Covid-19

LUTTE CONTRE LA PROPAGATION DU COVID -19 : Sous-estimer les conditions de transmission, c’est aller vers une catastrophe

La protection du personnel médical est le maillon fort dans la chaîne de lutte contre le Covid-19, s’agissant notamment de contrer sa transmission aux personnels des blouses blanches. Sous-estimer les conditions et les situations favorisant la transmission du virus c’est contribuer à sa propagation et donc à créer une situation sanitaire gravissime, risquant d’emporter tout sur son chemin, d’autant plus que notre système de santé et nos structures sanitaires sont déjà malades bien avant le Covid-19. Pour répondre à la situation qu’impose le Covid-19, le nouveau ennemi public numéro 1, chez nous, comme ailleurs dans le monde, n’est-il pas venu le temps, d’aller encore vers l’adoption de nouvelles mesures sévères et exceptionnelles, notamment en matière de distance sociale, jusqu’à bousculer les habitudes, les plus anodines, pour éviter une catastrophe sanitaire ? Les anges gardiens, les porteurs des blouses blanches ne pourront être au premier rang dans cette bataille contre un ennemi invisible, avec les moyens du bord et les carences dont souffrent déjà depuis bien longtemps notre système de santé, alors que dehors les mesures préventives continuent à ne pas être respectées, et anticipées, c’est déjà penser que 72 cas de contaminés et 6 décès, c’est déjà de trop. Pour que les anges gardiens puissent accomplir leur mission, prodiguer les soins nécessaires et adéquats aux patients, dont ceux atteints du Covid-19.
Pour les premières leçons tirées de la situation grave qu’a connu la Chine, pays qui compte, ces derniers jours, moins de trois cas contaminé, hier, c’était une seule personne touchée par le virus après les centaines de personnes infectées au quotidien, février dernier, en plus de la distance sociale et le confinement, qui semble être à ce jour les armes fortes contre la transmission du Covid-19, le test et le dépistage en sont aussi les deux autres armes contre l’ennemi invisible, le Coronavirus, Covod-19. Et l’Allemagne dont la population est l’une des plus âgées d’Europe, a vu voir la vague du nombre important de cas contaminés, et selon les experts et chercheurs, le pays a gagner deux semaines, sur la situation de  l’Italie,  alors que la France est à huit jours seulement. Un gain de temps considérable, pour l’Allemagne dans sa lutte contre le virus, dans sa course contre la montre au regard de la progression du covid-19 dans le monde. Ce pays recensait, lundi dernier, 6012 cas confirmés dont 13 morts, soit un taux de mortalité de 0,2%, selon l’établissement allemand responsable du contrôle et de la lutte contre les maladies, au niveau fédéral.  Sa voisine la France comptabilisait en ce même jour, 6 633 cas confirmés, dont 148 morts, soit un taux de mortalité de 2,2% selon Santé publique France et au même jour, l’Italie indiquait avoir comptabilisé 27 980 cas pour 2 158 morts, soit 7,7% de mortalité, sur le sol italien.
L’Allemagne dont, dès le début de l’épidémie, les médecins ont été appelés à tester systématiquement les gens et le pays dispose d’une  capacité de dépistage massive évaluée, par les autorités allemandes à 12 000 tests par jour,  grâce notamment, expliquent-ils aux médias, au « maillage territorial important de laboratoires, en plus des « drive » qui ont même été installé, dans le pays, rééditant ainsi ce qui a été fait en Corée du Sud. Contrairement à l’Allemagne, les autorités françaises font face à la hausse du nombre de cas suspects et ont dû graduellement réserver les tests aux patients présentant des symptômes avancés et aux cas jugés graves, car ne disposant que d’une capacité de 2 500 tests par jour, a fait savoir, mardi dernier, la Direction générale de la santé aux médias. Ces pays, dont l’Allemagne, pays le mieux lotis en comparaison avec ses voisins italiens et français, et avec des résultats plus encourageants, au regard du nombre de décès, les autorités allemandes ont pris de nouvelles mesures, dont le confinement et la limitation strict des déplacements, pour briser davantage la chaîne de transmission.

L’« urgence sanitaire » en Algérie commande des moyens médicaux
Alors que chez nous, les moyens humains et matériels font cruellement défaut, ceux et celles qui sont au premier rang de cette bataille contre le virus, le personnel de la santé, en l’occurrence, sont au rendez-vous, il est plus qu’urgent d’aller vers l’adoption de nouvelle mesures à la hauteur de « l’urgence sanitaire », dont a fait part le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, dans son discours à la Nation, mardi soir. Le temps est davantage à l’anticipation et il est plus qu’urgent d’aller sur de nouvelles mesures, en plus de celles en vigueur, pour barrer la route à toute situation pouvant contribuer à la propagation de l’ennemi silencieux et invisible, le Covid-19, dont le confinement, d’une manière graduelle, la limitation des déplacements des personnes, pour éviter tout risque de voir la situation sanitaire prendre une courbe, similaire à celle de nos voisins du nord de la méditerranée, pour ne citer que la France et l’Italie. C’est ainsi que le pays pourra en sortir, avec moins de dégâts si ce n’est éviter une situation chaotique, dans une dynamique collective, État et citoyens, en bouleversant les habitudes et les comportements pour s’en sortir collectivement.
Karima Bennour