Libye

TENSIONS EN LIBYE : Qui cherche à impliquer l’Algérie et son Armée ?

Les efforts diplomatiques engagés récemment par l’Algérie avec ses partenaires stratégiques et amis, pour ne citer que la Russie, allant dans le sens de peser politiquement et pacifiquement sur l’échiquier libyen et de-là aboutir à un arrêt des hostilités pour pouvoir aborder le dialogue inter-libyen autour de la table, dérange, on ne peut plus clair, les promoteurs du chaos et leurs sous-traitants dans la région.

Sinon comment expliquer la dernière campagne pernicieuse consistant à attribuer des propos au chef d’État-major de l’Armée nationale populaire sur le développement de la situation en Libye ? En effet, sur des pages facebook dirigées depuis … l’Égypte avant d’atterrir chez nous, les auteurs attribuent des déclarations farfelues au chef de l’ANP. Or, jamais Saïd Chanegriha, depuis qu’il est en poste, n’a prononcé un propos qui pourrait s’assimiler à une quelconque « position » de l’Armée sur une question qui engage le président de la République. D’abord, il y a lieu de faire savoir aux auteurs d’une telle assertion dénuée de tout fondement que la doctrine de la diplomatie algérienne ne permet jamais de s’immiscer dans les affaires internes des pays tiers, fussent-ils des voisins et frères comme la Libye, et que toute position de l’Algérie engage la compétence du président de la République, seul habilité à s’en exprimer. Et aux dernières nouvelles, le chef de l’État a maintes fois recadré le débat sur la position, du reste immuable, de l’Algérie qui, demeure à équidistance de toutes les parties en conflit en Libye. C’est-à-dire que l’Algérie, qui s’est proposé un rôle de médiateur, « ne soutient ni les uns ne s’oppose aux autres » parmi les belligérants impliqués dans la crise. N’est-ce pas là une position affranchie de toute influence étrangère et couplée d’un remarquable travail diplomatique, qui reste en travers de la gorge de ceux qui voudrait faire du territoire libyen une proie entre les griffes des charognards ?
De toutes ses nombreuses sorties médiatiques sur la crise libyenne, le président Tebboune n’a pas démérité, ne serait-ce que d’un mot, sur la crise libyenne, dont il met les intérêts de son peuple souverain au-dessus de tous les enjeux. Pas loin que jeudi encore, le chef de la diplomatie a rappelé la disposition d’Alger à abriter les pourparlers du dialogue inter-libyen. Revenant maintenant à l’ANP. Dans un communiqué-démenti diffusé avant-hier sur son site web, le MDN dénonce avec vigueur ce qui est colporté sur les réseaux sociaux ces derniers jours. Si non, des « allégations fallacieuses et infondées », attribuées au Général de Corps d’armée, Chef d’État-major de l’ANP, sur « Des évolutions récentes de la situation en Libye».
Ainsi, Le MDN  « dément formellement ces rumeurs et affirme que ces propos mensongers, qui visent à semer le trouble et la discorde et à orienter l’opinion publique vers un alignement sur des agendas douteux, ne servent pas l’objectif louable et la position immuable que l’Algérie a toujours veillé à honorer envers l’État libyen frère ». Et à l’Institution militaire de rappeler la devise diplomatique de l’Algérie, autrement sur une position affirmée et réaffirmée par le Président. Enfin, pour faire taire cette campagne d’intox, l’ANP réitère le postulat selon lequel le chef de l’état est « l’unique Autorité constitutionnellement habilitée à statuer officiellement sur les positions de la République Algérienne Démocratique et Populaire quant aux questions internationales et régionales sensibles ».
Farid Guellil