MOHAMED BOUSLIMANI : « Nous sommes en guerre médiatique » 

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Face à la multiplication des actes hostiles visant à déstabiliser le pays à travers ce qui est communément appelé la guerre hybride, les médias devraient être en première ligne de défense. 

Le ministre de la Communication, Mohamed Bouslimani, a annoncé la finalisation prochaine des textes d’application de la loi organique relative à l’information, ainsi que l’installation des autorités de régulation. Il a également fait état d’un vaste programme de formation destiné aux journalistes des secteurs public et privé, toutes spécialités confondues, dans le cadre des efforts de modernisation de la presse nationale.  Invité hier de l’émission « L’Invité du jour » de la Chaîne 3 de la Radio algérienne, le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer le professionnalisme des médias, d’accélérer leur transition numérique et de les mobiliser face aux campagnes de désinformation visant l’Algérie. « Nous sommes en guerre médiatique. Nous devons être mobilisés », a-t-il déclaré, appelant à privilégier l’anticipation, la vérification des faits et la diffusion rapide d’une information crédible. « L’ère de la réaction est révolue. Maintenant, il faut agir », a-t-il affirmé.

Régulation, formation et transition numérique : les chantiers prioritaires

Concernant la réforme du secteur, Mohamed Bouslimani a souligné l’importance de l’achèvement du dispositif réglementaire et de l’installation des autorités de régulation pour mieux encadrer l’exercice de la profession et accompagner le développement des médias audiovisuels, écrits et numériques. Il a également annoncé la poursuite des rencontres avec les professionnels afin de maintenir le dialogue et de répondre aux préoccupations des journalistes et des entreprises de presse. La formation constitue un autre axe majeur de cette démarche. Le ministre a rappelé que celle-ci représente à la fois un droit pour les journalistes et une responsabilité pour les entreprises de presse, appelées à assurer la mise à niveau permanente de leurs personnels. Sur le volet numérique, il a plaidé pour l’adoption d’un nouveau modèle économique de la presse, estimant que le digital est désormais indispensable à la viabilité des entreprises médiatiques. Il a notamment évoqué la nécessité de disposer d’instruments fiables de mesure d’audience pour valoriser les contenus numériques. Le paysage médiatique national compte plus de 200 titres de presse écrite et 142 sites d’information, tandis que l’Entreprise publique de télévision dispose de 11 chaînes.  Le ministre a également insisté sur la protection sociale des journalistes, la généralisation des contrats de travail et la fin du travail non déclaré. Il a, par ailleurs, évoqué les dispositifs d’aide prévus par la législation sur l’information ainsi que les soutiens indirects de l’État, notamment pour l’impression et le coût du papier.

Mobiliser la presse et valoriser les réalisations 

Face aux campagnes hostiles et aux tentatives de désinformation, Mohamed Bouslimani a appelé les médias à renforcer leur vigilance et à contribuer à la consolidation du front interne et de l’unité nationale. Il a également exhorté les journalistes à mieux couvrir les grands projets structurants engagés par l’État, citant notamment le projet minier de Gara Djebilet et les infrastructures ferroviaires associées, la liaison ferroviaire Alger-Tamanrasset, les programmes de logements, les efforts dans le domaine du médicament et de la sécurité sanitaire, ainsi que les stations de dessalement d’eau de mer.  Le ministre a aussi mis en avant le rôle de la presse locale, qu’il considère comme un lien essentiel entre les citoyens et les institutions, notamment dans la lutte contre les rumeurs. Il a rappelé les difficultés d’accès aux responsables et aux sources officielles soulevées par les journalistes locaux lors de ses visites dans 41 wilayas en 2023.

Pour une couverture adéquate du prochain scrutin

À l’approche de l’échéance électorale du 28 novembre, il a assuré que les moyens nécessaires seraient mobilisés pour garantir une couverture médiatique dans de bonnes conditions. Une coordination a été engagée avec l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), tandis que des dispositifs d’accueil et de travail pour les journalistes nationaux et étrangers doivent être préparés au Centre international de conférences. Cette intervention a également été marquée par un hommage aux pionniers de la Radio et de la Télévision algériennes, à l’occasion du 64e anniversaire du recouvrement de la souveraineté nationale sur les deux établissements. Le ministre a rappelé le rôle des travailleurs algériens qui, le 28 octobre 1962, avaient assuré la continuité des émissions malgré le départ des techniciens français, soulignant que leur détermination doit inspirer les nouvelles générations. Il a conclu en appelant les journalistes à faire de l’information crédible, de la proximité et de la défense de l’intérêt du citoyen leurs priorités, souhaitant qu’ils soient « les nouveaux moudjahidine ».              

Ania N.