RASD Sahara

PRISONNIERS POLITIQUES SAHRAOUIS : La Norvège très préoccupée

La Norvège est « très préoccupée » par la situation des prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines, particulièrement dans la situation actuelle de la pandémie du coronavirus, a déclaré  la ministre norvégienne des Affaires étrangères, Ine Eriksen Soreide. En réponse au député norvégien Smund Aukrust, Ine Eriksen Soreide a indiqué que son pays « suit régulièrement la situation des défenseurs des droits humains sahraouis détenus dans les prisons marocaines, en particulier dans la situation actuelle à la lumière de la pandémie de coronavirus ». Elle a ajouté que les autorités norvégiennes, « en étroite coopération avec l’ONU et les pays nordiques, ainsi que d’autres pays concernés », continuent de suivre la situation des droits de l’homme « préoccupante » dans la région, a déclaré le chef de la diplomatie norvégienne. La ministre a, dans sa réponse écrite au député norvégien, réitéré la position de son pays vis-à-vis de la question du Sahara occidental, affirmant qu’elle est en conformité avec les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Elle a également réaffirmé que la Norvège « appuie les efforts de l’ONU pour parvenir à un règlement politique du conflit du Sahara occidental » et contribue par un « appui humanitaire » en faveur des réfugiés sahraouis. De son côté, l’Association pour la protection des détenus sahraouis dans les prisons marocaines a tiré la sonnette d’alarme sur la situation des prisonniers politiques sahraouis après avoir reçu des plaintes de prisonniers politiques sahraouis concernant le manque d’hygiène et les mesures préventives recommandées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour réduire la propagation de l’épidémie de Covid-19. Au moins 39 prisonniers politiques sahraouis croupissent dans les prisons marocaines selon les dernières statistiques de l’Association pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines. Le 25 mars, le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a lancé un appel pour la libération des prisonniers pour empêcher qu’ils soient contaminés par le coronavirus. La Norvège coopère étroitement avec le Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme et fait partie des pays les plus gros donateurs du Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU. L’inquiétude pour les prisonniers politiques sahraouis, alors que les  citoyens marocains eux-mêmes  ne cachent pas leur angoisse face à la pandémie et aux propos faussement rassurant des autorités marocaines. Malgré les consignes et les mesures adoptées pour imposer le confinement, les marchés sont envahis par les citoyens obligés de se débrouiller pour trouver un morceau de pain pour la journée. Les prisons sont surpeuplées et trois gardiens de la prison de Ksar Kbir ont été contaminés. Des dizaines de cas ont été rapportés à la caserne militaire des parachutistes de Bengrir. Au Sahara occidental, dans la région de Dakhla, l’armée a été aussi frappée par le coronavirus. De plus en plus de voix s’interrogent sur le nombre réel de victimes du virus dans un pays connu pour la mythomanie de ses autorités. Celles-ci semblent plus occupées par les retombées de la pandémie sur l’image du Maroc en Afrique que par la situation d’une population locale qui peine à trouver des masques pour se protéger.
M. Bendib

RÉFUGIéS SAHRAOUIS
Appel de fonds de 15 millions de dollars
Les agences humanitaires des Nations unies ont lancé, jeudi, un appel de fonds de 15 millions de dollars en faveur des réfugiés sahraouis face à l’urgence sanitaire globale actuelle liée au coronavirus (Covid-19), dans un communiqué de presse conjoint. Avec la pandémie du coronavirus, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le Fonds des Nations unies pour l’Enfance (Unicef), le Programme alimentaire Mondial (PAM) et cinq ONG partenaires, ont « un besoin urgent de 15 millions de dollars » pour répondre aux besoins de santé publique « dans les camps des réfugiés sahraouis à Tindouf en Algérie », lit-on dans le communiqué. L’urgence sanitaire globale actuelle, ajoutent les agences, risque d’exacerber une situation qui était déjà difficile pour les réfugiés sahraouis exposés, depuis 45 ans, à un climat rude et à des conditions de vie difficiles dépendant exclusivement de l’aide humanitaire internationale. Les agences humanitaires ont également exprimé leur « gratitude au gouvernement algérien pour son soutien continu » aux réfugiés sahraouis « en les intégrant de facto dans ses stratégies nationales de réponse au Covid-19″. « Au nom de tous les acteurs humanitaires, je demande humblement aux donateurs, qu’ils soient gouvernements, fondations ou individus, de soutenir ces efforts et aider la communauté humanitaire travaillant dans les camps à Tindouf pour faire face à cette crise sans précédent », a déclaré Agostino Mulas, le représentant du HCR en Algérie. La réponse commune au Covid-19 contient des mesures pour prévenir la transmission du virus parmi les réfugiés sahraouis, et adapter des programmes de santé, éducation, sécurité alimentaire, protection, eau/assainissement/hygiène pour « atténuer les pires effets de la pandémie ».  Les agences humanitaires des Nations unies continuent de travailler à travers les ONG et les partenaires communautaires pour fournir l’aide vitale et les services essentiels de santé, nutrition, eau/assainissement/hygiène et alimentation sans discontinuité ou rupture. Les fonds demandés vont permettre aux agences onusiennes et leurs partenaires de maintenir ce soutien durant cette période critique, a conclu le communiqué.
M. B.