PROJET SIONISTE DE TÉLÉPHÉRIQUE À EL-QODS : Cinq entreprises étrangères renoncent

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La société italienne ROPES a renoncé à participer au projet de téléphérique porté par les autorités d’occupation sionistes à El-Qods.
Ce nouveau retrait intervient sur fond de contestation liée aux menaces pesant sur les habitations palestiniennes et le patrimoine historique de la ville. Le projet de téléphérique à El-Qods occupée enregistre un nouveau revers. La société italienne ROPES, spécialisée dans l’ingénierie des transports par câble, a refusé d’assurer des prestations de conseil, devenant ainsi la cinquième entreprise étrangère à se désengager de cette initiative controversée, rapporte mercredi le quotidien britannique The Guardian. Basée dans le Tyrol du Sud, l’entreprise devait intervenir à la demande de ce que l’on appelle l’Autorité de développement d’El-Qods, qui envisageait de lui attribuer le contrat sans appel d’offres public. Son directeur général, Stefan Obexer, a justifié ce refus par d’autres engagements professionnels en Inde, sans confirmer l’existence de motivations politiques ou juridiques. Approuvé par le gouvernement de l’entité sioniste en 2019, le projet fait l’objet de critiques de la part d’organisations palestiniennes, de défenseurs des droits humains et de spécialistes du patrimoine, qui alertent sur ses répercussions foncières et urbanistiques.

Un tracé contesté
Long d’environ 1,4 kilomètre, le téléphérique doit relier certains secteurs de l’ouest d’El-Qods à un complexe touristique de 16 000 mètres carrés, promu par l’association coloniale Elad à l’entrée de Silwan, près de la vieille ville. Les autorités d’occupation présentent cette infrastructure comme un moyen de faciliter l’accès des visiteurs à la vieille ville et au Mur d’al-Buraq, tout en réduisant la circulation. Ses opposants estiment qu’elle s’inscrit dans une politique d’expansion coloniale visant à renforcer l’emprise sioniste sur les quartiers palestiniens et à transformer le paysage historique. En 2022, la Cour suprême de l’entité sioniste a rejeté les recours déposés contre le projet, qui n’a toujours pas été réalisé. L’organisation Emek Shaveh, engagée contre l’instrumentalisation du patrimoine archéologique à des fins politiques, met en garde contre une altération du paysage culturel et un renforcement de la présence des colons aux abords de la vieille ville.

54 habitations palestiniennes menacées
À Wadi Hilweh, dans le quartier de Silwan, quelque 54 habitations pourraient être affectées par des procédures de saisie ou par la perte de droits d’utilisation des terrains et de l’espace aérien situé au-dessus des maisons. Selon The Guardian, les autorités d’occupation ont émis 17 notifications concernant la saisie de terrains couvrant 8,7 dounoums, notamment pour installer les pylônes et les équipements nécessaires. Sari Kronish, responsable du département consacré à El-Qods-Est au sein de l’organisation Bimkom, spécialisée dans l’urbanisme, a indiqué que les logements directement situés sous le tracé abritaient environ 450 Palestiniens. Les cabines pourraient passer à seulement quatre mètres au-dessus de certains toits, près des fenêtres. Cette proximité risque de porter atteinte à l’intimité des habitants et de limiter l’agrandissement de leurs logements, dans une zone déjà soumise à des restrictions de construction. Des spécialistes de l’archéologie et de l’architecture redoutent également une dégradation du paysage autour des remparts et des sites historiques. Le projet est aussi contesté par des résidents palestiniens, des organisations environnementales et patrimoniales, ainsi que par la communauté juive karaïte, opposée au passage du téléphérique au-dessus de son cimetière.

Des retraits successifs
Avant ROPES, quatre entreprises étrangères — trois françaises et une suisse — avaient déjà renoncé à participer au projet. The Guardian rappelle notamment qu’en 2015, le gouvernement français avait demandé à une entreprise de ne pas s’y associer. Les sociétés françaises CNA et suisse Histec Engineering figurent également parmi les entreprises qui se sont retirées. Malgré ces désengagements, l’Autorité de développement d’El-Qods entend poursuivre l’initiative. Un porte-parole cité par le quotidien a indiqué que la préparation de l’appel d’offres devrait s’achever dans les prochains mois. L’organisme n’a toutefois pas répondu aux questions concernant le retrait de ROPES, tandis que l’association Elad n’a pas donné suite aux sollicitations du journal. Ce dossier illustre les tensions autour des projets d’aménagement et touristiques dans la ville occupée, où les questions foncières, la préservation du patrimoine et le maintien de la présence palestinienne demeurent au cœur des contestations.
M. Seghilani