Un rapport sur la situation des droits humains au Sahara occidental occupé a été présenté jeudi à Genève, en marge d’un événement organisé dans le cadre de la 62e session du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies. Le document met en lumière une aggravation des violations commises dans le territoire au cours de l’année dernière.
Intitulé « Sahara occidental : revue annuelle, rapport annuel sur les droits de l’Homme 2025 », ce travail a été réalisé par le Groupe de travail sur les droits humains au Sahara occidental occupé, avec l’appui d’experts internationaux et de deux organisations partenaires : la Fédération catalane des associations solidaires avec le peuple sahraoui (ACAPS) et l’Institut international pour l’action non-violente (NOVACT). Le rapport documente 170 violations des droits humains imputées à l’occupation marocaine dans les territoires concernés. Ses auteurs précisent toutefois que ces chiffres ne reflètent pas l’ampleur réelle de la situation, en l’absence d’un mécanisme indépendant et permanent de surveillance. Un quart des cas recensés concerne des prisonniers sahraouis, suivis par des situations liées au siège, à la surveillance domiciliaire, à l’assignation à résidence et aux restrictions d’accès au territoire. Le rapport souligne que la répression et les pratiques de représailles subies par les Sahraouis revêtent un caractère structurel et cumulatif. Le document évoque également le cas du groupe de détenus de Gdeim Izik, ainsi que la situation des défenseurs des droits humains, affirmant que toute personne perçue comme une menace pour l’occupation marocaine est visée depuis plus de cinquante ans.
Journalistes et liberté de la presse visés
Le rapport pointe une intensification des actes hostiles envers les journalistes et des restrictions imposées à la liberté de la presse, notamment via des attaques informatiques contre des médias. Selon le document, entre 20 et 25 journalistes, observateurs, militants et défenseurs des droits humains ont été expulsés, empêchés d’entrer dans le territoire ou bloqués dans leurs activités de surveillance durant la seule année 2025. Les libertés d’expression, de réunion et d’association demeurent également restreintes, les forces d’occupation empêchant divers rassemblements et toute forme d’expression politique dans la vie publique et sociale.
Les jeunes et les étudiants sous pression
Le rapport signale une répression croissante visant la jeunesse sahraouie et le mouvement étudiant dans les universités marocaines, confrontés au chômage, à l’intimidation et à des arrestations liées à leur engagement politique, les étudiants étant particulièrement ciblés. Il relève par ailleurs un recours accru aux sanctions économiques et aux mesures de représailles sur les lieux de travail comme moyen de contrôle, ainsi qu’une accélération des saisies de terres appartenant à des Sahraouis et la poursuite du pillage de leurs ressources, en violation de décisions judiciaires.
Les observateurs internationaux indésirables
Le rapport souligne que le Maroc continue de fermer le territoire aux observateurs internationaux, qui font face à des restrictions, des expulsions et des refus d’entrée. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme n’a pas été autorisé à effectuer de missions de surveillance régulières dans le territoire depuis dix ans. Le document conclut que la situation au Sahara occidental occupé continue de susciter de sérieuses préoccupations quant à l’état général des droits humains, en particulier concernant la possibilité pour le peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination. L’événement, animé par la juriste sud-africaine Cathrine Constantinides, a réuni plusieurs personnalités sahraouies et coordinateurs d’organisations internationales, dont Mohamed Lamine Haddi, défenseur sahraoui des droits humains lauréat 2025 du prix de l’organisation Front Line Defenders, ainsi que Hayat Saïd, chercheuse et coauteure du rapport annuel 2025, et la militante Aminatou Haidar.
M. S.













































