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SAÏD BOUTEFLIKA : « J’ai connu Tayeb Hachemi à la prison d’El-Harrach, et Louh, il m’a filé son numéro » 

Appelé à la barre dans le cadre du procès l’impliquant avec l’ancien ministre de la Justice, Tayeb Louh, en plus de l’homme d’affaires Ali Haddad, Saïd Bouteflika, le conseiller et frère cadet du défunt ex-président, s’est présenté à la barre.

Cette affaire dont laquelle Louh est poursuivi pour « entrave à la justice » concerne les échanges SMS entre les trois hommes cités. Après avoir tenté de rebondir sur l’affaire dite « complot contre l’autorité de l’État et de l’Armée », Saïd Bouteflika est interpellé par le juge au sujet de la présente affaire. « Je suis poursuivi dans l’affaire Chakib Khalil et Beur TV », a répondu l’accusé, enchainant que le 19 mars 2018, Saïd avait « envoyé un SMS à Louh » concernant l’affaire de Haddad, précisant qu’il a coupé le contact avec l’ancien patron de l’ETRHB depuis lors. Quant au cas de Chakib Khalil, « l’affaire n’est pas seulement d’ordre judiciaire, mais elle est aussi politique. Lorsque Bouteflika est venu en 1999, que Dieu lui accorde sa miséricorde, et après la mort de Boumediène, il a beaucoup subi lui et sa famille. Que Dieu leur pardonne, mais il pardonnerait tout sauf d’avoir touché sa mère ». Au sujet des relations entre Bouteflika et Chakib, Saïd a indiqué que tout ce qui a été rapporté à ce sujet est « faux ». « Nos seuls voisins étaient Chakib Khalil. Les gens qui lui ont fait du mal, il les a réhabilités et leur a octroyés des postes. Et le seul à être poursuivi est Chakib Khalil ? C’est invraisemblable », défend l’accusé devant le juge.
Et à lui de poursuivre, qu’en « matière de  secret d’État, il y a des choses dont je ne voulais pas parler, car quand on disait que Bouteflika est mon frère, cela ne veut pas seulement dire que nous sommes issus de mêmes parents…je me suis instruis auprès de lui (Bouteflika), auprès de Benbella, de Boumediène … » À propos de l’affaire du mandat d’arrêt lancé en 2013 à l’encontre de Chakib Khalil, Saïd Bouteflika livre son témoignage et cite l’ex-ministre de la Justice. « Zeghmati a envoyé une lettre au Président (Bouteflika, ndlr) pour s’excuser et dire qu’il était en vacances et le ministre m’a parlé et m’a ordonné tel ou tel, et il paraissait clairement qu’il a été instruit par le ministre de la Justice ».
Et de revenir sur sa relation avec l’ancien ministre de l’Energie, en disant que « j’étais en contact permanent avec Chakib Khalil avec lequel on s’est échangés beaucoup de visites, car nous sommes une seule famille ».
Et à Saïd d’aborder que lorsqu’on disait que « l’internet et les réseaux sociaux constituent une menace pour notre pays, pourquoi n’ont-ils pas dit cela lorsqu’ils faisaient la promotion de Saïd (lui-même, ndlr), lorsqu’il avait volé les richesses du pays au point que lorsqu’une usine était réalisée, ils disaient que Saïd était et s’est emparé du pouvoir ».
Après avoir témoigné de ses déclarations, l’accusé se défend devant le juge : « je suis innocent de toutes les charges retenues contre moi » À ce moment-là, le procureur de la République lui pose cette question : « Louh ne vous a-t-il pas filé le numéro de téléphone de Tayeb Hachemi (l’ancien inspecteur général du ministère de la Justice, ndlr)? ». Saïd répond : « je l’ai connu à la prison d’El-Harrach, et Louh il m’a donné son numéro ».
F. Guellil