SNTF

SON PDG DIT S’ATTENDRE À UNE AIDE DE L’ÉTAT : Près d’un milliard DA de perdu pour la SNTF

La crise de coronavirus a pesé lourdement sur les comptes de la SNTF (Société nationale des transports ferroviaires). Après une année marquée par des grèves, le recul du transport de la marchandise et le vol de câbles qui a pris de l’ampleur avec la réduction du personnel sur les voies ferrées, la crise actuelle va encore davantage entamer les comptes de la Société nationale de transport ferroviaire.

Selon son PDG, le manque à gagner devrait s’élever, depuis la suspension de ses activités en raison du Covid-19 jusqu’à fin avril dernier, à un milliards DA de son chiffre d’affaires, soit 50 % par rapport à la même période de l’année dernière. « Le calcul de l’impact réel de la pandémie du Covid-19 sur le mouvement des voyageurs et les recettes de la SNTF sera établi à la fin du mois de novembre prochain, lors de l’évaluation annuelle de l’activité ferroviaire », a indiqué Yacine Bendjaballah, PDG de la SNTF, sur la Chaîne 3 de la Radio nationale, espérant une aide des pouvoirs publics pour «maintenir les entreprises stratégiques en vie et maintenir un service public de qualité ». « Pour le moment, on nous a chargé de leur donner une situation ; chose faite au niveau de notre tutelle qui sera consolidée et transmise à qui de droit pour étudier les solutions à entreprendre et venir en aide aux entreprises qui ont souffert de la pandémie », a-t-il précisé. Pour la SNTF, la difficulté se situe juste dans le manque de trésorerie généré par l’absence des recettes de voyageurs encaissées directement par l’entreprise, a expliqué Bendjaballah. « On est en train de répondre au remboursement des emprunts du financement du plan d’investissement 2015-2020 ; donc il n’y a pas de souci à ce niveau. On risque, néanmoins, d’avoir un petit souci le mois prochain et c’est un problème de trésorerie », a-t-il prévenu. Selon Bendjaballah, la SNTF a investi près de 68 milliards de dinars entre 2015 et 2020 pour le renouvellement du matériel roulant et le développement de son activité. « Nous sommes sur le point de boucler notre programme d’investissement pour la période 2015-2020, qui nous a coûté 68 milliards de dinars et qui nous a permis l’acquérir de nouveaux moyens de transport,  d’ouvrir de nouvelles destinations, de réhabiliter 80 % des voitures et 90 % des locomotives exploitées », a-t-il expliqué. La SNTF a pu atteindre, dans le cadre de ce programme, la majorité des ses objectifs notamment celui de couvrir ses charges par les revenus de ses propres activités, selon Bendjaballah. Un deuxième programme d’investissement devrait être lancé pour la période 2020-2025 et sera financé principalement par le restant des 127 milliards de dinars déjà attribués par l’État en 2011 pour développer son activité, a précisé Bendjaballah, soulignant que ce programme sera lancé « dès que les conditions s’y prêtent ».  « Nous avons commencé à travailler sur les prévisions 2020-2025, nous avons eu l’accord de principe de notre tutelle pour l’acquisition de nouveaux moyens à partir de 2020, mais aujourd’hui cette question n’est pas d’actualité du fait que nous sommes beaucoup plus concentrés sur la situation sanitaire », a-t-il regretté. Outre l’achat de nouveaux moyens, la SNTF compte, dans son programme 2020-2025, se lancer davantage dans le transport universitaire, achever la réhabilitation de l’ancien parc, reprendre les anciennes lignes à l’arrêt à l’instar des lignes de Skikda et Jijel et ouvrir de nouvelles lignes en prenant avec plus de précision les besoins des voyageurs. Évoquant l’impact de la pandémie du Covid-19, le directeur général a estimé que la situation était « inquiétante » en raison de l’arrêt de l’activité qui a entrainé une absence de recettes, des charges additionnelles d’entretien du matériel, de transport de personnel, et des opérations de prévention (désinfection, masques..), en plus des pertes causées par les vols de câbles électriques et de matériels. Pour faire face à cette situation, il est envisagé d’apporter une aide financière de l’État au profit de la SNTF, a estimé Bendjaballah. « Nous continuons à rembourser nos dettes relatives au plan d’investissement 2015-2020, il n’y a pas de soucis à ce niveau-là. Néanmoins, nous risquons d’avoir un problème de trésorerie à partir du mois prochain, à cause du manque de recettes encaissées directement des voyageurs (…) le problème est posé et notre tutelle est sensible à cette question », a précisé le PDG de la SNTF.
Hamid Mecheri