Walis

LE  MESSAGE EN CLAIR DU PRÉSIDENT AUX WALIS : Être performant ou prendre la porte

Le wali de Khenchela, Bouzidi Ali a été démis de ses fonctions, jeudi, sur ordre du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a indiqué un communiqué du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire.

Il y a lieu de rappeler dans ce cadre que ce dernier n’est pas le premier wali à faire l’objet d’une décision de limogeage prononcée sur ordre du premier magistrat du pays. Au mois de juin de l’année 2021, le wali de Béchar, avait été frappé de la même mesure pour manquements graves à ses obligations. Les observateurs s’accordent à dire que la décision s’inscrit en droite ligne des obligations de performance qu’exige la fonction de wali qui est le représentant du président de la République  dans cette collectivité locale. Il est soumis à une obligation de résultat notamment en matière d’écoute des doléances des citoyens et en matière de développement. Le wali de par son statut est le vecteur de la dynamique des engagements du président de la République qui aspire non seulement à rétablir les liens de confiance du citoyen avec l’administration mais aussi à faire du développement local une priorité. La mesure traduit donc la volonté du Président d’assurer une présence efficiente de l’Etat, à travers ses démembrements, pour être proche du citoyen et surtout donner une nouvelle impulsion à la dynamique de développement locale, longtemps plombée par une centralisation, véritable boulet et une bureaucratie qui a conduit au blocage des initiatives et de l’investissement. La fonction de wali est donc loin très loin des simples formules protocolaires. Elle exige une présence permanente pour être proche des citoyens et de leurs attentes et pour accompagner les programmes de développement mis en branle par l’Etat. L’accompagnement des projets, les objectifs à atteindre en matière de développement socio-économique et la satisfaction des attentes citoyennes, quotidiennes, en matière de conditions sociales et environnementales sont autant de missions dévolues aux walis. Les rencontres –président de la République-walis, sont autant de conditions pour apporter de nouvelles orientations, effectuer des réglages, dresser des bilans et ouvrir de nouvelles perspectives pour rester dans l’essence des engagements d’Abdelmadjid Tebboune. Le limogeage du wali de Khenchella traduit également la détermination du président de la République qui attend de ses représentants, au niveau local, un engagement sans faille pour tenir ses engagements. L’image de la centrale coupée des réalités des collectivités locales, longtemps véhiculée par le discours populaire, devrait s’estomper à la faveur de la détermination de Tebboune d’impulser une nouvelle dynamique au développement local et une nouvelle perception de la relation citoyen-Etat basée sur la confiance. Il rappelle également la volonté du Chef de l’Etat de confier le programme de développement du pays à des responsables dignes de sa confiance et surtout convaincus. Il y a quelques mois, Abdelmadjid Tebboune avait limogé (mars 2022), le ministre des transports pour manquements graves à ses obligations. Lors de sa récente rencontre avec les représentants des médias, le président de la République avait évoqué un remaniement ministériel qui permettrait de combler certaines défaillances et donner plus d’efficacité à l’action du gouvernement.  Le temps des atermoiements et de l’immobilisme semble révolu puisque Tebboune a décidé de se doter de « compagnons de route », en mesure de lui permettre de jeter les fondations de « l’Algérie nouvelle ». Le message du président de la République à travers le limogeage du wali de Khenchella est très clair, « la wilaya n’est plus un comptoir où se négocient les assiettes foncières et l’octroi de projets, mais un élément moteur du développement local et national ». La balle est dans le camp des walis, à eux de se faire les bâtisseurs de l’Algérie de demain.
Slimane B.