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RIPOSTE CITOYENNE À LA DÉCISION DES AUTORITÉS FRANÇAISES SUR LES VISAS : « Son application : c’est instaurer de fait une citoyenneté à deux vitesses »

La riposte citoyenne en France, et du côté de la région nord-africaine, à la décision de Paris de procéder à la réduction drastique du nombre de visas délivrés aux demandeurs de trois pays nord-africains : Tunisie, Algérie et le Maroc, n’a pas tardé à tomber. En effet des organisations de la société civile activant dans divers domaines et des partis politiques en France ont affirmé, dans une déclaration-pétition parvenue à notre rédaction, que par cette décision des autorités françaises « nous atteignons un degré d’ignominie invraisemblable avec les délires d’un candidat à la présidentielle (non déclaré pour l’instant) qui en appelle à «la pureté de la race française» ! » lit-on.
Rappelant que la décision en question des responsables français, à leur tête leur président Emmanuel Macron est semblable à des mesures et des postures adoptés bien avant lui par « l’extrême droite et nombre de leaders de la droite », les signatairees dénoncent dans le texte, «  les surenchères sur le dos des maghrébins » en cette période électorale, que l’actuel locataire espère emprunter pour la seconde fois les marches vers le Palais de l’Elysée. Bousculé par le désintéressement de la présidentiel par les français, lequel hante non seulement Emmanuel Macron, les signataires affirment que
«  le président de la République n’a pas trouvé mieux que de surenchérir en décidant la limitation de délivrance des visas à hauteur de 50 % aux demandeurs venant des trois pays du Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie), invoquant le refus des autorités de ces trois pays de délivrer plus de laissez-passer, par leurs consulats, aux migrants sous le coup d’une obligation à quitter le territoire (OQTF)». Pour ces associations et partis politiques notamment français « cette mesure met, de nouveau, à l’index une population stigmatisée depuis toujours », affirment-ils, mais elle risque également, soulignent les signataires, «de toucher gravement les échanges familiaux de Françaises et de Français d’origine maghrébine, instaurant, de fait, une citoyenneté à deux vitesses ». On citera parmi les pétitionnaires nombreux des deux rives de la méditerranée : l’Association Citoyenneté, développement, cultures et migrations des Deux-Rives (CDCMIR), Association El-Ghorba, Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (ACORT), Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA), Association féministe Tharwa n’Fadhma n’Soumeur, Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), Association des travailleurs maghrébins en France (ATMF), Coalition internationale des sans-papiers migrants (CISPM), Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne (ATTAC), Centre de recherche et d’information pour le développement (CRID), Centre de recherches et d’initiatives de solidarité internationale (CEDETIM), Europe solidaire sans frontières (ESSF), France et bien d’autres. Côté partis politiques signataires de cette déclaration-pétition qui met à nu la politique française en matière de la libre circulation de personnes, en violation avec le droit internationale et la déclarations des Droits de l’Homme, on citera, Europe Écologie Les Verts (EELV), Nouveau Parti anti-capitaliste (NPA), pour une écologie populaire et sociale (PEPS) , Parti communiste français (PCF) et Parti des travailleurs de Tunisie, section France, et la liste des pétitionnaires est longue. Pour ces derniers, «  il est urgent de s’élever contre une aussi grave atteinte aux droits humains qui porte, pour des raisons de chantage honteux » précisent-ils,
«  atteinte à la libre circulation de citoyens ayant leurs attaches aussi bien en France qu’au Maghreb », rappellent les rédacteurs de la déclaration-pétition. Cette mesure, relèvent-ils, «  est le signe d’une grave pollution du débat public, mettant en avant les thèses les plus extrémistes » visant, selon eux, « encore une fois à imposer le thème de l’immigration, pour escamoter les véritables questions liées à la justice sociale, la solidarité et l’égalité des droits, » lit-on . Concluant leur déclaration par « nous, associations signataires, réclamons l’arrêt de cette mesure discriminatoire et inhumaine », ces associations et partis politiques dont ceux de France lance un appel « à l’ensemble des acteurs de la société civile, tant en France que dans les pays du Maghreb, à se mobiliser pour empêcher de telles dérives » précisent les signataires.
Karima Bennour