Transports aériens de passagers en Afrique : le constat amer de l’Afraa

Les participants à la 46e AG de l’Afraa étaient unanimes à déplorer la stagnation du secteur des transports aériens de passagers en Afrique. L’Afrique, un deuxième plus grand continent en terme d’habitants, mais qui occupe la dernière place, en matière de passagers transportés par les compagnies des transports aériens du continent.
Sur les trois milliards de passagers transportés à travers le monde, en 2013, seuls, trois millions ont été transportés par les compagnies de transports aériens africaines. Ces chiffres illustrent, on ne peut plus clair, la stagnation qui caractérise les transports aériens en Afrique. Les participants à la 46e assemblée générale de l’Africain airlines association (Afraa), qui s’est tenue, hier, à l’hôtel Hilton d’Alger, ont été unanimes à déplorer une telle situation. Les raisons ayant freiné le développement des transports aériens, dans le continent noir, sont multiples.
Le président de l’Afraa et, néanmoins, P-DG de la compagnie nationale publique des transports aériens, Air Algérie, Mohamed-Salah Boultif, en a énuméré quelques-unes. L’application partielle de la décision de Yamoussoukro prise en est une. Mohamed-Salah Boultif a déploré cet état de fait. Selon lui, la non-application des pays membre de l’Afraa de la décision de Yamoussoukro n’a pas de conséquences sur les transports aériens africains qui se caractérisent par des relations intra-africaines, faiblement développées, et un réseau intercontinental fortement dominé par des compagnies aériennes non-africaines.
Le président de l’Afraa a reproché également aux États membres de ne pas faire les efforts nécessaires qui auraient, selon lui, contribué à la levée d’un certain nombre d’obstacles auxquels font face les compagnies des transports aériens, africaines, notamment en terme de sécurité et de sûreté, d’infrastructures adaptées, des taxes aéroportuaires, de taxes sur le carburant et les titres de transport, et de facilité de la navigation aérienne.
En attendant le recul de ces barrières, les compagnies aériennes africaines tentent, tant bien que mal, de réagir, en entreprenant des actions de restructuration pour mieux préparer la libération du secteur des transports aériens, a-t-il ajouté. Ainsi, Mohamed-Salah Boultif a mis en avant ce que Air Algérie a réalisé en la matière. Il a, dans ce sens, rappelé le processus de mise en œuvre d’un plan stratégique de développement à moyen terme, 2013-2017, engagé par la Compagnie nationale publique des transports aériens, destiné à renforcer sa compétitivité et sa rentabilité, avec, comme objectif final remplir les conditions strictes d’intégration des grandes alliances de compagnies aériennes, en présence sur la sphère mondiale.
S’adressant aux membres de l’Afraa, Mohamed-Salah Boultif est convaincu que le taux de croissance, qu’affiche l’aviation africaine, est un atout au profit des compagnies des transports, aériennes qui doivent l’exploiter pour relever les défis auxquels elles font face. Pour le président de l’Afraa, la décision de Youmossoko demeure l’unique plate-forme porteuse d’espoir d’une libéralisation des transports aériens en Afrique. Mohamed-Salah Boultif a appelé les compagnies aériennes africaines à accentuer le processus de coopération, notamment en faveur du déploiement d’alliances stratégiques.
Hacène Naït Amara

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