Meuble

LES PROFESSIONNELS DEMANDENT LE SOUTIEN DE L’ÉTAT : Le meuble local retrouve difficilement sa place

Durement touché ces dernières années par les produits d’importation, le meuble local retrouve et reprend peu à peu sa place dans le marché national. S’il y a un facteur qui lui est venu à la rescousse, ce serait bien le bâtiment dont le rythme de livraison des logements va crescendo suivant le rythme de la demande sur le meuble.
Mais, côté professionnels, les opérateurs continuent à formuler les mêmes revendications, pour régler les problèmes auxquels ils sont confrontés. Ces derniers demandent toujours «un accompagnement et un soutien des pouvoirs publics».
Ainsi, en marge de la 28e édition de la Foire de la production algérienne, ouverte au public il y a plus d’une semaine, au Palais des expositions de la Safex, les témoignages recueillis auprès des professionnels du métier du mobilier se rejoignent et étaient unanimes sur la situation de cette filière.
À une journée du tomber de rideau sur l’édition de cet événement, nous avons effectué une virée matinale aux stands réservés aux entreprises professionnelles du domaine des meubles, qui n’ont guère désempli : le public n’a cessé de grossir au fil des heures, curieux de découvrir les produits du meuble «made in Bladi.»
À notre arrivée sur les lieux, nous avons rencontré Ryad Kouaci, gérant de l’entreprise «ZeinEddar», basée à Blida, spécialisée dans la fabrication de meubles. Le stand de cette entreprise où étaient exposés des salons, des tables basses, des tabourets, des cadres miroirs, des caches rideaux, des meubles de salle de bains, et meubles de chambres, a suscité la curiosité des visiteurs. L’une des ménagères rencontrées sur place nous a indiqué que «ce sont des modèles alliant tradition et modernité. J’ai beaucoup aimé leurs produits. Et le produit local en général est beaucoup plus solide».
«Au départ, l’entreprise était familiale, elle appartenait à mon père décédé, et depuis, j’ai pris la responsabilité de la gérer. Notre secret est l’innovation et la qualité», nous a indiqué le gérant de cette entreprise.
Poursuivant, il nous a indiqué que «notre entreprise emploie 70 personnes, et nous avons nos propres disigns qui sont déposés auprès de l’Institut national algérien de propriété industrielle (INAPI)», cela avant de dénoncer « la concurrence déloyale de certaines entreprises qui ont ‘’copié‘’ nos modèles». Autres problèmes rencontrés par les professionnels, selon toujours Riyad, demeurent le manque d’accompagnement et le manque de soutien de la part des pouvoirs publics », a-t-il dit notamment, vu « le parcours du combattant que j’ai fait pour demander un lot de terrain industriel, dans la zone industrielle de Blida. Mais en vain », nous a-t-il expliqué davantage.
Cela avant de conclure que « L’entreprise, pour exercer son activité, a besoin de locaux, et pour nous, ça fait des années qu’on se retrouve obliger de louer avec des prix exorbitants».
Pour, Kadri Hssen gérant de l’entreprise « CASA BELLA, » spécialisé dans la fabrication de meuble, « l’impact des restrictions d’importation imposées sur le marché du mobilier a mis en valeur nos produits, incitant ainsi les fabricants locaux à investir pour améliorer la qualité ». Mais, malgré cela, l’activité dépend toujours des produits importés à l’instar du bois, la teinture, le textile, le cuire et autres matières premières qui sont souvent exposées à des ruptures de stocks».
Poursuivant, le gérant de CASA BELLA nous a indiqué qu’il faut développer les filières industrielles en lien avec notre activité, car le développement de l’activité du mobilier est basée majoritèrement sur une matière première importée».
Je suis pour l’installation d’une réelle industrie du bois en Algérie à travers l’affectation de terres destinées au reboisement et la création d’usines de traitement de bois», a suggéré Kadri Hssen, gérant de l’entreprise «CASA BELLA».
Selon l’avis commun des visiteurs du salon, « l’ameublement importé, surtout d’Asie, est fragile, sensible à l’humidité. Ils sont bien fini visuellement, mais fabriqués à base de matériau sensible, tel le MDF (panneau de fibre à densité moyenne) et le mélaminé ».
Dans ce sens, les professionnels affirment que «contrairement au produit importé, le meuble local est principalement fabriqué à partir de bois massif ; tel le chêne, l’acajou ou le hêtre, et donc plus solide et résistant ».
Mohamed Amrouni