Le marché de gros de Semmar bientôt éradiqué

Bien que des milliards de dinars circulent quotidiennement dans ce marché de gros de produits agros-alimentaires, nul n’ignore comment l’activité commerciale y est exercée. L’empire de Semmar qui compte pas moins de 800 commerçants viendra-t-il à disparaître totalement et laissera-t-il place à un marché de gros régulé où les normes et les règles sont réellement respectées?
Cette question a été en tout cas l’objet d’une rencontre, hier, entre le ministre du commerce, Bekhti Belaïb, et des grossistes du marché de Semmar au siège de l’union générale des commerçants et artisans Algériens (UGCAA) à Alger. Selon les deux parties, ce marché, si l’on vient à se mettre d’accord, sera dans un délai de pas moins de 6 mois reconduit vers un espace qui honore et qui répond à la nature de l’activité commerciale. En effet, le ministre du commerce a fait savoir que le développement du commerce extérieur ne pourra jamais se faire sans l’organisation, d’abord, des marchés de gros. Cela se fera, selon lui, avec l’adhésion, notamment, des grossistes à la démarche et qui ont déjà donné leur accord tout en soumettant une série de propositions et de revendications. Le premier responsable du secteur du commerce a fait savoir, dans ce contexte, qu’une visite sera effectuée avec le wali d’Alger au courant de la semaine prochaine dans ce marché, afin d’y rencontrer les commerçants et de tenter de trouver une assiette qui puisse contenir le nouveau marché de gros des produits agros-alimentaires. Belaïb qui a tenté de répondre aux préoccupations de l’assistance, a assuré qu’aucune décision ne sera prise sans son consentement. Affirmant que son département est préoccupé par la régularisation des activités de gros, le responsable a reconnu le déficit existant dans les marchés où s’effectuent ces transactions.
À ce titre, il a souligné que la capitale n’est pas la seule à être concernée par la construction de grands marchés à standard internationale, mais plusieurs autres wilayas se verront se doter d’espaces commerciaux «modernisés à grande échelle». « Nous nous engageons à améliorer les conditions d’exercice du commerce en général et du gros en particulier », a-t-il dit dans ce sens. En ce qui concerne le marché qui devra remplacer celui de Semmar, il comprendra, selon le ministre, prés de 1000 locaux soit une offre plus élevée que la demande. « Nous allons y mettre le paquet pour que ce marché soit l’un des espaces les plus grands et les plus sophistiqués », déclare-t-il. Ce genre d’infrastructures, permettra pour Belaïb de rendre l’activité commerciale plus attractive et plus claire. De son coté, Omar Lazri, coordinateur des grossistes, a souligné dans ce cadre d’idée, que le déplacement du marché de gros de Semmar est une revendication qui a été soumise à la tutelle depuis 2005 déjà. Ce n’est qu’aujourd’hui seulement que les autorités ont décidé de répondre à cet appel. Lazri a affirmé également que les commerçants qui participeront au financement du projet ont proposé à ce qu’il soit géré par une entreprise étatique. Parmi les problèmes qui se posent au niveau de ce marché, l’intervenant cite, essentiellement, l’emplacement anarchique de celui-ci en plein milieu des habitations. Il ajoute à cela la cherté de la location qui peut atteindre les 100 000 DA. «Nous avons proposé à ce que l’assiette qui contiendra le nouveau marché de gros, puisse dépasser les 40 hectares et soit accessible pour les commerçants qui viennent des 48 wilayas du pays», conclu-t-il.
Ania Nait Chalal