Marche

MALGRÉ LES CONDITIONS DU MOIS DE RAMADHAN : La mobilisation du mouvement populaire n’a pas fléchi

Ni le jeûne, ni la chaleur de ce mois sacré n’ont influé sur la volonté des Algériennes et Algériens à demeurer mobilisés pour faire aboutir leurs revendications. Des revendications portées haut et fort par leur mouvement pacifique pour le changement du système politique en place et l’édification d’un État de droit dans une Algérie républicaine, libre et démocratique. Après avoir marqué, depuis le 22 février dernier, les vendredis, par leurs marches pacifiques, les quatre mobilisations de suite du mois sacré ont été inflexibles sur la teneur des revendications du peuple algérien. Une détermination à maintenir le cap de la mobilisation jusqu’à la mise en place des mécanismes amenant au changement voulu.
En effet, la soif et la faim n’ont pas affaibli ce mouvement, qui a réussi à garder sa cadence, bien au contraire le peuple algérien a montré au monde entier sa détermination à continuer son combat pacifique pour une Algérie libre et démocratique, malgré le jeûne et la chaleur, jusqu’à aboutissement de ses revendications. Chaque vendredis de ce Ramadhan était plus mobilisateur que son précédent, un message que le peuple algérien a bien réussi à faire passer, en insistant sur le départ des 3B, (Bensalah, Bedoui et Bouchareb), pour aller sur la voie du dialogue, pour le règlement de la crise, comme l’ont souligné, plus de 22 millions de manifestants, à travers le pays, vendredi dernier, le dernier du mois sacré qui arrive à son terme. «Saymine w samdine (jeûneurs et résistants)»,  a été un slogan qui a été scandé lors des quatre vendredi de la mobilisation populaire, à travers l’ensemble des régions du pays.
Certains, faut-il le noter, ont misé sur l’essoufflement du mouvement, dès le début du mois sacré, mais en vain. La mobilisation populaire est de surcroît celle de la communauté estudiantine ont vite fait de leur répondre, dès le premier mardi et vendredi du mois sacré, et au-delà, il ont prévu que le mouvement risquait de s’affaiblir, en effet, mais le peuple a prouvé le contraire en les surprenant, par le maintien de la mobilisation et de sa cadence, en nombre impressionnant de marcheurs, à travers le pays chaque vendredi.
Il faut le dire, qu’au premier vendredi du Ramadhan, la marche pacifique n’a pas connu une impressionnante mobilisation, mais dès le deuxième vendredi, sans parler des manifestations des étudiants chaque mardi, les citoyens venant de partout n’ont pas hésité à rejoindre la capitale pour dire leur mot, en dépit des barrages des services de l’ordre, interdisant l’accès de la Capitale aux manifestants issus des autres wilayas du pays. C’est alors dans le calme, la solidarité, la fraternité et l’unité, que se sont déroulées les marches du mouvement populaire pacifique, durant ce mois de Ramadhan, qui s’achève, et que les manifestants ont promis de revenir en force, le vendredi prochain, après l’Aïd, pour peser en direction des départs des symboles du système, et l’application des articles 7 et 8,  consacrant la seule légitimité au peuple. Ce mois sacré n’a pas manqué aussi d’être l’occasion pour tenir, durant ses soirées, des rassemblements de discussions et des cercles de débats, entre citoyens sur les places publiques pour échanger et se concerter sur le destin du pays et les voies de sorties de crise, dont celle du dialogue est la plus partagés par tous, à condition  que «  les 3B dégagent » et c’est ainsi que les citoyens continuent de se réapproprier les espaces publics, un pas vers la réalisation du changement qu’ils espèrent, sur le plan politique, d’une manière pacifique, à travers un dialogue sérieux sans les 3B.
Sarah Oubraham

BILAN D’UN MOIS DE MOBILISATION
Soufiane Djilali et Samir Benlarbi font le point
Après un mois de jeûne, le peuple a réussi à garder la cadence du mouvement malgré les conditions pénibles durant cette période. Contactés hier par nos soins, le président de Jil Jadid Soufiane Djilali et l’activiste Samir Benlarbi ont évalué, pour le Courrier d’Algérie, le mouvement durant le Ramadhan.

SOUFIANE DJILALI, PRÉSIDENT DE JIL JADID : Le mouvement était d’une «vigueur exceptionnelle »
Pour le président du parti politique Jil Jadid, Soufiane Djilali, a affirmé que le mouvement a connu une «vigueur exceptionnelle» durant ce mois,malgré «la soif et la faim qui n’ont pas empêché les Algériens de se mobiliser d’une manière «éclatante», nous a-t-il déclaré «Je pense que le mouvement était plus mobilisé que jamais». Concernant le processus du dialogue annoncé par le chef d’état-major, Gaïd Salah, dans son discours du 28 mai à Tamanrasset, notre interlocuteur a affirmé que «Le mouvement est extraordinairement conscient des enjeux, il a compris que Bensalah, Bedoui et Bouchareb, ne représentent rien». En ajoutant accepter le dialogue avec eux est « une mise en scène pour permettre au système de se perpétuer ». Djilali précise que les Algériens sont conscients qu’il faut « dialoguer avec celui qui détient la réalité du pouvoir pas avec une façade qui n’a pas de sens», précise-t-il, avant d’ajouter «d’une manière ou d’une autre, l’Armée devra « s’engager et s’impliquer dans ce dialogue même si ce n’est pas directement» en apportant, selon lui « la garantie que ce dialogue se fait dans les normes pour changer le système et non pas pour maintenir le système en place». D’après le président de Jil Jadid «ce dialogue, qui sera sous forme de négociations, doit apporter des mécanismes de sortie de crise et de mettre en place définitivement les ressorts fondamentaux» pour, dit-il «construire un État de droit», conclut notre interlocuteur.

SAMIR BENLARBI, ACTIVISTE POLITIQUE : «Le peuple a prouvé fidélité à son mouvement»
De son côté, l’activiste Samir Benlarbi a rappelé les voix qui ont prévu que le mouvement s’affaiblira pendant le mois du Ramadhan et que tout le monde rentrera chez lui, en affirmant que le «peuple a prouvé depuis tous les vendredis de ce mois qu’il est resté fidèle à son combat et son mouvement populaire pacifique» nous a-t-il indiqué. En ajoutant «on a remarqué que les trois derniers vendredis étaient plus mobilisateurs malgré la faim et la chaleur». Précisant que les Algériens ont gardé leurs force et leur union, ainsi que le pacifisme des marches». C’est une preuve que le mouvement «ne s’arrêtera pas jusqu’à l’aboutissement des revendications». Samir Benlarbi a souligné qu’au dernier vendredi, le peuple a fêté «sa joie de victoire après l’annulation des élections», en revendiquant toujours le «départ des 3B » précise-t-il.
Pour le processus du dialogue, notre interlocuteur a affirmé que le peuple ne fera pas de concessions et n’acceptera jamais de dialoguer avec les symboles du système. «Il faut que Gaïd Salah précise les acteurs du dialogue et ses conditions ainsi que ces mécanismes », conclut-il.
Sarah O.