PLF 2027 : Un Fonds pour réparer les dommages des intempéries

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Le Projet de Loi de finances (PLF 2027) prévoit la riposte à un des impacts produits par les effets des changements climatiques, à savoir les dommages causés aux infrastructures de base. En effet, le PLF pour 2027 comprend la création d’un fonds d’affectation spéciale, appelé «Fonds national de réparation des dommages résultant des intempéries » conçu pour financer la réfection et la reconstruction des infrastructures de base touchées par les catastrophes climatiques (réseau routier, autoroutes, ports et aéroports). Cela permet d’intervenir en temps opportun sans attendre les procédures d’inscription de nouvelles opérations. Il s’agit de réhabiliter rapidement les réseaux routiers et les autoroutes, les ports et les ouvrages d’art ainsi que les aéroports qui seraient touchés par les catastrophes climatiques. Ce fonds sera alimenté par les usagers de la route à travers une part (15 %) du produit de la vignette automobile, une part (5 %) de la taxe sur l’acquisition des véhicules neufs (carte grise), une part (25 %) des amendes liées aux infractions au code de la route ainsi que par les redevances annuelles issues de l’occupation du domaine public routier ainsi qu’une dotation directe du budget de l’État. Les informations concernant les dégâts causés par les inondations en divers points du territoire national mentionnent systématiquement les infrastructures routières indispensables à la circulation des personnes et des marchandises avec des fermetures de voies importantes pour une durée qui dépend de la rapidité à les remettre en état, mais aussi du financement exigé pour cela. C’est le budget de l’État qui est sollicité pour faire face aux dépenses occasionnées par ces dégâts. Or, l’Algérie fait régulièrement face aux phénomènes météorologiques extrêmes qui causent d’importants dégâts humains et matériels à travers le pays.
Selon les experts, les inondations représentent la catastrophe naturelle la plus coûteuse pour le Trésor public, cumulant plus de 681 milliards de dinars de pertes matérielles sur les deux dernières décennies. Ce montant comprend la part des infrastructures par la destruction de ponts et l’effondrement d’ouvrages d’art, l’affaissement de routes nationales et les coupures d’axes routiers stratégiques. Ces catastrophes sont mises sur le compte du changement climatique. Les experts estiment que le réchauffement climatique constitue aujourd’hui l’un des principaux risques pour l’économie mondiale. Ils évoquent les sécheresses, les vagues de chaleur, les incendies, les inondations ou tempêtes. Ils font observer que les catastrophes naturelles peuvent endommager les réseaux électriques, les routes, les voies ferrées, les canalisations d’eau et les télécommunications et peuvent aussi provoquer des interruptions d’activités avec des répercussions économiques bien au-delà des dommages matériels.
En Afrique, les catastrophes, selon le CDRI (Coalition pour une infrastructure résiliente aux catastrophes), endommagent chaque année 12,7 milliards de dollars d’infrastructures et de bâtiments, dont environ 70 % par les inondations, et le changement climatique pourrait alourdir la facture jusqu’à 27 %. Le continent a pourtant besoin de 130 à 170 milliards de dollars par an, pour ses infrastructures, avec un déficit de financement de 68 à 108 milliards de dollars, selon la Banque africaine de développement (BAD).
Pour sa part, le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a eu à noter que l’économie mondiale paie un prix exorbitant pour les dommages causés par les catastrophes, estimé à 2.000 milliards de dollars par an, si l’on prend en compte les coûts indirects, les coûts directs étant estimés à 202 milliards de dollars.
Dans le monde, selon le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR), les pertes financières liées aux catastrophes ont doublé au cours des deux dernières décennies. La même source fait observer que la plupart des dommages causés par les événements climatiques sont évitables.
M. R.