Kamel Djenouhat

POUR ATTEINDRE L’IMMUNITÉ COLLECTIVE : Le Pr Djenouhat recommande la vaccination de 90% de la population

Pour le président de la société algérienne d’immunologie et chef de service du laboratoire central EPH Rouiba, Kamel Djenouhat, l’Algérie ne pourra atteindre l’immunité collective contre la pandémie du Covid-19 que seulement si 90%, voire 95% de la population soit vaccinée.

Selon le professeur Djenouhat, l’apparition des deux derniers variants du Covid-19, à savoir le Delta et l’Omicron, réputés d’être dangereux et très contagieux, a changé la donne à l’échelle mondiale. « Désormais on ne parle plus de 70% de taux de vaccination permettant d’arriver à l’immunité collective mais plutôt de 90% voire 95% », a-t-il expliqué lors d’une intervention sur les ondes de la radio locale de Constantine. Toujours en ce qui concerne la vaccination contre le Virus, le même intervenant a rappelé la forte affluence des citoyens à cette opération lors du pic des contaminations enregistré en juillet dernier. Une situation qui a très vite changé avec la stabilisation de la situation sanitaire puisque les gens ne veulent plus se faire vacciner en dépit des risques que cela induit, déplore le Professeur. Un état de fait qui nécessite d’être pris en main, a-t-il ajouté, avec l’obligation du pass sanitaire notamment dans les espaces fermés. « L’éradication du virus est entre les mains des citoyens à travers notamment leur adhésion à la vaccination » a estimé Djenouhat, notant que le virus aujourd’hui ne fait plus de distinction car il touche à toutes les tranches d’âge et toutes les catégories dont les jeunes.
S’agissant, d’autre part, de la vaccination des enfants, le Pr Djenouhat a rappelé que c’est au conseil scientifique de trancher sur cette question soulignant au passage que les enfants ont été à l’origine de la nouvelle vague de Covid qui touche la France, car c’est eux qui transmettent le virus aux adultes, même si ces derniers ne souffrent d’aucun symptôme grave.

« Le variant Delta reste le plus dominant »
Par ailleurs, Kamel Djenouhat a indiqué que l’Algérie assiste, depuis plusieurs semaines à une tendance haussière des cas de contamination au covid-19; ce qui va entraîner, selon lui, dans deux ou trois semaines, une hausse des cas de décès.
À propos de cette quatrième vague, le même spécialiste a souligné qu’elle sera marquée par la dominance du variant Delta et non du variant Omicron. « Le Delta est classé le plus dangereux des varaints du Covid-19 car il est à l’origine de milliers de décès pas uniquement en Algérie mais à travers de nombreux pays où le taux de vaccination est faible, contrairement à l’Europe où les populations ont largement répondu à la vaccination », a-t-il précisé.
Ania Nch.