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LES MEMBRES DU GOUVERNEMENT DEBEIBAH CONNUS CE LUNDI / Libye : Les députés attendus à Syrte pour le vote de confiance

La composante du nouveau gouvernement libyen remis, à la Chambre des représentants, sera connu lundi prochain, jour de la tenue, dans la ville libyenne de Syrte, de la séance parlementaire pour approbation de la nouvelle équipe de l’exécutif d’Abdelhamid Debeibah.

Il est à noter qu’en cas d’échec du gouvernement à avoir la confiance des députés, l’approbation de l’exécutif reviendra aux membres du Forum de dialogue politique libyen (FDPL), selon la feuille de route et les accords politiques conclus par le FDPL, sous l’égide de l’ONU, à Genève en Suisse. En prévision de la réunion du parlement libyen, ce lundi il a été déjà question, jeudi dernier, de l’annonce de la présence de 100 députés qui assisteront à la séance de vote de confiance du staff gouvernemental de Debeibah, qu’abritera la ville du centre de la Libye, Syrte. Le parlement libyen, qui compte 175 députés, alors que 100 ayant d’ores et déjà annoncé leur présence à Syrte, il est question, également de 84 députés ayant fait savoir qu’ils voteront en faveur du gouvernement d’Abdelhamid Debeibah. Il est à rappeler que le temps est compté pour Abdel Hamid Debeibah pour tenter d’obtenir, avant le 19 mars prochain, la confiance des représentants de la Chambre du peuple libyen. Dans un communiqué du Bureau de communication du Gouvernement, rendu public jeudi dernier, il est indiqué que « conformément à la feuille de route et aux accords politiques conclus par le Forum de dialogue politique libyen(FDPL) à Genève en Suisse, sous l’égide de l’ONU, M. Abdelhamid Debeibah a remis la liste des ministres du gouvernement d’union nationale à la Chambre des représentants du peuple  pour son approbation le 8 du mois en cours » est-il précisé. De son côté, Abdelhamid Debeibah a affirmé, en ce même jour , lors d’une conférence de presse, dans la capitale libyenne, Tripoli, « que les noms des ministres devant figurer dans le Gouvernement d’union nationale seront révélés lors de la séance du vote de confiance » soit, lundi prochain, selon le calendrier. Autre déclaration au sujet de la séance de vote est celle du parlementaire, Mohamed al-Raidh, qui a fait savoir que « les députés se rendront par voie terrestre à Syrte, en empruntant la route côtière qui sera ouverte à partir de samedi prochain (aujourd’hui, Ndlr ». De son côté, dimanche dernier, le Comité militaire mixte libyen (5+5)  a affirmé que la ville de Syrte « est prête pour accueillir la séance de la Chambre des représentants consacrée au vote de confiance au nouveau gouvernement», assurant que les conditions de sécurité sont réunies, en indiquant aussi que «tous les membres du Comité ont assuré que le lieu de l’organisation de la session consacrée au vote de confiance au gouvernement, dans la ville de Syrte, était prêt et sécurisé », a précisé le Comité militaire  5+5, dans son communiqué rendu public. Par ailleurs, concernant les profils et le nombres des membres du gouvernent libyen, qui seront divulgués lundi prochain, au peuple libyen, Abdelhamid Debeibah a assuré que ces derniers « ont été sélectionnés sur la base de trois critères », citant, la compétence, la diversité et une large participation.
Les interférences et interventions étrangères continuent de miner et animer la scène libyenne, politiquement sur fond du recul du rôle et de l’usage des armes et de la force militaire.
Le Gouvernement libyen, en charge de la gestion de la phase de transition, jusqu’à la tenue des élections générales, en Libye, le 24 décembre prochain, selon la feuille de route et les accords du dialogue politique inter-libyen, est en charge de traduire les objectifs durant cette période, en priorités assurer la souveraineté nationale à travers l’ensemble du territoire libyen, réunifier les institutions de l’État et évacuer les mercenaires et forces étrangères présents en Libye. Ce qui ne sera pas une mince affaire, au regard du rôle joué par des acteurs et des pays étrangers sur le théâtre libyen, depuis 2011, avec l’intervention militaire de l’Otan dans ce pays et la forte présence militaire et implication de pays étrangers sur la scène libyenne, principalement les membres et les alliés de l’Otan, pour ne citer que la Turquie, les Émirats rabes unis, Qatar, la France. Interventions étrangères ayant conduit à l’effondrement des institutions de la République libyenne ayant plongé le peuple libyen et son pays, la Libye, depuis près de 10 ans, dans le chaos et l’insécurité, conditions ayant précipité l’émergence de groupes terroristes et ses réseaux de ramifications, dont le trafic de drogue, d’armes et d’immigration clandestine. Et pour revenir à la séance de lundi prochain, des députés libyens, outre les députés hésitants encore à être au rendez-vous de Syrte et certains qui voteront probablement contre le nouveau staff gouvernemental pour des raisons diverses, sur fond de ce qui a animé et miné la scène libyenne, depuis 2011. D’autres parlementaires ont appelé à l’ajournement de la séance de lundi, ce qui ne sera pas sans impact sur le temps déjà réduit, pour assurer les conditions et mener à bien les préparatifs pour la tenue des élections générales en Libye, en décembre prochain. Des données compliquant davantage une situation déjà complexe en Libye, à tout point de vue et que le dernier rapport d’experts de l’ONU sur le cours des travaux du FDPL ne sera pas sans impacts sur la suite des évènements. La publication, par le comité d’experts de l’ONU, de la commission des sanctions du Conseil de sécurité,   d’un rapport , dans lequel, il est question de «corruption par deux membres lors du Forum de Genève », a eu un effet négatif, sur le processus en cours en Libye, lequel, faut-il le rappeler, a été le fruit d’une série de rencontres entre les acteurs libyens, sous la supervision de l’ONU, en la personne, de la responsable onusienne, l’américaine, Stéphanie Williams, qui a annoncé qu’elle va se lancer dans l’écriture d’un livre sur sa mission et son expérience en Libye. Il est à rappeler que Stéphanie Williams avait affirmé, décembre dernier, que « quelque 20 000 forces étrangères et/ou mercenaires sont toujours en Libye » en dépit de l’accord de cessez-le-feu signé en octobre dernier, pointant une « violation choquante de la souveraineté libyenne », indiquant, à l’adresse des participants au Forum politique libyen, qu’ «il y a aujourd’hui 10 bases militaires dans votre pays (…), totalement ou partiellement occupées par des forces étrangères », a dit l’Américaine Stephanie Williams, l’ex-représentante spéciale de l’ONU par intérim. Concernant la réaction de la Mission onusienne en Libye, sur le-dit rapport d’experts onusiens, la Manul a indiqué qu’ « en ce qui concerne les informations diffusées par les médias sur les allégations de corruption lors du Forum de dialogue politique libyen, citant le rapport du Comité d’experts des Nations unies, la Mission d’appui des Nations unies en Libye confirme que le Groupe d’experts (PoE ) est une entité indépendante et complètement distincte de la mission des Nations unies en Libye et soumet ses rapports au Comité des sanctions du Conseil de sécurité».
Karima Bennour