Djamel Eddine Nibouche

PR. NIBOUCHE À PROPOS DES AGRESSIONS CONTRE LE PERSONNEL MÉDICAL : «Il faut mettre le holà aux dérapages !»

S’exprimant, hier, sur les ondes da la Radio nationale chaîne III, le Pr Djamel Eddine Nibouche, Chef de service radiologie à l’hôpital Nafissa Hamoud, a déclaré que la décision des autorités de condamner les auteurs d’actes de violences contre le personnel médical, paramédical et gestionnaires des structures de santé « était attendue depuis très longtemps ». Évoquant un « problème crucial », dont sont régulièrement victimes les personnels des établissements hospitaliers, accentué par la crise sanitaire liée au Covid-19, et tout en faisant part de sa compassion face au désarroi de proches de malades ou de personnes décédées, le Pr Nibouche a déclaré ne pas comprendre que certains parmi eux en arrivent à agresser les médecins et infirmiers, poussant jusqu’à s’en prendre aux équipements de soins. Selon lui, il faut « mettre le holà à ce dérapage ». Concernant la pandémie de Covid-19 face à laquelle est notamment confrontée l’Algérie, l’invité de la Radio a signalé qu’au bout de quatre mois, les médecins chargés de la contenir se trouvent, pour un grand nombre parmi eux, fatigués aux plans psychologique et physique. « Le corps médical, paramédical, et les agents de la santé, sont confrontés à une situation difficile car il s’agit d’une pandémie qui touche l’Algérie entière et l’ensemble du monde. Au bout de 4 mois d’activités intenses, ce personnel se trouve évidemment fatigué sur les plans psychologique, et physique », a-t-il déclaré. En plus de cette fatigue, le praticien fait état d’un «sentiment de désespoir » parmi le personnel soignant car l’on ne voit pas venir les résultats attendus. « C’est ce sentiment qu’il faut surtout prendre en charge », a-t-il relevé. Dans ce cadre d’idées, il a abondé pour une meilleure organisation des soins aux malades frappés par le virus et, prioritairement, à organiser un maximum de protection des personnels traitant dont, rappelons-le, un nombre important a perdu la vie en luttant contre celui-ci.  «Il y a trop d’infections parmi ce personnel et ce n’est pas bon signe car cela implique une inactivité et des problèmes d’efficacité » a averti l’invité de la Radio. En dehors de cette « situation très complexe », ce praticien a estimé, par ailleurs, qu’il y a urgence à réorganiser et à restructurer les systèmes de soins des hôpitaux. Mais pour cela, a-t-il insisté, il y a lieu de revoir le système national de santé, qu’il a qualifié de « trop archaïque », en y introduisant un modèle moderne de prise en charge des patients et en développant un système de soins à domicile, « compte tenu du très grand nombre de spersonnes à soigner ». Djamel Eddine Nibouche a constaté, par ailleurs, qu’en dépit d’un corps de soignants et de paramédicaux efficace, les structures hospitalières, dont certaines datent de plus d’un siècle, ne se sont pas modernisées et développées pour être en mesure d’assurer une prise en charge efficace des patients.
Ania Nait Chalal