Hamrouche

MOULOUD HAMROUCHE : Le joker idéal

Depuis quelques jours, les feux de la rampe sont braqués sur un homme politique qui a son mot à dire en pareille grave situation de crise que traverse notre pays.

Mouloud Hamrouche, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été sollicité par un groupe, parmi lesquels des partisans et des anonymes, pour qu’il postule à la présidentielle du 12 décembre prochain. À priori, jugeons-nous d’un homme qui n’a jamais été, ni de près ni de loin, lui qui a pris du recul sur la vie politique, dans la 3issaba (Bande) notamment qui a spolié les richesses du pays durant le long des 20 années de pouvoir de/des Bouteflika.
Partant de cette initiative, faire appel à la participation aux élections de l’ancien chef du gouvernement est, en soi et à juste titre, une reconnaissance du statut et de la carrure de l’homme qui, n’en déplaise à ceux qui ne croient plus en l’homme providentiel, peut renverser la vapeur en faveur d’un réel changement dans notre pays. À postèriori, à prendre au mot la réponse de Hamrouche au groupe de partisans qu’il reçoit devant l’entrée de son domicile, on comprend un refus catégorique de participer au prochain scrutin. Mais, une lecture plus pointue de son argumentaire trahira un message sibyllin qui devra interpeller les décideurs. Pour peu encore qu’on veuille ne pas gâcher l’opportunité, revoir les règles de jeu et réajuster le tir pour mettre en place un vrai climat d’apaisement ouvrant la voie à des élections honnêtes et transparentes.
En effet, le père de la Réforme politique et socio-économique post-période 88 dit de sa réponse ne pas être rassuré quant aux conditions qui entourent l’organisation de la présidentielle. Lui qui prône, ni plu ni moins, le «Projet Algérie» dit également qu’il ne saurait «mentir» aux Algériens que de prétendre pouvoir résoudre les problèmes de l’Algérie dans pareilles conditions d’organisation d’une élection présidentielle.
N’est-ce pas là un signal fort par lequel Hamrouche saisit le pouvoir algérien quant à la nécessité de tourner la page et d’ouvrir une nouvelle ère pour l’Algérie ? Autre message qui confirme la vision de l’État de l’homme qui a servi sous le défunt président Chadli Bendjdid, alors qu’il appelle à dépasser les clivages qui peuvent mener l’Algérie vers l’abime. Hamrouche représente en quelque sorte cette rare carte qui reste encore à jouer pour l’Algérie, car étant, depuis longtemps, en recul avec la chose politique, il incarne cette personnalité qui ne se réclame ni de tel ni de l’autre clan, ni du pouvoir et ni encore de l’opposition. Force est de constater donc que l’ancien chef du gouvernement qui, au-delà de faire ses preuves dans les plus hautes fonctions politiques et exécutives de l’État, était également un ancien haut gradé de l’Armée nationale populaire. C’est-à-dire, une valeur sûre, sinon l’homme de la situation.
Farouk Bellili