La remise sur rails des relations entre l’Algérie et le Mali s’opère à un rythme accéléré. Aujourd’hui, lundi 14 septembre 2026, le Premier ministre, Sifi Ghrieb, effectue une visite officielle à Bamako à l’invitation de son homologue malien, le général de division Abdoulaye Maïga, pour discuter du renforcement de la coopération bilatérale entre les deux pays. Les observateurs estiment que le séjour de Sifi Ghireb à Bamako est également destiné à préparer la visite prévue en Algérie du général d’Armée Assimi Goïta, président de la Transition, chef de l’Etat du Mali. Il y a moins d’un mois, en visite de travail en Algérie et au sortir de l’audience que lui avait accordée le président Abdelmadjid, le Premier ministre malien avait, en effet, fait savoir être venu en Algérie porteur d’un message du général d’armée Assimi Goïta « à travers lequel il remercie son frère, son Excellence le Président Abdelmadjid Tebboune, pour l’invitation qu’il lui a adressée à effectuer une visite officielle en Algérie ». Il avait, à ce propos, précisé que le président Goïta considérait cette invitation comme « une marque d’affection et de considération à son endroit et à l’endroit du peuple malien frère », soulignant qu' »il a naturellement marqué son accord pour effectuer cette visite officielle en Algérie, si Dieu le veut, la date devant être fixée par les canaux diplomatiques habituels ». Le président Assimi Goïta a rappelé, dans son message que « le constat a été fait clairement que l’Algérie et le Mali partagent la géographie », reprenant, dans ce contexte, la déclaration du président Tebboune, selon laquelle « nous ne pouvons pas changer la réalité géographique, ni s’en éloigner ». Pour les observateurs, l’évolution prise, après décantation, par les relations algéro-maliennes a donné raison à l’Algérie qui s’attache à la souveraineté des États voisins contre les ingérences extérieures et s’attache aussi à leur stabilité qui est la condition de toute dynamique de développement. Cela rejoint le souci d’éviter à ces pays de voir leur pauvreté exploitée par des interventions étrangères notamment par les émiratis à travers l’encouragement du terrorisme et les trafics en tout genre, particulièrement la drogue. Les observateurs algériens soulignent que la visite de Sifi Ghrieb à Bamako est d’une importance stratégique capitale. Il s’agit de renforcer la dynamique diplomatique qui pousse en avant les relations entre les deux pays et favorise le traitement des questions qui les préoccupent, en particulier au plan sécuritaire et de lutte contre le terrorisme. L’approche de l’Algérie accorde une place prioritaire aux efforts de développement en tant que facteur de stabilité dans la région du Sahel. En août dernier, le Premier ministre malien avait indiqué que le président Tebboune lui a prodigué de « sages conseils », relevant que « l’histoire commune des deux pays constitue un acquis et un point de départ pour s’inscrire dans la marche de la modernité et du progrès ». Auparavant, le 6 août, intervenant, à Bamako, lors du Grand Oral consacré au bilan des cinq années de la Transition au Mali, Abdulaye Maïga avait parlé d’une « convergence totale de vues » entre le président Goïta et le président Tebboune, notamment sur les principes de « respect de la souveraineté des États et de non-ingérence dans les affaires intérieures ». Répondant aux questions des journalistes, il avait reconnu que des « divergences » avaient existé il y a quelques mois sur certains sujets, tout en précisant qu’elles « sont désormais dépassées ». Le Premier ministre malien avait, enfin, réaffirmé la volonté commune des deux pays de bâtir « une région pacifiée, sécurisée et débarrassée du terrorisme, du néocolonialisme et de toute prétention hégémonique ». Il avait conclu en rappelant que « malgré les divergences qui peuvent parfois surgir en diplomatie, les relations entre le Mali et l’Algérie demeurent fondées sur le dialogue, le respect mutuel et la défense des intérêts des deux États ».
M’hamed Rebah

