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OUVERTURE D’UN COULOIR SÛR POUR LE COMMERCE PÉTROLIER AVEC L’ASIE : Téhéran prend le contrôle du détroit d’Ormuz

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Alors que le conflit au Moyen-Orient entre l’Iran, les États-Unis et leurs alliés se poursuit, certains pétroliers continuent de traverser le détroit d’Ormuz sans encombre, signe que la circulation maritime, bien que réduite, n’est pas totalement interrompue.
Selon l’agence Bloomberg, le pétrolier chinois “Bright Gold”, venant du Golfe, a traversé le détroit d’Ormuz en suivant un itinéraire déjà emprunté par d’autres navires avec l’accord de l’Iran. Le navire, qui avait chargé environ 2 700 tonnes de diesel via un transfert entre deux bateaux, avait initialement pris le combustible à Al Ruwais, aux Émirats, au début du mois. La société chinoise COSCO, propriétaire de plusieurs de ces navires, a confirmé que d’autres pétroliers et navires commerciaux attendaient actuellement à l’ouest du détroit pour traverser, dont trois très gros transporteurs de brut (VLCC) et plusieurs navires de containers et de transport de véhicules. « En comparaison avec la situation précédente, plusieurs navires peuvent désormais passer en même temps, signe que le système d’inspection iranien est plus développé et que les opérations commerciales pourraient bientôt reprendre », a déclaré un responsable du secteur chinois.

Un « couloir sûr » contrôlé par l’Iran
Depuis le 13 mars, l’Iran a mis en place un “couloir sûr” pour certaines nations, permettant à leurs navires de traverser le détroit d’Hormuz en pleine zone de conflit. Ce passage dévie du tracé habituel et passe entre les îles iraniennes de Qeshm et Larak, sous contrôle direct iranien. Des navires indiens transportant du gaz de pétrole liquéfié ont également franchi le détroit récemment, tandis que des discussions sont en cours entre l’Iran et plusieurs pays asiatiques, dont la Chine, l’Inde et le Pakistan, pour coordonner les passages en toute sécurité.

Reprise partielle du trafic maritime
Depuis le début des hostilités après les frappes américaines et israéliennes sur l’Iran le 28 février, le trafic dans ce passage de 167 km a chuté de 95 %, selon les données de l’institut Kepler. Entre le 1er et le 23 mars, seulement 138 traversées ont été enregistrées, majoritairement des tankers chargés de pétrole et de gaz. Malgré cette baisse, certaines traversées réussies redonnent espoir aux compagnies chinoises et indiennes coincées dans le Golfe. La majorité des navires en transit appartiennent ou sont enregistrés en Iran, suivis par des navires grecs et chinois. Plus de 40 % de ces navires sont sous sanctions américaines, européennes ou britanniques, selon une analyse de l’agence France-Presse.

Impacts sur le marché pétrolier
Les tensions ont entraîné une forte volatilité des prix du pétrole. Le Brent a repassé la barre des 100 dollars le baril, atteignant jusqu’à 103,90 dollars le 24 mars, tandis que le WTI américain se stabilisait à 91,53 dollars. Cette hausse reflète la nervosité des marchés face aux signaux contradictoires de Washington. Le pétrole transitant par le détroit est majoritairement destiné à l’Asie, et en particulier à la Chine. Selon JP Morgan, environ 1,3 million de barils par jour provenaient d’Iran début mars, soit près d’un cinquième de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié en temps de paix. Malgré la fermeture quasi totale du détroit pour la plupart des navires en raison de la guerre et des sanctions, l’ouverture partielle du couloir sûr iranien permet à certains pétroliers de continuer à circuler. Cette situation montre la volonté de Téhéran de contrôler ses voies maritimes stratégiques tout en préservant des échanges commerciaux essentiels avec des partenaires asiatiques.
M. Seghilani

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