Saif Al-Islam, son of Libyan leader Muammar Gaddafi, speaks of oil recovery round during an interview in Nice

Règlement de la crise libyenne : Seif El-Islam Kadhafi à la rescousse

Le sanglant conflit qui déchire ce pays voisin et frère implique un nombre effrayant d’acteurs étrangers, ce qui rend chimérique l’éventualité de dégager une solution consensuelle qui satisfasse toutes les parties.

Le président Tebboune, lors de sa traditionnelle rencontre avec des responsables de la presse algérienne, n’avait pas laissé d’aborder ce sujet qui intéresse au plus haut point notre pays. La stabilité de la Libye influe en effet sur celle de tout le Maghreb, ainsi que la vaste bande sahélo-saharienne. La Libye, depuis l’assassinat programmé de Mouammar Kadhafi, est devenue un vivier et un sanctuaire pour les criminels et trafiquants d’armes de tous poils et de tout acabit. pour les terroristes. Alger, qui fait de son refus de s’ingérer dans les affaires internes et souveraines de quelque autre État, peut à tout le moins accepter d’être un facilitateur du dialogue entre deux parties devenues quasi inconciliables. Dans cette entreprise de médiation et de bon voisinage, également souhaitée par Moscou, Alger a à faire valoir sa sincérité et sa bonne volonté. Depuis l’éclatement du conflit libyen, en effet, l’Algérie s’est scrupuleusement tenue à équidistance entre les deux parties en conflit. Elle est donc la mieux qualifiée pour « obliger tout ce beau monde à rejoindre la table des négociations. Et si des pays s’affrontent par milices interposées comme le font l’Egypte, la France, l’Arabie saoudite et la Turquie ces derniers ne devraient plus avoir droit au chapitre. Il faut ajouter, par ailleurs, que l’évolution du conflit sur le terrain a de quoi pousser le maréchal Haftar, en train de perdre sa guerre face aux troupes se battant sous la bannière du gouvernement dit « d’union nationale, et que soutient l’ONU ainsi que la communauté internationale. Il convient d’ajouter, nous expliquent des sources diplomatiques qui suivent de près ce dossier, que la situation s’est gravement envenimée sur le terrain, alors que ce peuple vit un véritable drame sur le plan humanitaire. Des centaines de personnes trouvent quotidiennement la mort dans leur périlleuse traversée de la Méditerranée paradoxalement, donc, c’est le fils charismatique du défunt « guide libyen » qui a le plus de chance de cristalliser un semblant de consensus autour de sa personne. Cette entreprise reste donc celle de la dernière chance. La fin de ce conflit, où chaque partie trouve son compte, à l’exception du peuple libyen lui-même. Nos sources concluent que l’initiative russe a pour objectif de sonder la popularité du clan des Kadhafi, sa capacité à fédérer les puissantes tribus libyennes, véritables détentrices du pouvoir informel en Libye. La troisième voie permettrait de se débarrasser du très encombrant Maréchal Haftar et, surtout, de ses dangereux soutiens égyptiens, saoudiens, émiratis et français tout en neutralisant la Turquie et le gouvernement fantoche de Fayaz Al-Serradj à Tripoli. La situation demeure explosive autour de Syrte, l’ancien fief des Kadhafi, où des frégates de la marine de guerre turque commencent à se déployer au large. Des affrontements quasi directes ont failli éclater entre vaisseaux de guerre turcs et français, alors que ces deux pays sont censés être tous deux membres de l’OTAN. L’Égypte du Maréchal Abdelfettah al-Sissi a commencé à mobiliser et à armer des mercenaires avec des fonds émiratis les plus puissantes tribus libyennes de Cyrénaïque, sont notamment les Abidat ainsi que celles ayant des ramifications en Égypte occidentale. C’est dire que si le président égyptien ose mettre la main à la pâte en s’impliquant directement dans ce conflit, un mortel retour de flamme risque de lui souffler directement à la face. . Le véritable enjeu du conflit libyen est la mainmise sur les hydrocarbures et les ressources hydriques de ce pays. L’aide algérienne, quand il s’agit d’apaiser les tensions et de rapprocher les points de vue est bien sûr plus que souhaitable.
Mohamed Abdoun