Migrants à la frontière Pologne-Bélarus

Migrants à la frontière Pologne-Bélarus : L’ONU dénonce une « situation intolérable »

La crise des migrants à la frontière entre le Bélarus et la Pologne constitue une « situation intolérable », a déclaré mercredi la Haute-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, réclamant un accès humanitaire « immédiat ».

« Je suis consternée qu’un grand nombre de migrants et de réfugiés continuent d’être laissés dans une situation désespérée, sous des températures proches du gel, à la frontière entre le Bélarus et la Pologne », a déclaré Mme Bachelet dans un communiqué. « J’exhorte les États concernés à prendre des mesures immédiates pour désamorcer et résoudre cette situation intolérable, conformément aux obligations qui leur incombent, en vertu du droit international des droits humains et du droit des réfugiés », a-t-elle ajouté. Soulignant que les États ont l’obligation de protéger le droit à la vie, Mme Bachelet a affirmé que « ces centaines d’hommes, de femmes et d’enfants ne doivent pas être contraints de passer une nuit de plus dans un climat glacial sans abri, nourriture, eau et soins médicaux adéquats ». « Les réponses fortement axées sur la sécurité et la politique des deux côtés – y compris le déploiement accru de troupes – et la rhétorique incendiaire qui les accompagne, ne font qu’exacerber la vulnérabilité et les risques auxquels les migrants et les réfugiés sont confrontés », a-t-elle également dénoncé. Cet appel intervient alors que la Pologne a annoncé mercredi avoir lancé un coup de filet contre des migrants massés à la frontière avec le Bélarus, en interpellant plus d’une cinquantaine d’entre eux, alors que les tentatives de traversée augmentent, et a accusé Minsk et Moscou d’organiser une crise aux portes de l’Europe. Environ
3 000 à 4 000 migrants, principalement des Kurdes du Moyen-Orient, sont massés depuis plusieurs jours dans une zone boisée à la frontière orientale de l’Union européenne, sous des températures glaciales et face à un important dispositif polonais destiné à les stopper. Les Européens accusent depuis des semaines le président bélarusse Alexandre Loukachenko d’alimenter les tensions en délivrant des visas à des migrants, et en les acheminant à la frontière pour se venger des sanctions européennes adoptées contre son pays pour sa répression d’un mouvement d’opposition, après la présidentielle de 2020.