Ahmed Laraba

PROJET DE LOI ÉLECTORALE : Le Pr Laraba attend les propositions des partis

Le 19 janvier écoulé les partis politiques ont reçu la première mouture du projet de loi électoral, sur intrusion du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, qui a ordonné au comité dirigé par le professeur Ahmed Laraba de soumettre le texte à la classe politique pour enrichissement. Depuis, certaines formations politiques ont donné leur accord, d’autres ont émis des réserves sur le contenu à travers les médias tandis que celles de l’opposition ont rejeté le texte sans pour autant avancer une alternative. En effet, mis à part quelques partis d’opposition, la majorité des formations politiques ont exprimé leur « satisfaction » par rapport au contenu de ce premier rapport du projet de loi électorale, notamment la mouvance islamique, à l’instar du MSP et d’El Islah. Ainsi, dans un communiqué de presse, le parti d’Abderrazak Makri a indiqué que ce projet est un « signe de l’enthousiasme qu’affiche d’ores et déjà pour les prochaines échéances électorales anticipées ». Le MSP a souligné avoir relevé des «changements importants» dans la mouture, plaidant pour « davantage d’enrichissement, de débat et de consensus» autour du texte appelé à encadrer les scrutins à venir. Le MSP réserve un accueil favorable à ce texte conçu pour le changement proposé au régime électoral en vigueur, estimant qu’il «permettra une participation plus large des électeurs et une compétitivité plus accrue entre les candidats sur l’ensemble des circonscriptions électorales». Idem pour le mouvement El Islah, qui a exprimé, par la voix de son président Filali Ghouini, son adhésion à l’esprit de la mouture de la future loi organique relative au régime électoral, estimant que «l’élaboration de ce texte va nous amener à opérer un bond qualitatif» vers «un système électoral ouvert et transparent». Ghouini, qui s’exprimait à l’occasion de la session extraordinaire du bureau national du parti consacrée à l’adoption de ce projet, a estimé que «les amendements apportés sont de nature à rétablir la confiance entre le citoyen et les Assemblées élues ».

Le FLN ne peut ne pas dire « oui »
De son côté le parti FLN a approuvé, hier, la première mouture du projet de loi électorale. Lors d’une conférence de presse tenue hier à l’issue de la réunion de son bureau politique, le secrétaire général du parti Abu El Fadl Baadji a affirmé que le rapport final qui sera envoyé au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, répondra « sûrement » aux attentes du peuple qui exige que ses institutions élues expriment dans le futur la volonté politique, affirmant que les conseils élus sont la base du processus démocratique et électoral.
En revanche, c’est un autre son de cloche chez le plus vieux parti d’opposition, le FFS, lequel a estimé à ce sujet, que « les élections quel que soit leur niveau et les lois qui les régissent, ne constituent pas une solution à la crise politique algérienne ». À ce titre, le Premier secrétaire, Youcef Aouchiche, a posé des préalables au processus électoral, insistant sur « les mesures d’apaisement, l’ouverture des champs politique et médiatique et la levée de toutes les entraves à l’exercice des libertés ».
Enfin, pour le Parti des travailleurs, sa secrétaire générale, Louisa Hanoune, a soutenu il y a quelques jours que ce texte de loi organique « vient suite à l’amendement constitutionnel du 1er novembre dernier » et lequel, a-t-elle estimé, a été « rejeté par 80% de la population» du fait du taux d’abstention enregistré.
En tout cas, les partis politiques ont jusqu’au 28 ou 29 janvier courant à l’effet de soumettre leurs propositions d’enrichissement du texte du Pr Laraba. Soit un délai de 10 jours à compter de la réception de la mouture du projet.
Sarah Oubraham