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OPÉRATION « HÉROÏQUE ET COURAGEUSE » : Un bus de colons attaqué à El-Qods

« Ne lâchez pas le fusil ! » L’appel du martyr palestinien Ibrahim Al-Nabulsi, lancé mardi dernier depuis Naplouse, a eu un écho dans la vieille ville de Jérusalem, à Bab el-Maghariba plus précisément, ce dimanche, à 1h30, en pleine nuit.

Dans cette zone de sécurité, parmi les plus fortement gardées au monde, un jeune homme de 26 ans, Amir Sidawi, de Jérusalem-Est, a tiré sur un bus de colons sionistes, faisant, selon un bilan provisoire, une dizaine de blessés dont plusieurs dans un état grave. Le jeune palestinien a ainsi démontré, une fois encore, que la volonté des fidayîn est plus forte que le système sioniste de répression. Son action a confirmé la faiblesse, voire l’échec du système de sécurité sioniste. Les forces d’occupation sionistes ont réagi comme à leur habitude par la répression, en lançant une campagne d’arrestations massives dans la ville de Silwan, à la recherche de l’auteur de l’attaque. Selon un scénario devenu classique dans toutes les opérations des forces d’occupation face aux mouvements de résistance: la ville de Silwan a été encerclée par un grand nombre soldats, de policiers et d’agents des forces spéciales et des services de sécurité et de renseignements, qui ont envahi les ruelles des quartiers; les habitants ont été empêchés d’entrer et de sortir, les maisons prises d’assaut et les familles soumises à des interrogatoires. Un grand nombre d’habitants de Silwan, en particulier des jeunes, ont été arrêtés. En fin de compte, les médias israéliens, relayés par d’autres médias de la région, ont rapporté que Amir Sidawi est arrivé quelques heures après l’attentat dans un taxi jusqu’au poste de police et qu’il s’est rendu en laissant un pistolet et un couteau dans la voiture. Les factions palestiniennes ont salué l’opération d’El Qods. Pour  le mouvement « Hamas », il s’agit d’une opération «héroïque et courageuse», qui « vient comme une réponse naturelle à l’arrogance des soldats de l’occupation et des colons et à leurs crimes quotidiens contre le peuple palestinien, sa terre et les Lieux saints islamiques et chrétiens, et les incursions continues dans la mosquée Al-Aqsa». Le FPLP a déclaré que «l’opération est venue comme une réponse naturelle de notre peuple à l’escalade des crimes de l’occupation, en commençant par Gaza et Naplouse, en passant par le reste des villes et des camps palestiniens. Pour rappel, Ibrahim Al-Nabulsi (19 ans), qui a sans doute inspiré Amir Sidawi, en demandant aux Palestiniens de «ne pas lâcher le fusil», a été tué mardi dernier dans un accrochage avec les forces sionistes d’occupation à Naplouse. Il était le chef des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, que Yasser Arafat avait créées en 2000, après avoir signé les accords d’Oslo dans un contexte marqué par un rapport de forces international défavorable à la lutte des Palestiniens.

Le mirage de la « normalisation »
La ferme résistance opposée à l’agression sioniste contre Ghaza et l’attentat commis hier à El Qods contre un bus de colons sionistes, ainsi que la riposte des jeunes Palestiniens face aux incursions des forces d’occupation, confirment l’échec de la manœuvre américaine visant à «normaliser» la situation de l’entité sioniste vis-à-vis du monde arabe, dans le but de compromettre le projet d’édification d’un Etat palestinien souverain. Les populations des quelques pays arabes qui ont établi des relations avec l’entité sioniste, sont contre la position de leurs gouvernements et ne manquent pas de le montrer à diverses occasions. Ainsi au Maroc, des associations exigent « l’abandon de la normalisation et l’annulation des accords » avec l’entité sioniste, et invitent « toutes les forces démocratiques du Royaume et le peuple marocain en général à s’y opposer ». L’écrivain marocain, Ali Anouzla, estime que « si la vision que porte le gouvernement marocain à la question du conflit palestino-sioniste a changé depuis la signature des accords de normalisation, la position populaire marocaine sur ce conflit est restée quant à elle inchangée, dans la mesure où l’opinion publique marocaine soutient fortement dans sa majorité la cause palestinienne, une question qui est encore capable de mobiliser de larges franges au Maroc »
M’hamed Rebah