Surcharges

SURCHARGE DES CLASSES : « Un problème  très sérieux », selon un syndicaliste

Au moment ou les responsables du secteur de l’Education nationale tentent de minimiser le problème de surcharge des classes, des syndicats qui, preuve à l’appui, font état d’un tout autre constat. Le premier jour de la rentrée scolaire a suffit de révéler l’ampleur de la situation, à en croire le secrétaire général du Satef, Boualem Amoura qui évoque des cas ou le nombre d’élèves dépasse 40 par classe. Contacté, hier, Amoura n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour décrire une situation « catastrophique » au niveau de nombreux établissements scolaires des trois paliers des quatre coins du pays.

Selon des rapports dont des photos et des vidéos qui ont été envoyés par les adhérents locaux à son syndicat, notre interlocuteur a fait état d’un problème « très sérieux » de surcharge des classes. Relevant, cependant, que cela n’est pas le cas dans toutes les écoles, il a tout de même laissé entendre que la majorité des établissements sont confrontée à cette situation. À tel point, a-t-il indiqué, que des parents aient même décidé de ne pas envoyer leurs enfants à l’école, compte tenu de la désorganisation et des mauvaises conditions de scolarité qui y règnent. Il citera, en plus de surcharge accentuée des classes, l’absence de cantines scolaire, ou encore des risques d’effondrement des murs de certains établissements et l’insécurité qui guettent les élèves à la sortie de l’école. Bien que le problème de surcharge des classes existe depuis des années, il est à noter que le retour au système s’enseignement normal après trois années de Covid a accentué le phénomène, puisque durant toute cette période les classes étaient divisées en deux ce qui avait dissimulé la surcharge.

« Retour aux années post indépendance »
« En 2022, au lieu d’atteindre les objectifs de la loi d’orientation scolaire, nous constatons malheureusement que c’est l’inverse qui se produit », regrette le SG du SATEF, qui fait allusion à un retour aux années post indépendance lorsque les classes contenaient plus de 60 élèves. Selon lui, si autrefois cela a été possible, ce n’est plus le cas maintenant d’autant que la plupart des classes ne peuvent pas contenir plus de 30 élèves, alors que la norme énoncée dans la susdite loi sont fixées à pas plus de 25 élèves par classe. Toujours selon notre interlocuteur, la construction de nouvelles cités d’habitations (sociales et AADL) notamment dans les grandes villes du pays sans pour autant construire des écoles à proximité, a aggravé d’avantage la situation. « Il se trouve que des parents n’ont toujours pas pu inscrire leurs enfants à l’école, comme c’est le cas à Oran », a-t-il révélé.

« Une responsabilité partagée entre différents secteurs »
Par ailleurs, Boualem Amoura a reconnu que l’origine du problème de la surcharge des classes ne devrait pas être endossée au ministère de l’Education à lui seul. Selon lui, la responsabilité est partagée entre les walis, les directeurs de logements et des équipements publics ainsi qu’aux directeurs de l’éducation. Ces départements ont failli à leurs missions, laisse entendre notre source, qui pointe du doigt le manque d’anticipation et de planification, regrettant qu’il n y a pas assez d’établissements scolaires construits, au moment ou le nombre d’habitants ne cesse de progresser. Il a aussi attiré l’attention sur le retard constaté à chaque fois dans la réalisation de ces infrastructures, et le manque de suivi et de contrôle de ces projets par les autorités concernées.
Ania Nch