Mostaganem : la micro-irrigation, une pertinente solution pour économiser l’eau

«L’irrigation localisée, ou ‘’micro-irrigation’’ selon l’appellation internationale, consiste à humidifier seulement une partie localisée du sol, à la portée immédiate des racines. L’eau dont a besoin la plante est apportée en petites quantités, par goutte-à-goutte, ou par diffusion, tant radiale sous l’effet des forces capillaires que verticale sous l’effet de la gravité, dans un volume de sol limité au voisinage des racines’’, a expliqué le spécialiste Laïd Kradia, technicien à l’Institut national des sols, de l’irrigation et du drainage (INSID) d’El Matmar (W. Relizane), lors de son intervention dans le cadre de la journée d’information, tenue mardi passé, à la direction des services agricoles de la wilaya de Mostaganem, à l’initiative de l’Agence du bassin hydrographique de Chlef-Zahrez. Avec l’irrigation gravitaire, 60% de l’eau est mise à profit par la plante. Cette proportion s’élève à 75% quand on recourt à l’irrigation par aspersion. Alors qu’à la faveur de la micro-irrigation, ou irrigation localisée, seuls 5% du volume d’eau destinée à l’irrigation échappe à l’assimilation racinaire. Tel que présentées à titre d’illustration comparative par le conférencier, les conclusions des études menées démontrent, on ne peut mieux, l’intérêt du recourt à l’irrigation localisée pour économiser au mieux l’eau destinée à l’irrigation agricole. Cette économie d’eau, certainement importante et incontestable, n’est pas l’atout unique du mode d’irrigation en question. En effet, une fois installé, le réseau d’irrigation localisé génère un grand soulagement quant aux charges en main d’œuvre. Il nécessite de faibles débits et de faibles pressions d’eau. Il est constitué d’équipements fixes et légers, faciles à manier ou déplacer. Le feuillage n’est pas mouillé, prémunissant ainsi la végétation contre la multiplication des champignons et des maladies. Le réseau en place convient à une fertilisation rationnelle et maitrisée. De même, il permet l’automatisation des apports d’eau, d’engrais, et autres intrants.
Au registre des précautions à prendre, le conférencier indiquera que les quantités d’eau apportées à la plante par le biais du volume de sol humidifié doivent être suffisantes pour satisfaire ses besoins. A ce propos, il faut noter que plus le volume humidifié est réduit, plus l’arrosage est impérieux, dès lors qu’aucune réserve tampon n’est disponible en cas de défaillance du réseau d’irrigation. Au printemps, il faut se garder d’attendre le dessèchement total du sol avant de reprendre l’irrigation. Malgré le besoin très réduit de la plante, il est conseillé d’humidifier au moins 30 % du volume de sol occupé par les racines. Ont pris part à cette journée technique les directeurs de wilaya et les cadres des services agricoles et des ressources en eau, leurs subdivisionnaires, les délégués communaux de l’agriculture, et quelques agriculteurs. Organisée à l’initiative de l’Agence nationale de la gestion intégrée des ressources en eau (AGIRE) qui y était représentée par le directeur du bassin hydrographique du ‘’Cheliff-Zahrez’’ dont relève la wilaya de Mostaganem, la rencontre s’est révélée hautement intéressante. Au préalable de la communication sur l’utilisation rationnelle de l’eau dans le secteur agricole, il fut question d’actualisation de la base de données de l’agence, rassemblant les données relatives à l’inventaire des ouvrages et autres infrastructures de prélèvement d’eau (forages, puits, sources) destinées à l’usage agricole, à travers la wilaya de Mostaganem. Des données recueillies dans le cadre d’une enquête menée sur le terrain, qui s’avèreront discordantes avec les statistiques des directions des deux secteurs, au point de susciter de vives discussions, surtout quand elles mettent en relief un déficit aigu en matière d’offre d’eau pour l’irrigation, alors que les chiffres des directions de wilaya font état d’une ample suffisance pour l’expansion de l’aire irrigable. Lesdites statistiques ayant été remises, il a été convenu, finalement, de se revoir prochainement dans le cadre de séances de travail, afin de confronter et de consolider les chiffres des uns et des autres.
M. Ould Tata