À la faveur de l’entrée en service hier du gisement de Gara Djebilet, c’est tout le sud-ouest de l’Algérie qui devient le nouveau pôle économique stratégique et par excellence de l’Algérie. C’est un tournant historique pour cette région qui avait souffert durant des décennies de l’isolement et qui continue de panser les blessures d’un crime colonial, celui des essais nucléaires français aujourd’hui criminalisé à la faveur de la nouvelle loi votée par l’Assemblée populaire nationale. C’est un bond vers le futur pour cette région du pays qui va ouvrir de nouvelles perspectives pour l’Algérie et qui va faire de la région de Tindouf et Béchar un hub pour les échanges économiques de tout le continent. In fine, ce sera une opportunité qui s’ouvre pour les pays africains enclavés pour s’ouvrir vers les pays de l’hémisphère Nord, qui offrira une véritable opportunité aux pays sub-sahéliens que le Maroc a tenté d’engager dans une entreprise aux risques multiples qu’il a pompeusement appelée Hib transatlantique. La voie ferrée reliant Oran-Béchar, Beni-Abbès, Tindouf et Gara Djebilet, sur une distance de 950 km est une opportunité pour ces pays qui pourront ainsi donner un coup de booste aux échanges commerciaux via la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), un projet majeur visant à créer un marché unique pour les marchandises et services de 1,3 milliard de personnes en Afrique. Ce traité resté au stade du vœu pieux, signé par la majorité des pays de l’Union africaine, ambitionne d’éliminer les barrières tarifaires sur 90 % des produits pour stimuler le commerce intra-africain, la croissance et l’industrialisation. C’est une opportunité qu’offre la mise ne service du gisement de Gara Djebilet et la ligne ferroviaire sud-ouest.
Mais au-delà de ces opportunités offertes pour le continent, l’Algérie va pouvoir s’offrir le moyen de diversifier ses exportations en intégrant le « club des pays exportateurs de minerais de fer et de dérivés ». L’économie algérienne ne pourra que tirer profit de l’entrée en service de ce projet stratégique qui vient réaffirmer aux ennemis du pays, la souveraineté du pays acquise au prix de grands sacrifices du peuple. Le Maroc, au lendemain de l’indépendance de l’Algérie avait tenté le coup de force de la guerre des sables avant de se bercer, après la signature des accords de délimitation des frontières à la fin des années soixante-dix, de l’illusion d’une exploitation commune du gisement via une joint-venture avec l’Algérie. C’est une fin de ses illusions et une réaffirmation que les richesses de l’Algérie sont la propriété inaliénable de son peuple.
L’ancienne puissance coloniale avait osé, elle aussi plusieurs coups tordus pour tenter d’entraver la mise en service de ce gisement. Au lendemain de la vague de délocalisation des entreprises françaises, à la fin du siècle dernier, et la vente des aciéries et autres fonderies à des géants mondiaux du fer, l’Elysée avait tout tenté, même les coups tordus pour entraver l’exploitation de ce gisement ou faire de la France une partie qui en tirerait profit. Aujourd’hui c’est une véritable gifle qui est assénée à ceux qui ne voulaient pas voir l’Algérie en faire un autre moyen de développement.
La mise en service de ce gisement dont les réserves sont d’environ 3,5 milliards de tonnes de fer brut. Près de 1,7 milliard de tonnes du volume sont commercialement exploitables. Les rentrées en devises ne sont pas négligeables avec une économie estimée à plus de 60 millions de dollars par an. La dimension sociale, c’est un véritable coup de booste pour l’emploi dans la région avec 5 000 emplois directs et 20 000 autres indirects prévus. Et c’est un effet d’essaimage qui pourrait faire de la ligne ferroviaire, une véritable machine à créer de l’emploi par la réalisation de gares et toutes leurs dépendances, la possibilité de créer une foule de microentreprises qui pourraient participer, dans le cadre de la sous-traitance à développer une panoplie d’activités liées à l’exploitation du gisement de Gara Djebilet et de la ligne ferroviaire sud-ouest Oran- Tindouf. C’est un pari pour l’avenir et c’est une véritable porte d’entrée dans l’Algérie de demain.
Slimane B.












































