Mairies, ces paniers de crabes

Par Hafidh A. Settar

Dans cette importante et riche commune du Grand Alger, un maire croupit en prison depuis plus d’un an maintenant. Pour malversation, corruption, voire plus si affinités, pour reprendre le « plus in » des modes.
Mais autant dire que c’est par là des griefs quasi banalisés, largement étendus aux mille et quelques municipalités que compte le pays.
Ce qui reste dramatiquement cocasse dans les cas de notre P/APc- ne pas confondre avec Jean Paul- est que depuis l’orée 2000, il a fait la passe- sans arrière-pensée- avec son rejeton de cette sacrée mairie. Les mauvaises langues et elles sont nombreuses font état d’un luxe ostentatoire rarement étalé, des entreprises écrans pour Madame, le frangin qui roule désormais 4×4 ainsi que le fiston et les « fistonnes » – On anticipe là sur la réforme du Français.
Ceci sans compter une armée de baltaguia, grassement récompensés en retour par des logements sociaux, des locaux- une quinzaine- toutes options n’ayant jamais existé en Algérie ou à tout le moins des centaines d’emplois fictifs. Près d’un millier en somme au profit de quidams dont on a trafiqué résidences et extraits de naissance pour la bonne cause ; c’est-à-dire les municipales de 2012 qui ont consacré le futur ex-maire, venu à la rescousse du prince héritier salement embarqué dans des faux et des marchés douteux.
Le fin mot de l’histoire : à force de mettre tout son corps plutôt qu’un seul petit doigt dans le pot de miel, l’indélicat P/Apc n’en finit pas avec les déboires.
« L’inspecteur Bedoui » maintenant la cadence des enquêtes, tous les élus encore en place et ayant échappé jusque- là aux mâchoires de la justice souffrent étrangement de diarrhées aiguës.
Qui, cumulant avec ses fonctions d’élu a fait son beurre en entreprise
qui, s’est sucré avec les passations de marchés
qui a facturé un camion fictif d’enlèvement d’ordures pour le demi milliard et l’assurance qu’une telle ingéniosité ne pourra jamais être découverte.
Et les entourloupettes sont encore longues.
Ce n’est déjà plus un panier de crabes mais de …crasse !
H. A. S.