Le Premier ministre l’a affirmé depuis Annaba : «la Constitution amendée pose les jalons d’un renouveau institutionnel et démocratique de l’Algérie»

D’inspection et de travail par excellence, par conséquent, à caractère essentiellement économique et social, la visite qu’il a effectuée hier dans la wilaya d’Annaba n’a pas empêché le Premier ministre de faire une incursion dans le domaine politique. Et ce, pour revenir sur la Constitution amendée, adoptée le 7 février dernier.

Et il a souligné les apports positifs : Elle pose, a-t-il, en effet, déclaré, « d’une manière définitive les jalons d’un renouveau institutionnel » de l’Algérie, « consacre, tout aussi définitivement et d’une manière irréversible le caractère républicain de l’Etat algérien, la séparation des pouvoirs et les principes démocratiques, et consolide l’unité et l’identité nationales ». Toutes « des avancées» qui, a-t-il expliqué, « font partie de la deuxième génération des réformes » ; lesquelles, a-t-il poursuivi, « vont permettre au pays de réaliser un des objectifs contenus dans la Déclaration du 1er Novembre » ; à savoir, « l’instauration de la République démocratique et sociale ». Cette « incursion » dans le domaine politique a servi à Abdelmalek Sellal de tremplin pour rappeler aux Algériens « les difficultés de la conjoncture actuelle qui, a-t-il déclaré, n’autorise aucune erreur ni aucune faute ». Et, partant, les exhorter « à mettre au-dessus de tout, les intérêts suprêmes du pays ». Des intérêts suprêmes qu’il lie subtilement, mais non moins clairement, à la nécessité qu’ont les Algériens de réhabiliter la notion de travail : « Nous n’avons d’autre choix, a-t-il déclaré, que de travailler durement, efficacement et rapidement pour garantir le décollage économique de notre pays ». Comme pour souligner l’importance de ce choix, Abdelmalek Sellal n’a pas manqué d’ajouter que « l’heure (était) à la création de richesses et d’emplois ». C’est, à l’évidence, dans cette optique générale « de décollage économique du pays », que s’inscrit sa visite précitée dans la wilaya d’Annaba. Comme le laisse penser le programme de celle-ci. Le Premier ministre a, en effet, inspecté, inauguré et lancé « plusieurs réalisations socioé-conomiques » relevant des secteurs « des Transports, de l’Habitat, de l’Industrie, du Tourisme, de l’Agriculture et de la Santé ». Du fait de la valeur symbolique de fleuron de l’industrie nationale que possède le complexe sidérurgique d’El Hadjar, c’est la visite que le Premier ministre y a effectué et qui a retenu le plus l’attention. Surtout que celle-ci avait pour but le suivi « de l’état d’avancement du projet de sa réhabilitation » décidé après « sa réappropriation, l’année dernière, par l’Etat ». Une réhabilitation qui portera « sur la modernisation de ses installations », pour laquelle les pouvoirs publics ont dégagé une enveloppe « d’un million de dollars » ; dont, selon les explications qui ont été données sur place au Premier ministre, « 355 millions de dollars seront consacrés au financement d’opérations liées à l’exploitation et à l’assainissement de la situation du complexe, 720 millions (de dollars) à la réhabilitation de la chaîne de production » ; une réhabilitation qui se fera, entre autres, « par l’acquisition de nouveaux équipements modernes ». Des opérations qui visent à atteindre, dès l’année prochaine, une production de 1,2 million de tonnes d’acier. Qui restera, néanmoins, loin des capacités installées – de 2 millions de tonnes par an – du complexe. Des capacités que sa direction se propose d’atteindre progressivement. Ce qui permettra à terme de recruter davantage d’employés dont le nombre actuellement est de 4 500 travailleurs ; après avoir été, dans les années 80, de quelque 18 000 travailleurs. L’importance de la réhabilitation d’El Hadjar réside également dans les effets qu’elle aura sur le secteur minier situé en amont. Il est, en effet, attendu de cette réhabilitation qu’elle booste la production dans les mines de l’Ouenza et de Boukhadra d’où provient le minerai utilisé dans le complexe d’El Hadjar. Durant sa visite dans la wilaya, Abdelmalek Sellal a également procédé à l’inauguration de deux réalisations relevant du secteur des Transports : la nouvelle aérogare de l’aéroport international Rabah Bitat et la nouvelle gare routière d’El Bouni ; deux infrastructures qui ne manqueront de faciliter le déplacement de et vers l’antique Hippone. Et, partant, de lui assurer une attractivité plus grande sur le plan économique. Notamment sur celui touristique ; un domaine où la wilaya d’Annaba et son chef-lieu possèdent des atouts indéniables. A l’instar, d’ailleurs, de celui agricole. C’est, à l’évidence, pour inciter à une exploitation plus grande de cet atout (agricole) que s’est inscrite la visite du Premier ministre à une exploitation privée. Où son propriétaire est, selon toutes les données, est en train de réaliser de véritables prouesses. Qui ont incité son hôte officiel à l’encourager à s’engager dans le créneau de l’exportation ; un créneau qui entre, a déclaré Abdelmalek Sellal, « dans l’objectif incontournable des pouvoirs publics d’aller rapidement vers une économie diversifiée, indépendante des hydrocarbures ». Le secteur de l’Habitat n’a pas été oublié durant le déplacement du Premier ministre à Annaba : Une cité, réalisée dans le cadre du programme AADL et comprenant 508 logements a été, en effet, inaugurée dans la commune de Berrahal.
Mourad Bendris