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RÉACTIONS DE DÉPUTÉS À LA CANDIDATURE ET À L’ENGAGEMENT DU PRÉSIDENT : Satisfécit de l’Alliance et agacement de l’Opposition

L’Assemblée populaire nationale a repris, hier, ses travaux en séance plénière consacrés à la présentation-débat du projet de loi sur les activités nucléaires. presque les huis clos ; puisque l’ordre du jour semble dépassé par l’actualité présidentielle et les manifestations citoyennes en cours.

Du coup, le ministre de l’Énergie, Mustapha Guitouni, se retrouve face à une poignée de députés, à peine une trentaine dans la plénière, afin de débattre du texte de loi.
Dimanche à minuit, en effet, l’opération de dépôt des dossiers de candidatures à la Présidentielle du 18 avril prochain s’est achevée, et a été marquée par la confirmation de la candidature de Bouteflika suivie d’un long message dans lequel le Président-candidat promet des réformes radicales en cas de victoire à l’élection. En réaction, certains députés sur place ont réagi, et comme il fallait s’y attendre, le satisfécit des partis de l’Alliance va être vite contredit par le camp de l’opposition parlementaire.
Pour Bender Kacem, député indépendant, approché sur cette question, il dira que « la lettre adressée par Bouteflika au peuple algérien n’a rien de politique comme réponse. Elle est vide », et de poursuivre que, « par contre le message envoyé par le peuple à travers des manifestations organisées en deux actes, est plein de sens et possède des dimensions importantes », souligne ce député. Kacem précise que « le peuple a demandé la liberté, l’amorce d’une période de transition pour aller de l’avant et surtout pour mettre notre pays au diapason, donc ces revendications ont été légitimes, les marches ont été pacifiques par lesquelles le peuple a donné une leçon de démocratie et de maturité au système actuel et à d’autres Nations », a-t-il indiqué. « Malheureusement, la réponse du président de la République n’a pas été à la hauteur des revendications et des aspirations du peuple. On est habitué à ce genre de réponses qui consistent à gagner du temps parce que, posons-nous la question, ce qu’il n’a pas été fait pendant quatre mandats, et pire encore ce qui n’a pas été fait depuis 2013, soit depuis sa maladie, c’est-à-dire la préparation d’une succession sereine et apaisée.»
Dans sa lecture, ce député a dénoncé le faite que Bouteflika ait déposé le dossier de sa candidature par délégation de son directeur de campagne. «En principe, par respect au peuple, ils ne devaient pas déposer son dossier de candidature, pour moi c’est une insulte au peuple», a-t-il estimé. Un autre député, Mesaoud Amraoui, député de l’Alliance Nahda-Adala-Bina, représentant le courant islamiste, nous a dit que « je ne comprends rien, je ne sais pas quoi vous dire, je suis étonné comme tout le peuple.» Il ajoute « maintenant le peuple doit empêcher la continuité de ce système le jour du vote, et ce, au moment où il a affiché sa détermination et sa maturité », enchaînant « je crois que le peuple pourra le faire cette fois-ci, mais il doit rester mobilisé, vigilant et doit continuer à revendiquer d’une manière pacifique et légitime jusqu’à la satisfaction des revendications du peuple.» Pour Okacha Chayeb, député du FLN qui réagit avec satisfécit et béatitude au message et aux engagements du chef de l’État en tant que candidat. Il a souligné que « le Président Bouteflika est le candidat du FLN et chez les partis de l’Alliance, nous allons le soutenir pour qu’il soit notre Président, vu qu’il ambitionne de continuer sa mission dans le pays. La concurrence sera rude », a-t-il assuré. Un avis qui rejoint celui de la direction politique du FLN qui, en réaction à la lettre de Bouteflika, dans un communiqué publié hier, est un message clair qui ne souffre d’aucune ambigüité sur son soutien aux engagements de Bouteflika. Pour sa part, Omar Boulifane, député RND, un parti de l’Alliance à part entière, dira sur cette question que « le peuple a le droit de manifester pacifiquement pour revendiquer ces droits, tant que la Constitution autorise ce droit et garantit au citoyen dans le cadre de la loi qui fixe les modalités de son exercice. Le 18 avril prochain sera un jour décisif et que chaque citoyen peut donner sa voix au candidat qu’il souhaite voir Président de la République», a-t-il affirmé.
Med Wali