LIBYE L’élection présidentielle reportée

LIBYE : L’élection présidentielle reportée

La commission parlementaire chargée du suivi de la présidentielle libyenne a conclu, hier, à «l’impossibilité» d’organiser, pour demain le 24 décembre, le scrutin de la présidentielle et peu après c’est au tour de la Haute Commission électorale de Libye (HNEC) d’annoncer, sur sa page Facebook, sa proposition de reporter au 24 janvier prochain l’élection d’un président en Libye. Invoquant les obstacles qui empêchent la tenue du scrutin dans les délais fixés dans la feuille de route issue du dialogue politique inter-libyen sous la supervision des Nations unies (ONU), la HNEC a appelé, hier, le parlement libyen à «œuvrer » pour lever les obstacles qui ont entravé la tenue, demain, 24 décembre, du scrutin présidentiel en Libye. Il est à rappeler qu’avant l’annonce hier, par la HNEC du report du scrutin de la présidentielle, à janvier prochain, le Haut Conseil d’État libyen (HCE) avait proposé le 8 décembre dernier, le report à février prochain, ce rendez-vous électoral, tant attendu par les libyens, dans l’espoir de voir leur pays sortir, après plus de dix ans du chaos et de conflits, pour enfin renouer avec la vie politico-institutionnelle. Si les désaccords persistants entre les acteurs rivaux, entravant la possibilité de compromis entre les parties les plus influentes, pour dégager un candidat potentiel et que les urnes départageront, il n’en demeure pas moins que l’absence de base juridique et les divergences entre les acteurs étrangers ont rendu impossible la tenue de ce scrutin, alors que l’ensemble de la communauté internationale, dont les membres permanents du Conseil de sécurité n’ont cessé de réaffirmer leur « attachement » à la tenue de la présidentielle libyenne le 24 décembre 2021 qui, au bout du compte, n’aura pas lieu demain. Des déclarations qui n’ont pas été traduites, notamment par des avancées notables concernant l’une des questions épineuses et une menace permanente à laquelle fait face le peuple libyen , ainsi que les pays voisins de la Libye, à savoir le départ des soldats et des mercenaires étrangers stationnés sur le sol libyen, depuis des années, dont le nombre est de 20 000 selon les estimations de l’ONU. Ces derniers constituant une menace sur la stabilité de la Libye, qui peine déjà à sortir de la spiral des rivalités entre Libyens sur fond des interférences et ingérences étrangères, notamment les pays membres de l’Otan, après leur intervention, en 2011 dans la crise libyenne, ces mercenaires risquent de mettre davantage le feu dans des violences armées qui se manifestent d’une manière sporadique en Libye. Une implication des mercenaires dans des tensions entre groupes et camps rivaux, en Libye, visant outre à faire perdurer les conditions d’instabilité et d’insécurité en Libye, qui selon des observateurs de la scène libyenne, répondra au mieux aux intérêts des grandes puissances, à l’origine de l’intervention de l’Otan en 2011, dans un pays, disposant des réserves pétrolières les plus abondantes d’Afrique et d’une position géostratégique attirant davantage les convoitises. La Libye qui tente de s’extirper d’une décennie de chaos depuis l’effondrement de ses institutions en 2011, est invité à attendre encore, pour reprendre avec la vie politico-institutionnelle, avec l’annonce , hier, sans surprise, du report du scrutin présidentiel au 24 janvier prochain, soit avant la tenue des législatives, qui initialement prévues aussi le 24 décembre courant, avant que le parlement libyen annonce , octobre dernier leur report à février, prochain. Il y a lieu de noter que la situation de flou qui a marqué ces dernières semaines, le scrutin présidentiel, avant l’annonce hier, de son report, sur le terrain des tensions et des conflits se sont manifestés, risquant de s’aggraver et plonger le pays, à nouveau dans la spirale des violences armées. La Mission d’appui de l’ONU en Libye (Manul) a alerté sur la possible dégénération des tensions et des conflits armés qui se sont produits sporadiquement, notamment ces derniers jours «  en conflit » avec les développements actuels en matière de sécurité, notamment dans la capitale libyenne, Tripoli. C’est ce qui ressort d’un communiqué publié par la mission onusienne, sur son site Internet, à la suite de mobilisation et de mouvements sécuritaires des autorités militaires dans la capitale, Tripoli, qui ont eu lieu au matin de mardi dernier. La Manul indique, en effet qu’elle « exprime sa préoccupation concernant les développements actuels en matière de sécurité à Tripoli » avertissant que ces évènements sont porteurs « de risques d’affrontements qui pourraient se dégénérer en conflit » a précisé la mission onusienne. Même s’ils ont été déçu par l’absence de conditions, depuis des mois , pour la tenue, le 24 décembre de la présidentielle dans leur pays, les Libyens espèrent que les semaines à venir apporteront les réponses adéquates aux problèmes à l’origine du report, dont les ingérences étrangères qui, après avoir soutenu un camp contre un autre, les acteurs étrangers ont soutenu, chacun selon ses intérêts et ses accointances , l’un des candidats , rendant impossible toutes perspectives de compromis, entre les acteurs les plus en vue sur la scène libyenne.
Karima Bennour