Sidi Saïd

LES REDRESSEURS DE L’UGTA VEULENT SON DÉPART AVANT LE CONGRÈS : Sidi Saïd aura-t-il une sortie «honorable» ?

Plusieurs centaines de travailleurs adhérents à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) sont montés, hier, au créneau pour réclamer le départ de l’actuel Secrétaire général de la Centrale syndicale, Abdelmadjid Sidi Saïd, et la réappropriation de leur syndicat. À travers leur action, les contestataires remettent en cause la légitimité du Congrès de l’UGTA prévu pour le 21 et 22 juin prochain, appelant ainsi à la démission pure et simple et immédiate de l’actuel SG qui occupe ce poste depuis 22 ans.
En effet, un grand rassemblement des travailleurs, affiliés aux différentes fédérations de l’UGTA, a été tenu, hier, devant le siège de la Centrale, sis à Aïssat Idir à Alger, et ce, en réponse à l’appel lancé par le «comité national de la réappropriation de l’UGTA par les travailleurs. Ainsi», les opposants au Secrétaire général de l’UGTA se sont montrés déterminés à se réapproprier leur syndicat, et ce, à quelques jours de la tenue du Congrès de celle-ci, qui aura lieu, rappelons-le, les 21 et 22 juin prochain. D’ailleurs, le rassemblement a commencé tôt dans la matinée d’hier, où plusieurs centaines de contestataires ont brandi des pancartes hostiles à la « bande  et au SG de la Centrale syndicale». «Sidi Saïd dégage», «La justice doit enquêter sur la corruption au sein de l’UGTA», «Vous passerez tous devant la justice à tour de rôle», «Nous voulons se réapproprier notre syndicat »…. scandaient les contestataires.
Idem pour les pancartes sur lesquelles on pouvait lire «Sidhom Saïd, le travailleur n’est pas content», «Libérez l’UGTA», «22 ans ça suffit, nous voulons le départ de Sidi Saïd et de sa bande» etc. À cette occasion, plusieurs syndicalistes ont, remis en cause la légitimité du Congrès qui se tiendra dans les jours qui viennent (21, 22 juin, Ndlr). Par conséquent, ces syndicalistes frondeurs ont rejeté le droit, à la direction actuelle de l’UGTA, de prendre la moindre décision qui engage la Centrale, notamment l’organisation du congrès. De ce fait, ils ont dénoncé toutes les démarches qu’ils jugent « illégales et anti-statutaires», entreprises par le secrétariat national. Pour eux, seule la commission exécutive nationale (CEN) est habilitée à préparer et à organiser un congrès. Ils ont adhéré, en revanche, à « la mise en place du comité national de réappropriation de l’UGTA par les travailleurs ».
Ils ont indiqué que seule cette instance est «habilitée à parler au nom des adhérents à l’UGTA et de préparer le congrès extraordinaire de l’organisation avant la fin de l’année ». C’est le cas notamment, de Abdelaziz Hamlaoui, coordinateur du «comité national de la réappropriation de l’UGTA par les travailleurs», qui a d’emblée rappeler que ce rassemblement est le troisième du genre après ceux tenus le 17 avril et le 1er mai dernier. «Nous sommes là, pour dire que nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout pour récupérer l’UGTA au service des travailleurs», a déclaré le syndicaliste en précisant que les travailleurs revendiquent le «départ du secrétaire général de la centrale et de son secrétariat national». Qualifiant le congrès de «présumé», le syndicaliste a indiqué que celui-ci est «illégitime».
Selon ses explications, Hamlaoui a fait savoir que la justice devra délivrer son verdict par rapport à la plainte déposée par le collectif des syndicats, relative au rejet des décisions prises à Oran sur la préparation du 13ème congrès. Il s’agit, selon lui, de non-respect des statuts dans la mesure où, précise-t-il, «conformément à l’article 36 du statut de l’UGTA, la commission exécutive nationale est la seule habilité à fixer la date du congrès».
Il n’a pas manqué, par ailleurs, de dénoncer les «mesures coercitives» prises à l’encontre de 65 membres de la commission exécutive nationale en plus des membres des unions de wilayas qui sont toujours suspendus, et ce, depuis le 9 mai dernier.
Lamia Boufassa