Belani-De Mistura

RENCONTRE BELANI- DE MISTURA : L’Algérie fidèle à ses positions de principe

L’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU chargé du dossier du Sahara occidental poursuit son périple dans la région. Ainsi, après avoir fait escale dans les territoires occupés et rencontré le président de la RASD,  Ibrahim Ghali, dans la région Amar Belani, l’envoyé spécial chargé de la question du Sahara occidental et des pays du Maghreb, Amar s’est entretenu mercredi à Alger avec l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, qui effectue une visite de travail en Algérie, au terme de sa première tournée dans la région, a indiqué jeudi  un communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l’étranger.
Au cours de cet entretien Belani a présenté la position de l’Algérie aussi bien sur la question de fond que sur les aspects liés au format en insistant en particulier sur la nécessité d’engager, lorsque les conditions seront réunies, des négociations directes, de bonne foi et surtout sans conditions préalables entre les deux parties au conflit, (le Front Polisario et le Maroc) qui sont identifiés en tant que tels dans les résolutions du Conseil de Sécurité », indique le même communiqué. Pour sa part, De Mistura a présenté, en termes généraux, les contours de son mandat visant à relancer le processus politique qui se trouve dans l’impasse en raison de l’intransigeance de la partie marocaine qui ne cesse de multiplier les entraves et les conditions rédhibitoires en vue de perpétuer le fait accompli colonial », selon le texte. Il faut préciser dans ce cadre que le Maroc et malgré les résolutions de l’Onu et du Conseil de sécurité continue de faire la sourde oreille à la volonté de la communauté internationale de parvenir à un règlement juste au plus vieux problème de décolonisation en Afrique.  Profitant du fait que ces résolutions ne sont pas contraignantes, Rabat, profitant du soutien de certains pays, membres du Conseil de sécurité, continue de tergiverser et de faire obstruction à la mise en œuvre d’un processus permettant au peuple sahraoui de faire valoir son droit à l’autodétermination. Il faut rappeler dans ce cadre que les Chefs d’Etat et de Gouvernement du Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union africaine ont appelé, le 09 mars 2021, les deux Etats membres, le Maroc et la RASD, à engager des pourparlers directs et francs et sans aucune condition préalable conformément à l’article 4 de l’acte constitutif de l’Union africaine », pour parvenir à une solution juste et équitable indique le communiqué du ministère des Affaires étrangères et la Communauté nationale à l’étranger. La délégation algérienne qui avait participé aux travaux avait souligné l’importance de réactiver et de revitaliser le plan de règlement conjoint de 1991 (ONU-OUA), en tant que seul accord accepté par les deux parties au conflit et endossé, à deux reprises, par le Conseil de sécurité.
De Mistura devra également se rendre en Espagne pour explorer les voies permettant à l’ancienne puissance coloniale de faire pression sur le Maroc pour permettre la reprise de négociations directes et franches entre les parties en conflit suspendues depuis les rencontres de Manhasset (2007- 2012) en raison du manque de volonté du Maroc de parvenir à un accord juste. Il faut rappeler dans ce cadre que l’Espagne qui avait décidé après la mort du roi  Franco, de se désengager du Sahara occidental et du Rio de Oro, avait discuté avec le Maroc pour lui céder l’administration des territoires avec la possibilité de mettre en œuvre un processus de référendum d’autodétermination. Le Maroc était passé outre cet accord et avait organisé une marche verte qui avait permis à des marcheurs marocains de s’installer dans les grandes villes du Sahara occidental sous l’œil bienveillant du contingent espagnol encore en place.
Slimane B.