RASD

POUR LE FRONT POLISARIO : L’UE n’agit pas pour la paix au Sahara occidental  

L’Union européenne (UE) n’œuvre pas à  la paix et la sécurité au Sahara occidental, a estimé   le représentant-adjoint du Front Polisario pour la Suisse et l’ONU, qui a expliqué que dans son accord de pêche illégale avec le Maroc, l’UE « va au-delà » des accords militaires établis entre le Front et le royaume sous les auspices des Nations unies. « Ignorant ce qui est établi dans les accords militaires parrainés par l’ONU, l’UE inclut illégalement toute la péninsule de Lagouira (Cabo Blanco), dans le cadre de l’accord de pêche avec le Maroc », a souligné  Haddamin Moulud Said, représentant-adjoint du Front Polisario pour la Suisse et l’ONU (Genève).  Ainsi, « l’UE est loin de travailler pour la paix et la sécurité, mais plutôt encourage la guerre », a-t-il estimé. Pour le diplomate, « le penchant à peine voilé de l’UE pour les thèses marocaines » dans le conflit au Sahara occidental, a favorisé « l’imprécision » de quelque chose de « si essentiel » dans tout accord, à savoir les limites géographiques de la zone qui fait l’objet de l’accord. Dans tous les accords de pêche antérieurs à 2018 entre l’UE et le Maroc, la limite sud de la zone de pêche « n’avait jamais été fixée », a-t-il affirmé, précisant qu’elle a été toujours divisée en deux, « zone nord et zone sud ». Cette division est « un héritage » des accords de pêche entre l’Espagne et le Maroc, a-t-il ajouté. À partir de 1979, explique le diplomate sahraoui, l’Espagne « juge nécessaire » d’introduire dans son accord de pêche avec le Maroc certaines spécifications « afin de ne pas reconnaître la souveraineté du Maroc au-delà du parallèle 27 40, la frontière entre le Sahara occidental et Maroc ».
Il a affirmé encore, que « cette division a été faite sans jamais fixer les limites sud de la zone sud, ce qui a, bien sûr, laissé la possibilité de pêcher dans les eaux du Sahara occidental sans le mentionner ». À ce propos, M. Mouloud Said a relevé que « si le point de départ de ladite zone sud était déterminé pour chaque type de pêche dans l’accord Maroc/UE, celui-ci ne précise pas où la zone se termine ».  Le diplomate sahraoui a expliqué à ce titre, que cette imprécision est l’interprétation technique sur la base de laquelle l’UE avait décidé d’inclure illégalement les eaux du Sahara occidental dans les accords conclus avec le Maroc, sans citer le nom du territoire.  A contrario, ceci est le motif donné par la Cour de justice de l’UE (CJUE) qui a tranché, le 21 décembre 2016, sur le fait que le territoire sahraoui a un statut « distinct » et « séparé » du Maroc, d’où l’impératif du consentement du peuple du Sahara occidental dans tout projet d’accord entre l’UE et Rabat. Depuis 2012, le Front Polisario n’a eu de cesse de fustiger l’UE, a rappelé en outre le représentant-adjoint, soulignant que « l’UE n’a d’autre choix que de mentionner le nom du Sahara occidental, en incluant expressément le territoire et ses eaux, dans le cadre des accords avec le Maroc ».
« L’UE est allée plus loin de ce que définissent les accords militaires établis sous les auspices de l’ONU, qui accordent le contrôle de la zone au Front Polisario. Autrement dit, les côtes extérieures de la péninsule de Cabo Blanco sont sous le contrôle du Front Polisario, selon la division établie dans l’Accord militaire n 1, parrainé par l’ONU ». Rappelons enfin que l’accord militaire n 1, est le texte sur lequel s’est basé le Conseil de sécurité dans l’élaboration de ses résolutions relatives à la question sahraouie. Par conséquent, le Front Polisario peut invoquer l’article 103 de la Charte des Nations unies, pour dénoncer l’accord de pêche entre l’UE et le Maroc, car de l’avis du diplomate « il est incompatible avec ledit article de la Charte.
M. Bendib 

NOUVELLE-ZÉLANDE
Manifestation contre l’importation illégale du phosphate sahraoui

Plusieurs habitants de la ville néo-zélandaise de Dunedin ont décidé  de bloquer l’entrée à la société d’engrais Ravensdown, pour protester contre l’importation illégale de phosphate en provenance du Sahara occidental occupé.  Le groupe a indiqué dans un communiqué, repris par des médias néo-zélandais, que « plusieurs militants et partisans de la cause sahraouie ont bravé un matin glacial et hivernal pour bloquer l’entrée et exiger la fermeture de l’usine d’engrais Ravensdown à Dunedin, New Zélande, pour protester contre l’exploitation et l’importation illégales du phosphate du Sahara occidental occupé ».   »Le blocus a duré près de 5 heures et aucun camion d’engrais n’est entré ou n’a quitté l’usine pendant tout ce temps », a-t-on ajouté. Les manifestants, membres de l’ONG Environmental Justice Otepoti », ont appelé « Ravensdown à mettre fin à son soutien à l’occupation marocaine du Sahara occidental », d’autant plus, soulignent-ils qu’ »une crise d’aide humanitaire s’intensifie dans les camps des réfugiés sahraouis, en raison de la pénurie d’aide affectée par la pandémie internationale de Covid-19″. Les manifestants ont en outre indiqué que « Ravensdown nous a amenés à croire qu’ils avaient l’intention de trouver une autre source de phosphate ». « Nous avons été déçus d’apprendre qu’une nouvelle cargaison de phosphate du Sahara occidental devait arriver à Otepoti Dunedin, et que le PDG, Greg Campbell, nous a intentionnellement menti », ont-ils dénoncé. Les membres de l’ONG ont rappelé que « le peuple du Sahara occidental a appelé la Nouvelle-Zélande à prendre des mesures concrètes et cesser d’importer illégalement du phosphate sahraoui ».   »Nous sommes ici aujourd’hui pour s’assurer que nos voix ne sont pas ignorées. Environmental Justice Otepoti soutient le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et au retour dans sa patrie », ont-ils soutenu.   »L’appel du peuple sahraoui est clair. Il demande à ce que Ravensdown et Ballance cessent d’importer du phosphate de l’Office chérifien (OCP), jusqu’à ce que le peuple du Sahara occidental puisse organiser un référendum pour son indépendance », ont souligné les manifestants. Ravensdown et Balance sont deux des trois dernières entreprises qui importent encore du phosphate du régime marocain, qui occupe illégalement le Sahara occidental depuis 1975.  Les manifestants ont estimé qu’ »en continuant à acheter ce phosphate volé, Ravensdown et Balance sont complices du financement de l’occupation militaire du Sahara occidental et de la séparation du peuple sahraoui de son pays d’origine », a déclaré la porte-parole Abby Spilg-Harris.  Les manifestants ont accusé Ravensdown d’être pleinement « conscient qu’ils soutiennent les violations des droits humains. «  6,25 millions de dollars est la valeur du phosphate volé au peuple sahraoui à bord de ce navire », soulignant que « 6,25 millions de dollars représentent également le montant estimé nécessaire pour nourrir et soutenir le peuple sahraoui dans les camps de réfugiés qui sont restés sans aide internationale supplémentaire en raison de Covid-19″.  Le minerai de phosphate illégalement exploité par le Maroc au Sahara occidental représente la plus grande source de revenus pour le gouvernement marocain dans le territoire sahraoui non autonome.     Chaque année, le Maroc exporte entre 1 et 2 millions de tonnes de ce minerai, en violation du droit international, en l’utilisant aussi dans son lobbying politique afin de gagner le soutien d’autres pays à son occupation illégale. Le Front Polisario s’est toujours ouvertement opposé à ce pillage, et l’a exprimé devant l’ONU à toute occasion, et aux entreprises concernées.
M. B.