Sayoud

Transferts : Les joueurs algériens, «un label» qui s’exporte bien

En effet, à l’instar du Chabab (Champion d’Algérie), qui a perdu son maître à jouer et buteur Amir Sayoud, l’Aigle Noir (Dauphin) et la JSS (3e de la Ligue 1) ont eux aussi perdu leurs meilleurs joueurs, notamment, le jeune prodige Mohamed Amine Ammoura et le baroudeur Billel Messaoudi, partis monnayer leur talent, respectivement en Arabie saoudite, Suisse et Belgique. Mais ce n’est rien comparé à ce qu’a enduré la JS Kabylie, qui outre son entraîneur Denis Lavagne, a perdu la quasi totalité de ses cadres, et en l’espace de seulement quelques jours. Une importante saignée, qui se poursuit jusqu’au jour d’aujourd’hui, avec notamment l’officialisation du départ du défenseur Walid Benchérifa, ayant signé au cours des dernières 48 heures à l’Olympique de Khoribga (Maroc). Un exode massif donc, et pas des moindres, puisqu’il a concerné la quasi totalité des meilleurs joueurs algériens, ayant étroitement contribué aux performances de leurs équipes respectives. C’est d’ailleurs là l’une des principales raison de cette saignée, car lorsqu’ils font leur marché estival, les clubs étrangers ne courent généralement que derrière les meilleurs. Et lorsqu’ils tiennent une bonne pioche, ils n’hésitent pas à mettre le paquet pour l’avoir. En effet, certains parmi ces clubs acquéreurs disposent de tellement de moyens que la surenchère ne leur pose aucun problème. Ils peuvent d’ailleurs la pousser tellement loin que les clubs algériens ne peuvent pas s’aligner. C’est ce qui a d’ailleurs fait que des formations comme le CRB, l’ESS et la JSS soient restées impuissantes devant le départ de leurs meilleurs éléments.

Paradou premier exportateur
Autre raison ayant suscité cet engouement pour les joueurs algériens, la qualité de leur formation, particulièrement en ce qui concerne les éléments labélisés par le Paradou AC, car formés dans les règles de l’art. En effet, outre la qualité technique individuelle, les entraîneurs apprécient beaucoup la discipline tactique. A partir de là, lorsqu’ils tombent sur des joueurs ayant reçu « une formation académique », et dès leur plus jeune âge comme c’est le cas des Pacistes, ils recrutent sans hésiter. Preuve en est que, dans le sillage des Ramy Bensebaïni, Youcef Atal et autre Hicham Boudaoui, les Zakaria Naïdji, Adem Zorgane et Abdelkahar Kadri sont allés eux aussi rejoindre l’Europe cet été. En effet, Naïdji a signé à Pau (France), alors que Zorgane et Kadri sont allés en Belgique, respectivement à Charleroi et Courtrai. Il faut reconnaître aussi que le brillantissime rendement de la sélection nationale est lui aussi pour beaucoup dans l’engouement voué aux joueurs algériens, car c’est « la principale vitrine » du pignon sur rue, qui concentre le plus de projecteurs sur le football algérien et ses artisans. En effet, aujourd’hui, quand on parle du joueur algérien, on sous-entend presque automatiquement le champion d’Afrique des nations en titre, et le recordman d’invincibilité sur le continent, avec déjà une incroyable série de 29 matchs sans défaite, sans oublier le fait que les Verts soient déjà très bien partis pour se qualifier au Mondial de 2022 au Qatar. Autrement dit, une carte de visite plus que bien remplie, aussi bien en club qu’en sélection nationale, et qui fait du joueur algérien « un label-rouge », qui s’exporte à merveille.
Ce qui n’est pas pour déplaire au sélectionneur national, Djamel Belmadi, qui dans l’une de ses dernières conférences de presse, avait encouragé les joueurs locaux à « se professionnaliser » à l’étranger. Un nouvel élan pour leur carrière, qui leur permettrait de progresser, et par conséquent, pouvoir concurrencer les actuels titulaires au sein de la sélection A. Le revers de la médaille est que cette « notoriété » est en train de coûter au championnat national ses meilleurs éléments, au point de risquer d’en souffrir sensiblement. À moins que les clubs ne parviennent à trouver une solution pour rééquilibrer la balance, notamment, en trouvant de bons remplaçants aux éléments partis. À ce propos, l’USM Alger a déjà réussi à faire revenir son ancien buteur-maison Abderrahmane Meziane de Tunisie, en attendant peut-être le milieu de terrain Mohamed Benkhemassa, qui vient de quitter la formation espagnole de Malaga, alors que le gardien international Azzeddine Doukha effectue son retour en Algérie en s’engageant avec la JSK après un expérience de plusieurs années dans le championnat saoudien. Une importation qualitative à laquelle devraient se livrer même les autres clubs de Ligue 1, comme le CRB, l’ESS, le MCA, la JSK, le CSC et la JSS, pour rester un top niveau, et par conséquent, pouvoir continuer à rivaliser avec les meilleurs, même à l’échelle continentale.