompeuses et les démarches contribuant à banaliser l’occupation. Le volet énergétique de l’enquête met également en évidence l’implication de groupes industriels internationaux. Le rapport cite notamment l’entreprise allemande Siemens, qui fournit des équipements destinés aux installations éoliennes exploitées par Nareva, une société appartenant à la holding royale marocaine. Ces projets sont dénoncés pour leur mise en œuvre sans le consentement du peuple sahraoui, en dépit des décisions de justice internationales et européennes qui consacrent la séparation juridique entre le Sahara occidental et le Maroc. L’enquête s’intéresse par ailleurs à l’exploitation des ressources halieutiques, à l’exportation de cargaisons de phosphates sahraouis vers plusieurs marchés internationaux, notamment en Inde, en Nouvelle-Zélande et au Japon, ainsi qu’à l’acheminement de produits agricoles, dont les tomates et les primeurs, vers le marché européen sous des indications d’origine contestées. De son côté, le Front Polisario, représentant légitime du peuple sahraoui, réaffirme la nullité de tout accord commercial portant sur les ressources du territoire et conclu sans le consentement du peuple sahraoui. Les organisations de défense des droits humains et les acteurs de la société civile poursuivent, pour leur part, leurs démarches visant à dénoncer la responsabilité des entreprises impliquées dans l’exploitation des richesses du territoire sous occupation. Créée au Royaume-Uni, la plateforme « Ethical Consumer » évalue plus de 40 000 marques et produits à travers des critères liés à l’éthique, à l’environnement et au respect des droits humains. Elle entend ainsi orienter les choix des consommateurs et promouvoir des pratiques d’achat responsables, notamment en attirant l’attention sur les entreprises opérant dans des contextes d’occupation et d’oppression.

M. S.